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    Technologies

    Irak: l’archéologie moderne au secours du patrimoine en ruine à Mossoul

    media Fouilles sur le site de Tello. © The Trustees of the British Museum

    Alors que les forces irakiennes ont repris la partie est de Mossoul, le British Museum forme des archéologues irakiens à la restauration 2.0. Leur objectif : sauver ce qui peut l’être dans la deuxième ville d’Irak dès qu’elle sera reprise des mains du groupe Etat islamique. Mais quelles technologies l’archéologie moderne utilise-t-elle pour ce travail titanesque ?

    « Quand la ville de Mossoul sera libérée des mains du groupe Etat islamique, il y aura un vaste plan de reconstruction de son musée », assure Sébastien Rey, archéologue au British Museum de Londres. Alors que le groupe terroriste perd du terrain dans la lutte pour la deuxième ville d’Irak, l’établissement britannique forme des archéologues irakiens aux technologies de restauration de pointe. « Un des participants à notre programme sera le premier archéologue à pénétrer dans le musée et à y évaluer les dégâts », poursuit l’archéologue.

    Lancé en janvier 2016, cette formation vise à enseigner les principes de la restauration 2.0 à raison de trois mois d’apprentissage théorique à Londres et de deux mois de terrain sur deux sites irakiens situés « dans des zones assez sécurisées pour travailler », indique John Simpson, directeur adjoint du programme. Chaque session concerne une demi-douzaine d’experts et le British Museum compte en former cinquante en cinq ans. « Nous voulions faire quelque chose de constructif face à certaines des plus effroyables destructions auxquelles on ait assisté », explique le directeur du programme Jonathan Tubb.

    « En archéologie, on n’a jamais trop de données »

    « L’archéologie, c’est de la destruction : si vous n’enregistrez pas les données du site pendant que vous creusez, il est certain que vous allez en perdre une partie », prévient John Simpson, avant d’ajouter : « Dans ce domaine, on n’a jamais trop de données. »

    Ainsi, les archéologues suivant le programme sont introduits aux nouvelles techniques pour « analyser ce qui repose sous le sol sans avoir à faire de fouilles », développe John Simpson. A Londres, on leur présente les bases de l’archéologie environnementale, qui consiste à mener une exploration géophysique d’un site à distance, à l’aide d’outils comme le magnétomètre (qui étudie le champ magnétique) ou le radar à pénétration du sol (GPR). Ils sont également formés à l’utilisation de tachéomètres ultra modernes, outils archéologiques par excellence servant à établir la cartographie d’une zone de fouilles, et à l'imagerie satellite.

    « Le site de Nimroud est beaucoup plus détruit que nous le craignions »

    Parmi les tous premiers à suivre le programme, un archéologue irakien a été contacté pendant la session pratique en Irak et dirige, depuis novembre dernier, un groupe de travail pour estimer les dégâts du site archéologique de Nimroud, joyau de l'empire assyrien fondé au XIIIe siècle et détruit à la pioche, au bulldozer et à l'explosif par le groupe Etat islamique. « Nous sommes en train de lui acheter plus d’équipements afin qu’il puisse accélérer ses recherches vers une évaluation beaucoup plus détaillée, poursuit John Simpson. Mais malheureusement, le site est beaucoup plus détruit que nous le craignions. »

    Aujourd’hui, les archéologues modernes sont de mieux en mieux équipés pour évaluer des sites complètement dévastés. En grande partie grâce aux technologies numériques. « En archéologie, une partie du travail s’appuie sur le papier, commence John Simpson. On a besoin de prendre des notes dans un carnet, de tracer des dessins techniques pour reproduire une section d’un bâtiment. Mais ensuite, tout est numérisé tout de suite, développe-t-il. Nous créons une copie numérique de ces dessins et tout le système d’exploration du site est géré par des machines associées entre elles : nous attribuons des données GPS aux photographies afin que leurs métadonnées soient stockées dans nos ordinateurs, nous avons des logiciels qui gèrent nos tachéomètres, et nous pouvons demander à nos machines d'imprimer n'importe quel élément en 2D, en 3D ou même en maquette fonctionnelle (wireframe) pour la réalité virtuelle. »

    « Sites éternels » : 270 000 images, 3 heures de film et plus de 3 700 gigaoctets à stocker

    Etant donné l'état de désolation dans lequel sont certains sites anciens au Proche-Orient, ces techniques de « fouilles virtuelles » sont très utiles. Certains décident de ne restaurer ces sites que virtuellement. C'était le choix de la start-up française Iconem, qui se donne pour ambition de « préserver la mémoire du patrimoine menacé grâce aux dernières innovations technologiques », selon son site internet.

    Lancée en 2013 par l'architecte Yves Ubelmann, cette petite entreprise utilise des perches multi-appareils photos et des drones (de type Phantom et eBee) pour capturer des milliers d'images de sites syriens détruits. Ensuite, grâce à des logiciels de traitement de l'image (Reality Capture, CloudCompare, etc.) et à la photogrammétrie (création du modèle 3D d'un édifice à partir d'un nuage de points collectés numériquement), elle permet au public de profiter de ces somptueux sites en réalité virtuelle.

    Après leur projet Syrian Heritage, destiné à la publication en ligne, Iconem a investi le Grand Palais de Paris du 13 décembre 2016 au 17 janvier 2017 avec son exposition Sites éternels, dans laquelle on pouvait admirer quatre sites syriens et irakiens aujourd'hui en ruine, parmi lesquels les magnifiques monuments datant de l'époque gréco-romaine de la cité de Palmyre.

    « Pour l'exposition Sites éternels, se remémore Gaël Labousse, directeur artistique d'Iconem, nous avons calculé que nous avions 270 000 images au total à 25 images par seconde, soit trois heures de film - tout n'a pas été utilisé - et plus de 3 700 gigaoctets à stocker. Cela nous a posé un problème en cours de production, d'ailleurs : nous nous sommes aperçus que tout était sur un même disque et nous avons dû créer une sauvegarde de ces données. » En archéologie, les données, physiques comme numériques, restent la clé d'un bon travail de restauration.

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