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    YouTube libère la création et bouscule la télévision

    media Capture d'écran de la chaîne YouTube Nota Bene et son auteur Benjamin. © Youtube

    La vidéo en ligne est consommée par les internautes à tout moment et sur tous supports. Elle propulse les plate-formes comme YouTube au rang des incontournables chez les 15-34 ans, soucieux de voir du réel sur le virtuel. Les contenus vidéos offrent un terrain de jeu et de création pour les vidéastes du web, appelés « youtubeurs », désormais superstars pour certains. Faire des vidéos sur YouTube est devenu un véritable business qui fait de l’ombre à la télévision traditionnelle.

    « Je ne m’attendais pas à avoir du succès avec une émission sur l’Histoire . Dans le domaine de l’éducation, ça explose depuis deux ans », explique Benjamin, alias à la tête de la chaîne Youtube Nota Bene de l’Histoire avec un grand H” suivie par 350 000 abonnés et qui totalise plus de 17 millions de vues. Ce grand barbu passionné transmet sa passion « sans être chiant et sans gaver son audience de dates » à travers des épisodes vidéos qui proposent de faire découvrir notre Histoire.

    « Le musée du Louvre m’a contacté en février 2016 pour que je fasse une vidéo sur son histoire », explique le vidéaste amical et érudit qui accepte des projets d’intervention de médiation culturelle pour multiplier ses sources de revenus.

    Les grandes marques payent cher pour être sur YouTube

    Connaissez-vous PewDiePie ? Ce jeune Suédois de 26 ans réalise des vidéos sur YouTube. Sa chaîne compte 45 millions d’abonnés et il gagnerait plus de 7 millions de dollars par an. Comme lui, ils sont de plus en plus à participer à la naissance d’un autre modèle économique.

    Pour financer leurs envies, la plupart des vidéastes internet sont affiliés à de grosses régies publicitaires, qui les rémunèrent en diffusant de la pub entre leurs vidéos. La plate-forme YouTube passe aussi de la pub en pre-roll qui passe avant la vidéo, ce qui rajoute à la monétisation des contenus des vidéastes. Gagner sa vie en faisant de la vidéo sur YouTube c’est aussi avoir des partenariats avec des grandes marques qui peuvent payer jusqu’à des dizaines de milliers d’euros pour un placement de produit. De plus en plus de vidéastes internet sont approchés par ces marques qui investissent donc ailleurs qu’à la télévision. Faire des vidéos sur YouTube est donc devenu un business.

    Liberté de créer, liberté de choisir

    Avant de se lancer dans sa chaîne YouTube, Benjamin ne trouvait plus son compte à la télé. « Les jeunes ne regardent plus vraiment la télévision, mais des vidéos en ligne qui sont plus courtes et plus axées sur le talent [de chaque intervenant] », explique Fabienne Fourquet, ancien cadre de la chaîne câblée américaine A&E et de Canal+ qui dirige aujourd'hui l'agence 2btube. Plus les vidéos sont vues et font augmenter le nombre d’abonnés à la chaîne, plus c’est viral et rentable. Les jeunes ne sont plus dans le giron de la télévision, car sur YouTube ils peuvent gagner leur vie, ou trouver ce qu’ils cherchent.

    L’image est désacralisée, le smartphone est omniprésent, et Internet est un lieu ouvert, où tout le monde est libre de créer ce qu’il veut. La liberté de diffuser, de regarder et de choisir. Les habitudes se perdent, car « choisir ce que je regarde, c’est hyper important », insiste Benjamin de la chaîne Nota Bene.

    Sur YouTube, c’est ce que les gens font qui intéresse. L’exposition de soi et de ce que l’on est capable de faire est le facteur discriminant sur Internet. Les influenceurs du Web peuvent être n’importe qui. Vulgariser l'Histoire, dédramatiser la sexualité, déconstruire les injonctions à la maigreur, expliquer la biologie, démontrer que ce n'est pas grave de se faire plaquer, casser le mythe d’une peau sans bouton ou d’un corps sans gras... telle est la fonction de ces vidéastes sur le Web.

    Un coup dans l'aile de la télé

    L’aspect « vidéo amateur » et le traitement « léger » des sujets n’empêchent pas une écriture sérieuse. Le langage adopté de la parole authentique et décomplexée est travaillé pour créer la proximité avec les internautes. « J’ai commencé à la suivre, parce que je pouvais m’identifier à ce qu’elle disait », raconte Morgane, devenue abonnée à la chaîne « La castor » qui publie des « vidéos hilarantes sur le monde qui t’entoure ». Pourvu que les points deviennent communs, la communauté se crée. Pour gagner toujours plus, les vidéastes prennent du temps à écrire leurs histoires, cherchent l’inspiration, fouillent le Net pour suivre des tendances. Être « youtubeur », c’est être débrouillard et passionné.

    25 000 vidéos sont visionnées sur YouTube chaque seconde

    Ces vidéastes un peu geeks et qui disent « parler-vrai », connaissent les besoins de leur audience sur le bout des ongles, car ils en font aussi partie. Il n’existe d’ailleurs pas de statut juridique officiel de vidéaste internet en France. Aux yeux de la loi, ils sont : réalisateur de pub internet, blogueur professionnel ou inexistant. Selon Benjamin, la législation mériterait d’évoluer pour « protéger les intérêts des vidéastes et faire en sorte que la profession soit plus saine ».

    L’émergence de ces nouveaux talents au statut hybride met en lumière le coup dans l’aile qu’encaisse la télévision au vue des chiffres publiés sur le site Internet Live Stats: environ 125 000 vidéos sont visionnées sur YouTube chaque seconde, soit plusieurs milliers de milliards de vues par an.

    La montée en puissance des chaînes YouTube s’explique aussi par une contradiction : la recherche de réel dans le virtuel. Ce n’est donc pas ou plus en allumant sa télévision qu’un jeune va mener cette quête. Au grand dam des chaînes télévisées qui tentent pourtant le tout pour le tout pour rajeunir et fidéliser ses audiences. Chez les 15-34 ans s’opère alors le refus d'être passif, et la volonté d’être actif dans le choix de ce que notre cerveau va ingurgiter. Peut-être que Michel Onfray y verrait (enfin) la fin de la « vente de temps de cerveau disponible » opérer par la télévision pour la publicité depuis des années ? Si YouTube est la destination privilégiée des 15-34 ans, c’est donc pour cela : la liberté d’avoir le choix. Jusqu’à ce qu’ils se laissent flouer ?

     

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