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    Technologies

    Projet de moteur de recherche filtré en Chine: des salariés de Google inquiets

    media Le sigle de Google, visible au salon China Digital Entertainment Expo and Conference (ChinaJoy) de Shanghai, le 3 août 2018. REUTERS/Aly Song

    Plus d’un millier d’employés de Google ont signé une lettre – interne au groupe – pour demander des éclaircissements sur le projet secret de l’entreprise de créer une version censurée de son moteur de recherche pour le marché chinois. Les salariés de la firme s’inquiètent des « problèmes moraux et éthiques » soulevés par ce programme, révélé début août par le site d’informations The Intercept.

    Dans une lettre que s’est procurée le New York Times, environ 1 400 employés de Google – sur 88 000 – réclament plus de transparence de la part de leur employeur concernant son plan secret de développer une variante de son moteur de recherche adaptée à la censure en Chine. Les signataires souhaitent plus de clarté de la part de l’entreprise afin de comprendre les « problèmes moraux et éthiques » que soulève le projet.

    « Actuellement nous n'avons pas assez d'informations pour prendre des décisions éclairées sur le plan éthique concernant notre travail, nos projets et notre emploi » indiquent les auteurs de la lettre, qui ajoutent « avoir besoin urgemment de plus de transparence, d’une voix au chapitre et d’un engagement en faveur de processus clairs et ouverts ».

    Craignant d’avoir sans le savoir œuvré en faveur de la censure, ils affirment que « les employés de Google ont besoin de savoir sur quoi ils travaillent » et exigent la mise en place d’une « évaluation de l’éthique » du projet Dragonfly, nom de code donné à ce moteur de recherche. L’outil serait capable de filtrer à priori les termes censurés par Pékin et aurait été présenté à des officiels Chinois, d’après des sources internes citées par des médias américains.

    Google veut reconquérir le marché chinois

    Absent de Chine depuis 2010, en raison notamment de la censure exercée par le pouvoir sur internet et des cyberattaques gouvernementales dont il a été victime, Google tente depuis plusieurs mois de s’y refaire une place.

    Fin 2017, l’entreprise californienne a annoncé l’implantation d’un laboratoire de recherches sur l’intelligence artificielle à Pékin. En juin, elle a massivement investi dans une plateforme chinoise de commerce en ligne. Enfin, en juillet, elle a lancé sur Wechat – un équivalent de WhatsApp doté de beaucoup plus d’options – « Caihua Xiaoge », une application où l’utilisateur doit faire deviner son dessin à une intelligence artificielle.

    Concurrencer les géants Chinois

    Alphabet, la maison mère de Google, espère empiéter ainsi sur les plates-bandes des BATX – acronyme de Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi –, l’équivalent chinois des GAFA dont le géant de l’informatique fait partie. « Si Google revient sur le marché, nous vaincrons encore une fois avec de vraies armes » a d’ailleurs réagi Robin Li, fondateur de Baidu, le moteur de recherches le plus utilisé dans l’empire du Milieu.

    Un discours guerrier qu’il faut tout de même nuancer : tant Baidu que Tencent, notamment, ont noué des partenariats avec Google ou Amazon ces dernières années, notamment dans le domaine du cloud.

    Le patron de Google, Sundar Pichai, a assuré, d'après des propos rapportés vendredi par l'agence Bloomberg, que la piste d'un retour du géant de l'internet en Chine était, pour l'heure, « exploratoire ».

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