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    Tirailleurs

    Le 25e régiment de tirailleurs sénégalais à Chasselay

    media Nécropole nationale de Chasselay, le «Tata» des tirailleurs sénégalais

    Le 20 juin 1940, l’horreur culmine sur le front des Alpes, à Chasselay, près de Lyon, où 188 Européens et Africains du 25e RTS sont massacrés par les troupes d’Hitler. Si aucun document officiel allemand ordonne un traitement discriminatoire entre Noirs et Blancs, l'assassinat des soldats de la Force noire est le résultat concret des théories racistes du régime nazi.

    Les 19 et 20 juin 1940, les Allemands se dirigent sur Lyon. Les négociations d'armistice ont commencé dans la clairière de Rethondes , près de Compiègne. Le 17 juin, le maréchal Pétain, président du Conseil, avait demandé l'armistice et l’arrêt des combats, dans un discours diffusé à la radio.

    Seule l’armée des Alpes résistait à l’Italie alliée des Allemands, dans le sud du pays.
    La défense française risquait donc d’être rejointe de part et d’autre, venant du
    Nord, par les Allemands, et au Sud, par les Italiens. Il fallait à tout prix essayer
    d’arrêter la progression allemande avant d’être encerclé de toutes parts.

    C’est pourquoi la décision fut prise de retarder les Allemands à la hauteur du Rhône,
    puisque Lyon, déclarée ville ouverte*  laissait passer les Allemands et continuer leur progression vers le Sud.

    L’Armistice ne devant s’appliquer effectivement qu’à partir du 22 juin, c’est donc les 19 et 20 juin 1940 que les troupes se mettent en place entre Tarare et le Rhône, et tentent d'arrêter les Allemands. Les combats furent terribles, car les soldats français devaient faire face aux Panzers (tanks) et à des effectifs allemands bien équipés.

    Le 25e régiment de tirailleurs sénégalais, constitué de soldats venus des colonies africaines, se distingue par sa résistance, mais il finit par se faire déborder par les Allemands. Sans pitié pour les soldats français, les Allemands s’acharnent particulièrement sur les tirailleurs. Ils divisent ceux qui sont faits prisonniers en deux groupes, d’un côté les soldats français blancs et de l’autre les «Sénégalais». Les premiers assistent, horrifiés, au massacre des tirailleurs sénégalais par les mitrailleuses.

    Au lieu-dit « Vide Sac », à l’emplacement même du cimetière, le tata sénégalais, 51 tirailleurs meurent sous les balles des Allemands, et leurs corps sont mutilés par les chenilles des chars d’assaut

    Aucun texte officiel allemand n’a été retrouvé qui ordonnerait de telles pratiques ; mais elles trouvent à coup sûr leur origine dans les stéréotypes du tirailleur coupeur d’oreilles hérités de la Grande Guerre, les séquelles de la «honte noire» et les théories nazies racistes.

    1945 : hommage des tirailleurs à leurs frères d'arme massacrés en 1940.

    Une note relative à la conduite à tenir à l’égard de certaines catégories de prisonniers, signée du colonel Nehring, chef d’état-major de Guderian, illustre cet état d’esprit : « Il est établi que les soldats français coloniaux ont mutilé de façon bestiale des soldats allemands. Envers ces soldats indigènes, toute bienveillance serait une erreur. Il est rigoureusement interdit d’envoyer ces prisonniers à l’arrière sans garde. Ils sont à traiter avec la plus grande vigueur. »

    Le Journal d’un soldat allemand (Wilhelm Prûeller) consigne le martyr des tirailleurs : «Sur la route, nous trouvons un véhicule d’un de nos propres détachements d’artillerie renversé. À côté, un soldat mort, un poignard dans le cœur. Son camarade grièvement blessé nous explique qu’ils ont été attaqués traîtreusement et poignardés par des nègres. En représailles, nous avons ramassé vingt nègres et les avons fusillés sur-le-champ.»

    À l’issue des combats, des Français se chargent de relever les corps de tirailleurs disséminés sur le champ de bataille, dans les bois ou les décombres des villages. Bravant l’interdiction des autorités militaires allemandes, ils leur donnent une sépulture qui rappelle leur sacrifice.

    Interrogé par la presse dans l’immédiat après-guerre, un témoin se souvient : «Au bas de la montée de Balmont, dans le faubourg lyonnais de Vaise, on pouvait, en 1941, lire, pyrogravée sur une planche, cette inscription magnifique dans sa concision : “Ici, le 19 juin 1940, ont été fusillés par les Allemands, vingt tirailleurs sénégalais, pour avoir, la veille, par ordre, tenté d’arrêter une armée” !»

    Le tata de Chasselay a été érigé le 8 novembre 1942,  à la suite d'une souscription organisée par Jean Marchiani, un ancien combattant de 14-18, secrétaire général de l'office départemental des mutilés de guerre.

    En 1966, le tata a été déclaré nécropole nationale (entretenu à perpétuité par l'Etat français).

    _____________________

    *Le terme de ville ouverte désigne, en état de guerre, une ville déclarée rendue sans combat afin de l'épargner de la ruine, de par un accord explicite ou tacite entre les belligérants. La question se pose lorsque la ville présente un intérêt historique ou culturel, ou bien compte tenu du nombre de civils présents parmi la population.

    Hitler's African victims: the German army massacres of Black French soldiers in 1940. Rafael Scheck. (Cambridge University Press, 2006).  Traduit en français : Une saison noire . Editions Taillandier. Les victimes africaines de Hitler: les massacres des soldats noirs français en 1940.

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