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    Afrique

    À la Paris Games Week, les studios indépendants défient les plus grands

    media Sur le stand Africa Corner, le public assiste à une démonstration d'un jeu en réalité virtuelle, le 30 octobre 2019 à la Paris Games Week, porte de Versailles. RFI/Frédéric Charpentier

    Qu’ils viennent d’Afrique ou d’Europe, les studios indépendants mettent tout en œuvre pour conquérir les joueurs de jeux vidéo, avec en ligne de mire un marché prisé.

    À la Paris Games Week, dont la 10e édition se tient jusqu’au 3 novembre 2019, les studios indépendants de jeux vidéo, ou « Indés », assurent le spectacle. Pour ce salon devenu un rendez-vous capital du jeu vidéo en France, ils n’ont pas peur de montrer fièrement leurs créations aux côtés de grosses sociétés comme Sony, Microsoft ou Nintendo. Bien au contraire. « Pour nous, c’est un honneur d’être à leurs côtés. On a grandi avec leurs jeux, ils nous ont fait rêver. C’est vraiment une source d’inspiration ! », s’enthousiasment Khaled Lerji et Ali Mehrez, du studio tunisien Liva Interactive.

    Une partie du salon est dédiée à l’Afrique. L’Africa Corner, pour sa seconde installation à la Paris Games Week, occupe pas moins d’une centaine de mètres carrés, bien loin de la trentaine de l’an passé. On peut découvrir une vingtaine de jeux venus du continent, de l’état de concept à celui de démonstration. Leur objectif : toucher le public du continent qui compte plus de 700 millions de jeunes de moins de 35 ans et au-delà.

    Venus d’Afrique du Sud jusqu’à la Tunisie, en passant par Madagascar ou encore le Ghana, ils sont quatorze développeurs à exposer dignement et à montrer leurs talents lors du salon. Pour Sidick Bakayoko, fondateur de Paradise Game, qui gère l’Africa Corner, c’est une aubaine. « Paris Games Week est un carrefour du jeu vidéo en Europe et dans le monde entier. C’est vraiment un grand pas pour les studios africains d’avoir une place ici », dit-il, sourire aux lèvres.

    De la culture africaine à l’univers cyberpunk

    S’il y a une chose qui frappe au stand Africa Corner, c’est la diversité des jeux proposés par les exposants : jeu d’aventure, simulation en réalité virtuelle, jeu de plateau, jeu de rôle à dimension tactique, jeu sérieux à visée éducative. Pour le studio malgache Lomay, il est important de sensibiliser les joueurs au vol de zébus, un fléau que connaît la Grande Île. Le jeu Dahalo arrive en fin de développement et devrait donc sortir prochainement. Du côté de la Tunisie, on souhaite proposer une visite virtuelle du site de Carthage dans les temps anciens, avec une reconstitution en 3D à 360 °. Pour le créateur ghanéen Setriakor Nyomi, il est important de faire découvrir la culture africaine au public venu nombreux à la porte de Versailles.

    Setriakor Nyomi: «Les jeux ne sont qu’une manière comme une autre de raconter des histoires africaines» 31/10/2019 - par Frédéric Charpentier Écouter

    Mais le contraste s'opère radicalement quand l’univers cyberpunk est proposé aux visiteurs. Certains studios sont très friands de cette « science-fiction sociale futuriste ». Biberonnés aux mangas comme Akira de Katsuhiro Otomo et aux jeux vidéo japonais comme Final Fantasy  7, il est important pour eux de suivre les traces des œuvres qui les ont bercées dans leur jeunesse. « C’est un univers totalement opposé à notre vie quotidienne. Nous sommes des enfants de la génération 80-90. On a grandi avec ça, on a adopté cette culture il y a longtemps. Pour nous c’est familier », explique-t-on chez Livia Interactive. Une façon de s’évader avec sa console ou son mobile en quelque sorte.

    La passion, fer de lance des studios indépendants français

    Non loin de l’Africa Corner, le stand Made in France est aussi à l’honneur. Au milieu des nombreux visiteurs qui s'y pressent, sont présentés une vingtaine de jeux répartis sur un espace de 300 m2. Ce qui anime les créateurs français, c’est la passion avant tout. Ces jeunes équipes ont également grandi avec une manette entre leurs mains. À voir leurs yeux qui pétillent à l’idée de montrer et expliquer leur création aux curieux, ils ne peuvent feindre leur émotion. « C’est vraiment génial de pouvoir montrer ce qu’on a fait à la Paris Games Week. On a travaillé pendant 3 ans sur notre jeu, tout se concrétise... Ça nous dépasse même un peu », confie un créateur français.

    Le studio indépendant français Armogaste présente son jeu «Seek Stars» à la Paris Games Week. RFI/Frédéric Charpentier

    Alors comment se distinguer et sortir du lot parmi les jeux présentés ? Au-delà de la passion, il faut une force de frappe marketing suffisante, prévient Mérédith Alfroy de Magic Design Studios. « Même si c’est la partie la moins glamour de l’industrie, il faut y penser », souligne-t-elle. Mais l'heure n'est pas à la concurrence le temps du salon. « On discute entre nous, on regarde ce que son voisin fait, et on se rend compte qu’on est tous passionnés et qu’on est tous dans la même galère », dit Mérédith Alfroy en souriant.

    Un secteur (trop) prisé

    Il faut dire que les jeux indépendants représentent un marché en vogue. Steam, Apple Store, Google Play… Ils sont de plus en plus à distribuer ces jeux en téléchargement sur ordinateur ou mobile. Les consoles misent aussi sur le dématérialisé, que ce soit sur la PlayStation 4 de Sony ou encore la Nintendo Switch.

    Steam propose une quantité impressionnante de jeux indépendants. Studio graphique FMM

    Il est plus facile pour les studios de passer par ces canaux de distribution plutôt qu’en boutique physique. Les frais de droits d’accès sont bien moindres qu’un coût de fabrication d’un support physique (DVD, Blu-Ray, cartouche…), de transport et de distribution. Compter 100 dollars par jeu sur Steam, 25 dollars de frais d’inscription pour Google Play, ou encore 100 dollars par an pour Apple Store. Une goûte d’eau dans le coût de développement et de fabrication d’un jeu.

    Tout cela suffit-il à faire vivre son studio ? « Il faut sans cesse savoir se renouveler. Tout change très vite. Trop vite même. », souffle un développeur amer. Les sourires se crispent presque quelques instants quand on évoque le manque de visibilité sur le long terme. Phénomène de nouveauté ou précarité ? En France, à peine un quart des studios de développement ont 5 à 10 ans d’ancienneté selon le baromètre du SNJV, le Syndicat national du jeu vidéo. « Ça reste une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, c’est pour ça qu’il faut se bouger pour trouver des investisseurs et des fonds pour continuer à exister. Beaucoup ne cherchent pas à assurer leurs arrières en pensant que seul leur jeu va suffire », ne cache pas Mérédith Alfroy. Chez Armogaste, c’est un autre son de cloche. « Nous, le jeu vidéo, ça reste un travail à côté pour l’instant. On fait ça à mi-temps. On n’est pas encore tout à fait rentable, mais on fait des jeux vidéo et c’est ça qui est important pour nous. »

    Dernièrement, le studio indépendant Atelier 801 basé dans les Hauts-de-France a dû licencier huit employés. Une réalité du monde du travail bien loin des idéaux et de l’utopie de ces développeurs qui tentent de réaliser leur rêve d’enfant.

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