GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 12 Décembre
Jeudi 13 Décembre
Vendredi 14 Décembre
Samedi 15 Décembre
Aujourd'hui
Lundi 17 Décembre
Mardi 18 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • COP24: la communauté internationale adopte les règles d'application de l'accord de Paris sur le climat
    • Attentat de Strasbourg: la garde à vue des quatre membres de la famille de Chérif Chekatt levée (parquet de Paris)
    Technologies

    Handicap: surfer sur internet sans les yeux, sans les mains, sans les oreilles

    media Philippe Huguen / AFP

    Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, plus d’un milliard de personnes vivent avec un handicap. Plus de la moitié d’entre elles sont concernées par l’accessibilité numérique, dont près de 100 millions en Europe et 12 millions en France. Aide vocale, téléphone mobile, vidéos sous-titrées, objets connectés, certaines évolutions technologiques apportent une aide précieuse aux handicapés. Mais sur le web, trop de sites sont encore développés sans tenir compte des normes d’accessibilité numérique.

    Seuls 10 % des sites Internet français affichent leur niveau d’accessibilité. Un chiffre qui en dit long sur la place accordée aux aménagements indispensables pour permettre aux handicapés d’accéder aux informations disponibles sur internet.

    #NoMouse, naviguer sans souris

    Surfer sur le web sans les yeux, les mains ou les oreilles, c’est l’expérience proposée par #NoMouse, une opération lancée le 19 mai dernier, au cours de la Journée mondiale de sensibilisation à l’accessibilité. Relever le défi d’une navigation sur internet sans l’aide de la souris, uniquement via les touches du clavier, permet de mieux comprendre le tour de force que réalisent ceux qui sont privés d’un ou plusieurs de leurs sens. Si le mode opératoire est complexe, une fois maîtrisé, le constat est implacable : il est très souvent impossible d’accéder aux contenus.

    Pour que les conditions d’accessibilité soient réunies, matériel informatique, code de développement des sites et contenus proposés doivent être adaptés au handicap de la personne.

    Une personne aveugle utilise une plage braille pour naviguer sur internet Pallava Bagla/Corbis via Getty Images

    Les personnes aveugles utilisent soit un logiciel d’assistance vocale qui lit tout ce qui est écrit à l’écran, soit un logiciel qui retranscrit en braille le contenu sur un objet connecté à l’ordinateur. Dans les deux cas, les images ne passent pas. Il faut donc qu’il y ait une description précise de ces éléments pour compenser l’impossibilité de les voir.

    Les malvoyants ont besoin d’adapter l’apparence du texte : taille, couleurs, contraste avec le fond... Lors de l’agrandissement, ou du zoom sur une partie de la page, des parties de textes disparaissent ou des contenus sont déstructurés ou ne peuvent être agrandis si le site web ne comporte pas les éléments techniques de code permettant l’utilisation des aides ou la modification de la présentation des textes.

    Un handicapé surfe sur internet en actionnant la souris de son ordinateur avec le menton.. Jack Guez / AFP

    Les personnes en situation de handicap moteur, qui ne peuvent pas utiliser la souris, naviguent uniquement par leur clavier via une assistance vocale, un clavier virtuel ou un dispositif de pointage adapté (trackball, joystick, headstick...).
     
    Les handicapés cognitifs ou les personnes atteintes de dyslexie ont besoin d’assistances auditives ou qui changent l’apparence du texte.

    Les sourds ou les malentendants ne peuvent accéder aux contenus audio et ont donc besoin de transcription textuelle, de sous-titres ou de traduction en langue des signes.

    → Voir un exemple de vidéo accessible sur le site Handicap Emploi Public

    Comment réduire la fracture numérique qui touche les handicapés ?

    Dès 1999, le World Wild Web Consortium a lancé l’Initiative pour l’accessibilité du web (WAI) et a publié 92 recommandations pour la conception de sites utilisables par tous sans distinction de sexe, d’âge, de situation ou de handicap. Mais ces recommandations étant peu appliquées, pour tenter de réduire la fracture numérique qui touche les handicapés, une grande majorité de pays dans le monde a adopté des dispositions en faveur de l’accessibilité.

    La Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées a été ratifiée par 103 pays, dont la France et l’Union européenne. Elle stipule, entre autres, que tous les services doivent être accessibles aux personnes handicapées (article 9).

    Les Etats-Unis ont adopté, en 1998, un amendement : « section 508 » qui porte sur l’accessibilité des sites fédéraux et des ressources électroniques du gouvernement. Malgré ces mesures, l’accès à internet reste un challenge pour les personnes handicapées américaines, selon le site Pew Internet & American Life Project. Le rapport souligne que seulement 54 % des handicapés utilisent internet, ce qui représente 30 % de moins que les personnes valides.

    En 2012, l’Union européenne proposait des règles pour rendre les sites web du secteur public accessibles à tous. Mais les mesures prises dans les pays européens pour favoriser l’accessibilité numérique restent encore ponctuelles et manquent de cohérence globale. Certains pays européens ont pourtant légiféré depuis de nombreuses années : l’Irlande (Disability Act, 1999) ; la Grande-Bretagne (Disability Discrimination Act, 1995) ; l’Allemagne et l’Espagne (2002) ; la Grèce (2003)...

    En France, la loi du 11 février 2005, « Pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » impose l’accessibilité des services de communication publique en ligne. Mais cette loi ne concerne pas tous les sites web et n’est assortie d’aucune sanction dissuasive. Le 7 octobre dernier, une nouvelle loi « pour une République numérique» élargissant la garantie de l’accès au numérique pour tous a été promulgué, mais toujours sans aucune mesure répressive.

    Lors d’une manifestation sur l’accessibilité numérique, Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion, précisait : « L’accessibilité numérique, ce n’est pas un supplément d’âme à avoir, c’est permettre l’accès à un droit citoyen ». Or l’impact de l’accessibilité numérique est omniprésent tant au cours de la scolarité que dans la vie professionnelle. Un point important au regard du taux de chômage des personnes handicapées qui atteind 20 %. Il est en moyenne deux fois plus élevé que le chômage des personnes qui n’ont pas de handicap.

    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.