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    Moyen-Orient

    Armes, médicaments, argent: qui livre quoi à Damas ou aux rebelles?

    media Des combattants de l'Armée syrienne libre à Alep, le 18 septembre 2013. REUTERS/Molhem Barakat

    Si les Etats-Unis sont le seul Etat à avoir reconnu officiellement fournir des armes aux insurgés, d'autres pays et notamment l'Arabie Saoudite ou encore le Qatar livreraient du matériel militaire aux rebelles. Côté régime de Damas, la Russie, partenaire historique de la Syrie, reste son principal fournisseur d'armes. Sur le plan financier, c'est l'Iran qui joue un rôle décisif. Tour d'horizon des principaux soutiens aux deux camps syriens.

    Du côté des rebelles

    • Etats-Unis

    Les Etats-Unis sont le seul pays à avoir reconnu officiellement la livraison d’armes aux rebelles syriens. Ces dernières semaines, après plusieurs mois de réflexion, c’est la CIA qui a commencé à envoyer des armes automatiques, des munitions, ainsi que des équipements, dont des véhicules, fournis par le Département d’Etat. Washington étudie la possibilité de confier ces tâches au Pentagone afin de réduire l’aspect clandestin de ces livraisons et d’en augmenter l’échelle. La fourniture d’armes lourdes, comme des lance-missiles sol-air, est étudiée mais les services de renseignement américains ont pour l’instant systématiquement rejeté cette hypothèse, de peur de voir de tels engins finir entre les mains de mouvements jihadistes incontrôlables.

    Washington a également livré d’importantes quantités de vivres et de médicaments. 380 millions d’euros d’aide humanitaire ont été fournis, dont 150 millions rien qu’au cours de cet été. Les Etats-Unis ont, en plus, remis pour un total de 187 millions d’euros d’aide matérielle et sanitaire, directement aux rebelles.

    • France

    En pointe sur le plan diplomatique, la France assure ne pas avoir engagé d’aide militaire. Officiellement, seule l’opération Tamour est en cours, sur le sol jordanien. Principalement armée par du personnel du service de santé des armées, elle consiste dans le déploiement d’un hôpital de campagne et d’équipes médicales, au profit des réfugiés.

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    Soutiens à la rébellion et opposition syrienne

    Des informations ont circulé dans certains médias au sujet d’autres actions, plus ponctuelles. Ainsi, le journaliste Jean-Dominique Merchet révélait dans les colonnes de son blog la livraison de lots d’armes légères démarquées (pour ne pas pouvoir être reliées à la France) et de munitions à des groupes rebelles. Paris dispose d’un petit détachement de forces spéciales en Jordanie, habituellement consacré à des tâches d’échanges et d’exercices avec les partenaires régionaux. Celui-ci a été renforcé depuis le début de la crise en Syrie, en vue d’une éventuelle projection si la situation venait à évoluer.

    Officiellement, la France n’a livré aux rebelles que des matériels militaires non-létaux. Il s’agit principalement d’équipements de télécommunications, de protections balistiques et de lunettes de vision nocturne.

    La France participe par ailleurs à l’effort humanitaire, à hauteur de 12 millions d’euros en 2012, dont deux millions directement alloués à l’opposition en fournissant au Conseil national syrien des moyens de subsistance qui ne doivent pas servir à acheter des armes. Enfin, Paris a donné à la Jordanie 100 millions d’euros en 2012, qui doivent encore être complétés par 50 millions d'euros promis cet été, afin de soutenir la prise en charge des réfugiés.

    • Grande-Bretagne

    Au G20 de Saint-Petersbourg, la Grande-Bretagne annonçait officiellement l’envoi de 60 millions d’euros supplémentaires à des fins humanitaires. Cette aide consiste en partie en des lots d’équipements et des formations médicales afin de donner aux civils des réflexes sanitaires salvateurs. En tout, Londres aura totalisé 477 millions d’euros d’aide à destination des réfugiés syriens.

    Longtemps en pointe pour défendre au sein de l’Europe des projets de livraisons d’armes aux rebelles, Londres ne semble pas avoir sauté le pas. Aucune information n’a en tout cas filtrer en ce sens, quant à d’éventuels envois clandestins.

    • Union européenne

    L’Union européenne se félicite d’être le premier contributeur mondial à l’aide humanitaire en Syrie. Le montant total s’élève à 1,3 milliard d’euros. Sur cette somme, 515 millions proviennent directement de l’UE. 328 millions relèvent d’autres outils de la communauté et permettent de déployer des moyens spécifiques dans le domaine de l’éducation, de la santé ou du développement, par exemple. Enfin, l’UE intègre dans cette somme une partie des aides unilatérales offertes par les Etats membres, à hauteur de 493 millions. La France, le Danemark, l’Italie, la Hongrie la Suède, la Norvège, l’Autriche, le Luxembourg et la Slovaquie participent à cet effort.

    • Qatar

    L’aide humanitaire qatarienne circule en grande partie par le biais d’associations caritatives musulmanes. Une déclinaison régionale de nos ONG qui continue d’inquiéter les services de renseignement : impossible de vérifier d’où proviennent les fonds récoltés ni comment ils sont utilisés. Ces organismes opèrent principalement dans les pays limitrophes, dans l’environnement des réfugiés. Les Syriens se font connaître auprès de ces humanitaires qui leurs distribuent ensuite régulièrement nourriture, médicaments et aide pécuniaire. Nombre de spécialistes soupçonnent ces organismes de financer également en sous-main les groupes rebelles avec lesquels ils peuvent entrer en contact.

    Les livraisons d’armes relèvent également du plus grand secret. Officiellement, Doha ne livre rien. Dans les faits, plusieurs enquêtes de la presse internationale ont mis en exergue les réseaux mis en œuvre par le Qatar. Le petit émirat activerait notamment des contacts en Libye, qui, en échange d’argent, effectuent des livraisons d’armes à destination des rebelles, via la Turquie. Les analystes identifient régulièrement sur les vidéos de l’insurrection des armes dont ils restent convaincus qu’elles viennent de pays du golfe persique, dont le Qatar.

    Au printemps 2013, le Financial Times évaluait l’aide qatarienne aux rebelles à plus de 2,25 milliards d’euros. Les rebelles qui reçoivent de l’armement assurent aux journalistes qu’ils s’appliquent à ne pas en faire profiter les mouvements considérés comme terroristes par les pays occidentaux.

    • Arabie Saoudite

    Sans que cela ne soit officiel, l’Arabie Saoudite est considérée comme l’un des principaux fournisseurs d’armes à l’insurrection syrienne. Des rebelles ont ainsi assuré à la presse internationale que Riyad servait de relais aux pays occidentaux qui ne souhaitaient pas livrer eux-mêmes des armes. L’Arabie Saoudite aurait transféré les armes les plus lourdes dont disposent les insurgés, parmi lesquelles des lance-roquettes anti-char, des lance-missiles sol-air ainsi que quantité de munitions et obus.

    Début 2013, l’Arabie Saoudite promettait une aide humanitaire de 240 millions d’euros. Des fonds difficiles à tracer, car passant par des ONG aux comptabilités assez floues. Le Koweit et les Emirats arabes unis ont promis à la même époque de fournir un effort financier équivalent.

    • Turquie

    La Turquie a été l’un des premiers pays à encourager la cause de la rébellion. Accueillant de nombreux réfugiés sur son territoire, elle a laissé les ONG internationales travailler avec plus de libertés que de coutume. La situation devient pourtant explosive : dans les populations riveraines, le ton monte face à des réfugiés qui ouvrent des petits commerces ou travaillent à moindre prix, bouleversant l’économie locale.

    Si Ankara a certainement laissé faire certains trafics d’armes à destination de la rébellion, il est peu probable que la Turquie ait elle-même livré des armes. Soumises à des règles particulièrement strictes du côté de l’Otan, les autorités turques sont prudentes pour ce qui est du commerce d’armement.

    • Diaspora

    La diaspora syrienne joue un rôle crucial dans l’appui à l’opposition. Une organisation, en particulier, se retrouve en première ligne depuis qu’elle a été officiellement reconnue par le Département d’Etat américain. Le Groupe de soutien syrien récolte des dons, principalement en provenance des Etats-Unis, d’Europe et de Turquie, qu’il redistribue ensuite soit sous forme de liquidités, soit sous forme de fournitures, notamment médicales. Une grosse partie de cet argent, qui s’élevait début 2013 à 112 000 euros, est remise directement au Conseil militaire suprême syrien.

    Dans la région, la diaspora pourrait également intervenir dans la fourniture d’armes. C’est l’avis de Joseph Henrotin, spécialiste des problématiques militaires et rédacteur en chef de la revue Défense et Sécurité Internationale (DSI). Il remarque ainsi que la Syrie dispose « d’une importante diaspora, partout à travers le monde » et que ce ne serait « pas la première fois qu’une insurrection se repose sur ce type de réseaux », notamment au Liban.

    Du côté du gouvernement de Bachar el-Assad

    • Russie

    Partenaire historique de la Syrie, la Russie était et reste son principal pourvoyeur d’armes. Depuis le début du conflit, Moscou poursuit des livraisons plus ou moins régulières, reposant sur des contrats signés avant le début de la crise. L’effort date de longtemps avant le début des combats : entre 2007 et 2011, les signatures de contrats entre les deux pays ont explosé de 600%. En 2011, année des premiers mouvements d’opposition en Syrie, Damas signait pour 750 millions d’euros de commandes d’armement.

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    Latifa Mouaoued/RFI

    Ces derniers mois, Moscou a poursuivi son soutien. Après un long débat sur les missiles S-300, la communauté internationale a perçu chez les Russes un effort, lorsqu’ils ont accepté de renoncer à ces livraisons. Un détail, pour Joseph Henrotin, du magazine DSI : « Les Russes ont évacué la base de Tartous, qui pouvait mettre en œuvre de tels missiles ? », insiste-t-il en mettant en avant le temps nécessaire à la formation pour utiliser de telles armes. « Moscou a une véritable diplomatie de l’armement, en jouant sur ce type de dossier pour faire pression sur la communauté internationale ». A l’inverse, les livraisons probables, ces derniers mois, d’armes légères, de munitions, d’obus et de pièces de rechanges pour les blindés fatigués par de longs combats s’avéreraient autrement plus décisives que les fameux S-300 pour permettre aux forces de Bachar el-Assad de tenir sur la durée.

    Sur le plan humanitaire, Moscou a fourni des efforts symboliques, en envoyant ici et là des cargaisons de médicaments. « L’Eglise orthodoxe joue cependant un rôle notable », explique le spécialiste de la Syrie, Fabrice Balanche, notamment auprès des populations chrétiennes de Syrie, avec l’accord du régime en place. De même, « l’Arménie a envoyé de l’aide destinée à la communauté arménienne en Syrie, à Alep par exemple », conclut-il.

    • Iran

    L’Iran ne dévoile pas officiellement ses soutiens à son allié syrien. Les observateurs et les analystes sont pour la plupart certains que Téhéran joue un rôle important dans le conflit, notamment au travers du déploiement de Gardiens de la révolution sur place. Selon les sources, le nombre des fameux pasdarans est évalué entre quelques milliers et quelques dizaines de milliers d’hommes, employés dans des tâches de soutien, de conseil et parfois d’actions militaires ciblées.

    C’est sur le plan financier que l’Iran serait stratégique. Frédéric Pichon, spécialiste de la Syrie, décrit Téhéran comme le poumon économique de Damas. « Si la Russie fournit du pétrole raffiné et des armes, l’Iran est clairement le soutien financier de la Syrie », explique t-il en estimant que cette aide se compte probablement en milliards de dollars.

    • Hezbollah

    Le Hezbollah est entré en action au cours du printemps 2013. Allié historique de Damas, le mouvement  chiite libanais a participé en première ligne aux combats pour récupérer la ville de Qousseir, près de la frontière entre les deux pays. Selon Hassan Nasrallah, le leader de cette mouvance, ce sont quelque 3 000 combattants qui ont été déployés. Des chiffres impossibles à vérifier. Selon les estimations, quelques dizaines d’entre eux ont été tués au cours des combats, avant que des violences ne se délocalisent sur le territoire libanais, au travers d’attentats visant les infrastructures du Hezbollah au cours du mois de juillet.

    • Minorités régionales

    D’autres minorités régionales ont fourni des combattants comme supplétifs au régime de Damas. Dans une interview sur le site Médiapart, le chercheur Romain Caillet relève ainsi la présence de miliciens alaouites originaires de Turquie, ainsi que de fondamentalistes chiites afghans et pakistanais.

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