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    Hommage aux anciens combattants africains de la France Libre de Brazzaville (République du Congo)

    Les 28 et 29 octobre 2010, la fondation Charles de Gaulle conclut sa tournée en hommage aux anciens combattants africains en visitant Brazzaville (République du Congo). La délégation composée de 120 personnes a été reçue avec faste par le président Denis Sassou-Nguesso. La capitale congolaise offre les étapes d'un véritable pélerinage pour les associations des anciens combattants et du souvenir de la Seconde Guerre mondiale puisqu'elle a été de 1940 à 1943, le siège de l'organisation des armées de la victoire française.

    Hommage aux anciens combattants africains de la France Libre de Brazzaville (République du Congo)

    Reportage sonore.

    24/11/2010 Écouter

    Depuis le début de la tournée de la fondation Charles de Gaulle, il semble que les capitales tchadienne, camerounaise se livrent à une sorte de compétition dans le nombre de lieux, d'artères et de bâtiments qui portent le nom de Charles de Gaulle ou du général Leclerc. Mais dans la capitale congolaise, le phénomène prend d'autres proportions : le général de Gaulle avait fait de Brazzaville le siège de l'organisation des armées de la France Libre en octobre 1940. Ici, le général de Gaulle avait lancé Radio-Brazzaville où son expression était plus libre que lorsqu'il parlait à la BBC. En mars 1953, alors que le général est écarté de la politique française, il trouve quelque réconfort en séjournant à Brazzaville où il est accueilli avec enthousiasme. Retour en août 1958, lorsqu'il préside le gouvernement français. Le ton du général a changé : il s'agit de promouvoir le oui à la Communauté française. La réception des Congolais est toujours aussi chaleureuse. Elle ne le prépare pas au rude discours de Sékou Touré qui l'attend en Guinée, ni même aux slogans de la foule au Sénégal quelques jours plus tard.
    Le rituel brazzavillois reste inchangé pour le général : discours au stade Félix-Eboué, messe des piroguiers à la Basilique et nuit à la Case De Gaulle.

    À Brazzaville donc, le voyage de la délégation devient pélerinage : le square Charles-de-Gaulle, la case De Gaulle, le CEFRAD (centre de formation et de recherche en art dramatique) bâtiment qui abrita la conférence de Brazzaville en 1944 et la messe à la Basilique Sainte-Anne (la fille trisomique du général de Gaulle se prénommait Anne).
    Les guides plus ou moins officiels du ministère du Tourisme se mettent en quatre pour faire découvrir la ville aux visiteurs.

    Henri Ecochard, 87 ans, boit du regard le paysage. En juin 1940, il avait 17 ans et suivait des études hasardeuses lorsque le discours du maréchal Pétain le heurte de plein fouet. Indigné par la soumission du maréchal à ce «salopard» d'Hitler, il rejoint l'Angleterre. Après bien des péripéties, il arrive à Brazzaville venant de Pointe-Noire en train. Il séjourne trois mois dans la capitale congolaise avec pour tâche de former des mécaniciens moto. La gare, il s'en souvient bien. Le fleuve Congo aussi. Pour l'avoir traversé plusieurs fois avec ses «copains» pour faire «un tour en Belgique», dit-il malicieusement. «Sur les cinq années de guerre, les copains et moi, nous avons dû nous battre 500 jours», assure Henri en décrivant ses multiples trajets, campagnes et affectations (la dernière : pilote d'avion de reconnaissance pendant la campagne de France en 1944). Et pourtant Henri Ecochard a participé à des opérations commandos ? «La guerre en Afrique était essentiellement une guerre de mouvements», explique un historien membre de la délégation.«Il fallait aller chercher l'ennemi et bien souvent, le temps d'y arriver, il était sur un autre front...»

    Brazzaville a cependant changé et l'ancien soldat des forces françaises libres ne se retrouve pas dans le paysage qui défile. Il y a des boulevards qui ressemblent à des pistes d'aéroport, des banques aux façades miroitantes, des ministères qui en imposent, des hôtels de luxe et dans les brèches des murs d'enceinte des propriétés les plaies des guerres civiles. Le contraste est violent. Le chef de l'État, Denis Sassou-Nguesso et sa femme, paient de leurs personnes dans la succession des cérémonies auxquelles participent la délégation : rend-on hommage au général de Gaulle ou aux anciens combattants congolais ? La proximité de la date-anniversaire de la mort du président français (9 novembre) impose un changement de priorités dans la tournée.

    L'Office national des anciens combattants de la République du Congo a battu le rappel de ses membres. Les veuves d'anciens combattants, robe bleue et foulard rouge, ajoutent une touche de couleur dans un paysage d'uniformes sable ou kaki. «L'ONAC regroupe près de 250 Anciens de l'armée française, précise le lieutenant Balossa Dieudonné, gestionnaire des oeuvres sociales. Il y a 24 survivants de la Seconde Guerre mondiale». Les autres anciens combattants se sont engagés pour les campagnes en Indochine, Algérie, la Côte des Somalis, Madagascar et le Cameroun. Comme leurs frères d'armes camerounais et centrafricains, les Congolais qui ont participé aux opérations de maintien de l'ordre n'ont pas de cartes d'anciens combattants de l'armée française. Seules comptent les guerres pour l'administration militaire de l'ancienne colonie. Cette distinction entre les «campagnes» fait une grande différence dans les droits.
     _________
    À consulter :

    Soldats de la république : les tirailleurs sénégalais dans la tourmente
    France mai-juin 1940
    . Jean-François Mouragues. Edition L'Harmattan.

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