| Dernières infos |
Vatican : le pape Benoît XVI ne lâche pas ses collaborateurs mis en cause dans l'affaire des fuites et leur « renouvelle sa confiance »Syrie : le gouvernement ordonne l'exulsion de la chargée d'affaires des Pays-BasSoudan : un travailleur humanitaire britannique du Programme alimentaire mondial est libéré après 86 jours de détention au DarfourFrance : le ministre de l'Intérieur Manuel Valls remplace les trois dirigeants de la police et des services secrets françaisFrance : la Cour des comptes appelle à une «vigilance» budgétaire accrueGrande-Bretagne : l'ex-conseiller médias du Premier ministre David Cameron interrogé en EcosseRwanda : le rebelle hutu Callixte Mbarushimana ne sera pas jugé par la CPI, a annoncé cette dernièreSomalie : six morts après l'explosion d'une bombe dans le centre du paysSierra Leone: Charles Taylor est condamné à 50 ans de prison (juge)En Turquie, les diplomates syriens sont sommés de quitter le pays dans les 72 heuresItalie / Séisme: après la découverte du corps d'un disparu, le bilan monte à 17 morts France : la ministre française de la Famille annonce une revalorisation de l'allocation de rentrée scolaire de 25%.Transport aérien: le rapport final sur le crash de l'avion Rio-Paris sera présenté le 5 juillet (officiel)La confiance économique dans la zone euro s'est fortement dégradée en mai 2012 (Commission européenne)Selon le ministre espagnol de l'Economie, Madrid n'a présenté «aucun plan à la BCE» sur le sauvetage de BankiaL'Azerbaïdjan annonce avoir déjoué un attentat pendant l'Eurovision (gouvernement)Le fondateur de Wikileaks Julian Assange peut être extradé de Grande-Bretagne vers la SuèdeSur Terre, un être humain sur sept est victime de sous-alimentation (FAO)France / Télévision: le président François Hollande regardé par 6,23 millions de personnes sur France 2 ce mardi 29 mai Crise de la dette: écart record du taux des obligations entre Espagne et AllemagneSyrie / Russie: les Russes jugent prématurée toute nouvelle action de l'ONU contre DamasSyrie: le Japon ordonne à l'ambassadeur syrien de quitter le pays (officiel)France / Chômage: «Il m'étonnerait que l'évolution soit bonne» a déclaré Michel Sapin sur RTL, ce mercredi 30 mai |
|
Le 25e régiment de tirailleurs sénégalais à Chasselay

Le 20 juin 1940, l’horreur culmine sur le front des Alpes, à Chasselay, près de Lyon, où 188 Européens et Africains du 25e RTS sont massacrés par les troupes d’Hitler. Si aucun document officiel allemand ordonne un traitement discriminatoire entre Noirs et Blancs, l'assassinat des soldats de la Force noire est le résultat concret des théories racistes du régime nazi.
Les 19 et 20 juin 1940, les Allemands se dirigent sur Lyon. Les négociations d'armistice ont commencé dans la clairière de Rethondes , près de Compiègne. Le 17 juin, le maréchal Pétain, président du Conseil, avait demandé l'armistice et l’arrêt des combats, dans un discours diffusé à la radio.
Seule l’armée des Alpes résistait à l’Italie alliée des Allemands, dans le sud du pays.
La défense française risquait donc d’être rejointe de part et d’autre, venant du
Nord, par les Allemands, et au Sud, par les Italiens. Il fallait à tout prix essayer
d’arrêter la progression allemande avant d’être encerclé de toutes parts.
C’est pourquoi la décision fut prise de retarder les Allemands à la hauteur du Rhône,
puisque Lyon, déclarée ville ouverte* laissait passer les Allemands et continuer leur progression vers le Sud.
L’Armistice ne devant s’appliquer effectivement qu’à partir du 22 juin, c’est donc les 19 et 20 juin 1940 que les troupes se mettent en place entre Tarare et le Rhône, et tentent d'arrêter les Allemands. Les combats furent terribles, car les soldats français devaient faire face aux Panzers (tanks) et à des effectifs allemands bien équipés.
Le 25e régiment de tirailleurs sénégalais, constitué de soldats venus des colonies africaines, se distingue par sa résistance, mais il finit par se faire déborder par les Allemands. Sans pitié pour les soldats français, les Allemands s’acharnent particulièrement sur les tirailleurs. Ils divisent ceux qui sont faits prisonniers en deux groupes, d’un côté les soldats français blancs et de l’autre les «Sénégalais». Les premiers assistent, horrifiés, au massacre des tirailleurs sénégalais par les mitrailleuses.
Au lieu-dit « Vide Sac », à l’emplacement même du cimetière, le tata sénégalais, 51 tirailleurs meurent sous les balles des Allemands, et leurs corps sont mutilés par les chenilles des chars d’assaut
Aucun texte officiel allemand n’a été retrouvé qui ordonnerait de telles pratiques ; mais elles trouvent à coup sûr leur origine dans les stéréotypes du tirailleur coupeur d’oreilles hérités de la Grande Guerre, les séquelles de la «honte noire» et les théories nazies racistes.
Une note relative à la conduite à tenir à l’égard de certaines catégories de prisonniers, signée du colonel Nehring, chef d’état-major de Guderian, illustre cet état d’esprit : « Il est établi que les soldats français coloniaux ont mutilé de façon bestiale des soldats allemands. Envers ces soldats indigènes, toute bienveillance serait une erreur. Il est rigoureusement interdit d’envoyer ces prisonniers à l’arrière sans garde. Ils sont à traiter avec la plus grande vigueur. »
Le Journal d’un soldat allemand (Wilhelm Prûeller) consigne le martyr des tirailleurs : «Sur la route, nous trouvons un véhicule d’un de nos propres détachements d’artillerie renversé. À côté, un soldat mort, un poignard dans le cœur. Son camarade grièvement blessé nous explique qu’ils ont été attaqués traîtreusement et poignardés par des nègres. En représailles, nous avons ramassé vingt nègres et les avons fusillés sur-le-champ.»
À l’issue des combats, des Français se chargent de relever les corps de tirailleurs disséminés sur le champ de bataille, dans les bois ou les décombres des villages. Bravant l’interdiction des autorités militaires allemandes, ils leur donnent une sépulture qui rappelle leur sacrifice.
Interrogé par la presse dans l’immédiat après-guerre, un témoin se souvient : «Au bas de la montée de Balmont, dans le faubourg lyonnais de Vaise, on pouvait, en 1941, lire, pyrogravée sur une planche, cette inscription magnifique dans sa concision : “Ici, le 19 juin 1940, ont été fusillés par les Allemands, vingt tirailleurs sénégalais, pour avoir, la veille, par ordre, tenté d’arrêter une armée” !»
Le tata de Chasselay a été érigé le 8 novembre 1942, à la suite d'une souscription organisée par Jean Marchiani, un ancien combattant de 14-18, secrétaire général de l'office départemental des mutilés de guerre.
En 1966, le tata a été déclaré nécropole nationale (entretenu à perpétuité par l'Etat français).
_____________________
*Le terme de ville ouverte désigne, en état de guerre, une ville déclarée rendue sans combat afin de l'épargner de la ruine, de par un accord explicite ou tacite entre les belligérants. La question se pose lorsque la ville présente un intérêt historique ou culturel, ou bien compte tenu du nombre de civils présents parmi la population.
Hitler's African victims: the German army massacres of Black French soldiers in 1940. Rafael Scheck. (Cambridge University Press, 2006). Traduit en français : Une saison noire . Editions Taillandier. Les victimes africaines de Hitler: les massacres des soldats noirs français en 1940. |

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati





















Commentaires (1)
Le Tata de Chasselay
Depuis son élection en 2007, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, va se recueillir tous les ans, à la fin du mois de Mars, sur le Plateau des Glières. Ces lieux furent le théatre de la résistance acharnée des Maquisards contre l'occupant Allemand. Ces résistants furent massacrés par les SS et la milice de Vichy en Mars 1944.
Il serait souhaitable, qu'à l'occasion du soixante-dixième anniversaire des combats de juin 1940, une cérémonie de recueillement fusse organisée au Tata de Chasselay. Les "Locataires" de ce Cimétière-Mémorial sont Bretons, Congolais, Corses, Gabonais, Maliens, Sénégalais, Alsaciens, Parisiens, Ivoiriens... (quel bel exemple pour l'IDENTITE NATIONALE!)... .Ce sont 200 soldats Français qui, les 19 et 20 Juin 1940 - au moment où les autorités de Vichy signaient la Capitulation des forces armées françaises - se jettaient sur 25000 soldats Allemands, pour protéger la ville de Lyon et défendre l'honneur de l'Armée Française. Ecrasés par le nombre, et ayant épuisés leurs munitions, les Français furent faits prisonniers et abattus à la mitrailleuse par les Nazis. Pour sanctionner "l'insolence" des Français qui avaient osé résisté, les survivants, les blessés et les morts furent écrasés sous les chenilles des chars de la Panzerdivizion. Ce cimétière-mémorial fut baptisé, le "Tata de Chasselay".
"Tata" en langue Mbabara (Mali) signifie, cimétière où sont inhumés des héros tombés pour défendre la patrie.
Références: livre "LES PREUX CHEVALIERS NOIRS", Editions L'Harmattan.
Réagissez à cet article