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    Tirailleurs

    Le général Charles Mangin (1866-1925)

    media Le général Charles Mangin. DR

    Charles Mangin est né le 6 juillet 1866 à Sarrebourg. Après avoir échoué au concours de Saint-Cyr, il s’engage au 77e régiment d'infanterie en 1885. Il est admis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1886 et en sort sous-lieutenant d’infanterie de marine deux ans plus tard.

    Le sous-lieutenant Charles Mangin rejoint à Cherbourg le 1er régiment d'infanterie de marine. Désigné en 1889 pour le Soudan, il y effectue deux séjours et s’initie à la langue bambara. Blessé à trois reprises, il revient en France en 1892 et reçoit la croix de chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 1893. En 1895 à l’appel de Marchand, il intègre la mission Congo-Nil. Promu officier de la Légion d’honneur et chef de bataillon en 1900, il sert au Tonkin de 1901 à 1904.

    L'auteur de la Force noire

    Lieutenant-colonel en 1905, il sert au Sénégal, de 1906 à 1908, comme chef d’état-major du commandant supérieur en Afrique occidentale française (AOF). Il écrit alors La Force noire, ouvrage dans lequel il recommande l’utilisation militaire des ressources en hommes de l’Afrique noire pour occuper l’Afrique française du Nord (AFN) en cas de conflit afin de libérer des troupes nord-africaines pour les fronts continentaux. (Voir vidéo La Force noire et l'entrée en guerre en 1914)

    Promu colonel en 1910, Mangin effectue de 1911 à 1912 une mission d’études sur le recrutement en AOF. Puis il est affecté au Maroc et participe à plusieurs colonnes dans la région de Marrakech où il s’empare de Kasba Tadla en avril 1913. Fait commandeur de la Légion d’honneur, il reçoit ses étoiles le 8 août 1913, alors qu’il sert à l’état-major des troupes coloniales à Paris.

    Commandant la 8e brigade d’infanterie en août 1914, il est nommé à la tête de la 5e division d'infanterie, engagée dans la bataille d’Artois puis en avril 1916, sur le front de Verdun où, le 22 mai, elle s’empare des superstructures du fort de Douaumont. Ce succès vaut à Mangin d’être promu général de division à titre temporaire et le commandement du 2e corps d'armée, le 4 juin. Après la prise de Douaumont le 24 octobre succède la réoccupation du fort de Vaux. Verdun définitivement sauvé, il est fait grand officier de la Légion d’honneur.

    Victoire

    À la tête de la VIe armée, Mangin participe à l’offensive d’ensemble du 16 avril 1917 sur le Chemin des Dames* (offensive Nivelle). Mais une campagne de défaitisme se produit en France : les pertes sont exagérées et l’opinion publique s’inquiète. Cherchant des responsables, le gouvernement relève deux commandants d’armée. Accusé de « faire bon marché de la vie de ses hommes », Mangin est relevé de son commandement le 1er mai 1917.

    Georges Clemenceau étant revenu au pouvoir, Mangin prend le commandement du 9e corps d'armée qui, transporté en Picardie à la fin de mars 1918, contribue à fermer la brèche ouverte par la ruée allemande sur le front britannique. Le 10 juin, il est mis à la tête de la Xe armée avec pour mission d’arrêter les Allemands marchant sur Compiègne. Dès le lendemain, il contre-attaque sur les flancs de l’adversaire, puis attaque en direction de Soissons. Foch l’appelle ensuite en Lorraine, mais l’armistice intervient avant que l’attaque décisive prévue le 14 novembre soit déclenchée. Mangin rejoint alors Mayence avec ses troupes qui constituent l’armée du Rhin.

    Grand-croix de la Légion d’honneur en 1919, il siège au conseil supérieur de la Guerre à partir de 1920 et, en juin 1921, le gouvernement l’envoie au Pérou, avec le titre d’« ambassadeur extraordinaire », pour y représenter la France aux fêtes de célébration du centième anniversaire de l’indépendance. Inspecteur général des troupes coloniales en 1922, le général Mangin consacre ensuite son temps à des études et publie plusieurs ouvrages lorsqu’il meurt, presque subitement, le 12 mai 1925.

    Les monuments élevés à la mémoire du général Mangin à Paris et Metz sont détruits par les Allemands en 1940, en même temps que le monument Aux Héros de l’Armée Noire érigé à Reims.
    __________

    * Le site du Chemin des Dames

    Article rédigé en 2010 à l'occasion du cinquantenaire des indépendances africaines.

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