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    Fubiz, l’art de virtuellement faire son nid

    media Fubiz: un site qui met en avant les contenus à forte valeur artistique. ® Fubiz

    Le site Fubiz a démarré comme un blog. Au fil des années, grâce à son utilisation pertinente des réseaux sociaux et une décisive orientation éditoriale tout en images, il s’est métamorphosé en un média à part entière, voire en une agence de communication, autour de l’art et des contenus à forte valeur artistique. A une époque où les médias cherchent toujours leur chemin sur la Toile, l’exemple Fubiz peut en éclairer plus d’un.

    Dans le désordre de médias contraints de bouleverser leurs modèles économiques face à un Internet gourmand comme un ogre, il est bon de croiser la route d’un média qui perdure et ne cesse de croître. L’histoire de Fubiz s’avère même assez exemplaire, à son échelle et dans son domaine, pour refléter les nouvelles façons de consommer des contenus de la part des internautes. Rencontrer Romain Colin dans ses locaux, casquette américaine vissée sur la tête, le regard souvent dans les étoiles, avec beaucoup d’anglicismes en bouche, permet de mieux comprendre ce qu’il s’est passé, ce qu’il se passe et ce qu’il pourrait advenir pour les médias en devenir. Il est revenu sur ce qui aurait pu n’être qu’un passe-temps il y a une dizaine d’années : « J’étais étudiant et j’ai voulu créer une plateforme qui synthétiserait une sélection pertinente autour de mes goûts. Les choses les plus inspirantes, belles, visuelles ou créatives avaient, selon moi, un besoin d’être repackagées, ressourcées avec le qui-quoi-quand-comment ? sur plein de sujets ! » Ce qui a démarré comme un original blog de curation (sélection) autour de ses passions est devenu « une plateforme plus professionnelle » sourit-il. « Dans mon manifeste, je ne mets pas de barrière dans ma sélection, on peut parler un jour d’un Philippe Starck et le lendemain d’un étudiant qui a fait des photos pendant ses vacances en Asie. »

    Encore une fois, les réseaux sociaux ont fait le travail

    Un exemple marque Romain Colin, il l’utilise pour illustrer son propos et l’évolution de son média à mi-chemin entre l’artistique et le médiatique. Pete Souza était un des photographes de Barack Obama, « mais on s’est rendu compte que l'intérêt de son travail allait bien au-delà de l’imagerie autour d’Obama. Il a réussi à agréger des millions de fans passionnés par son regard et ce qu’il disait autour d’Obama en diffusant une photo par jour voire une par semaine. » Encore une fois, ce sont les réseaux sociaux qui ont fait le travail. Depuis le photographe a sorti un livre déjà best-seller et fait le tour des Etats-Unis pour parler de son travail.

    Un compte Instagram à près de deux millions d'abonnés pour le photographe Pete Souza. ® Fubiz

    Alors, que s’est-il passé pour que Fubiz réussisse ? « être là au bon endroit, au bon moment » explique Romain Colin. Mais il a surtout fait preuve d’un sérieux flair, un à-propos qui le surprend encore. « Je ne pensais pas que cela allait m’amener là dix ans plus tard », dit-il en regardant ses élégants bureaux dans le quartier Bastille à Paris. Il conserve le même sourire en mentionnant ceux récemment inaugurés à New-York.

    Bon endroit, bon moment, mais aussi et surtout le bon virage éditorial vers du tout images et l’usage incessant des réseaux sociaux. Cette façon de diffuser l’information avec Facebook et Instagram comme levier de vitesse est devenue dorénavant incontournable. L’ensemble des médias ne jurent plus que par la vidéo, car aucun contenu journalistique ne semble pouvoir s’accrocher au mur d’un réseau social sans avoir accolé à lui un visuel ad-hoc. Il y a bien longtemps maintenant que Fubiz a décidé de surfer sur cette vague. La mécanique semble simple : l’internaute jette un coup d’oeil sur les contenus visuels pertinents sélectionnés, en un clic il le partage sur ses réseaux sociaux et le média profite d’une manne de visiteurs inattendus. Ci-dessous, la mise en avant du travail d'un instituteur photographe américain.

    Ici un instituteur américain passionné de belles photos dans la nature, avec plus de 400 000 abonnés sur Instagram : littlecoal. ® Fubiz

    « La réaction la plus importante selon moi est le partage »

    Mais l’histoire de Fubiz a perduré grâce une certaine exigence vis à vis de ces leviers : celle de ne pas céder aux sirènes du clic, de ne pas tergiverser. Certains pourraient qualifier Fubiz d’élitiste, mais Romain Colin s’en défend en expliquant : « J’étais passionné par des publisher comme Boingboing (un média américain précurseur et très indépendant qui se définit comme un « répertoire de choses merveilleuses ») ou Fluctuat (un site français précurseur aujourd’hui disparu). Je voulais proposer sur ma plateforme des contenus kraftés (solides). Il faut l’image pour contextualiser et très vite je l’ai mise au coeur de mon travail éditorial. » Et une façon de fonctionner définitivement à rebours de certains : « Je suis assez neutre sur les réseaux sociaux. Je ne demande pas de la réaction, ni de l’engagement, comme beaucoup de nouveaux médias maintenant. La réaction la plus importante selon moi est le partage et le re-partage. On atteint ainsi des milliards de vidéos vues, des millions de fans. Mais je ne force pas l’engagement. » Et d’ajouter : « Il n’y a pas de recettes, mais on connaît les ingrédients. »

    L’image : toujours le même et essentiel ingrédient ! « ça parle à tout le monde. C’est notre force et singularité. Les contenus créatifs sont visibles et compréhensibles partout dans le monde. Je ne veux pas être clivant, ne traiter que de sujets qui ne parlent qu’à un entre-soi, j’essaie que les choix de mes sujets soient compréhensibles par tous. » Du food-art au graphisme, de la photographie à la vidéo, le champ des propositions est vaste, ici une Japonaise qui fait du toast-art...

    Une Japonaise qui fait de l'art sur des toasts, avec plus de 22 000 abonnés sur son compte Instagram : estyle1010 ® Fubiz

    « On identifie les talents et on les met en scène pour les marques »

    Le modèle économique de Fubiz est aussi à l’image des dernières évolutions chez certains médias. « Avant c’était la publicité en ligne, car j’ai très vite développé des revenus que j’ai réintégrés dans mon modèle. Maintenant c’est du brand content (contenu de marque, assez proche de la publicité) mais pas uniquement : on fait aussi du talent scouting. » Explication : « on identifie les talents (photographes ou vidéastes) et on les met en scène pour les marques. L’artiste après avoir créé pour une marque, amplifie le contenu sur ses réseaux. C’est la nouvelle génération, on utilise aussi les réseaux sociaux de l’artiste. »

    C’est le côté intrigant de l’aventure économique Fubiz qui tient à la fois le role de la micro-galerie d’art pointue sur le web mais aussi de l’agence de publicité mainstream. Un grand-écart qui peut surprendre mais qui est déjà effectué chez certains médias américains : « Les tailles de communauté, c’est primordial là-bas. Quand un artiste est choisi, c’est souvent en fonction de sa taille de communauté et pas forcément pour son talent, c’est encore plus le cas là-bas ! Et dans tous les milieux : mannequin, DJ, acteur... Aux US, c’est un must do, ce ne l’est pas pas encore en France, mais ça va arriver, c’est une question de temps ! » Et le temps semble du côté des projets de Romain Colin.

    Romain Colin ne s'attendait pas à ce que les contenus autour de la danse soient aussi partagés sur sa plateforme... ® Fubiz

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