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    A Sotchi, les ONG dénoncent le traitement des ouvriers

    media Des migrants qui dorment dans leur voiture. REUTERS/Maxim Shemetov

    À quelques mois de l’ouverture officielle de Jeux olympiques d’hiver à Sotchi en Russie, la polémique autour de ce projet pharaonique continue. Entre le prix exorbitant de ces JO et une partie des ouvriers « exploités » à la construction des sites, Sotchi pourrait rester dans l’histoire non pas pour les valeurs de l’olympisme, mais pour le non-respect des droits de l’Homme.

    Des installations sportives derniers cris, des conditions d’hébergement de qualité, un nouvel aéroport, deux gares, 400 km de réseau routier, 77 ponts et 12 tunnels. Bienvenue à Sotchi, petite station balnéaire entre la mer Noire et les montagnes du Caucase, qui acceuillera du 7 au 23 février 2014 les participants et visiteurs des JO. Un chantier colossale qui a fait appel à des dizaine de milliers de travailleurs dont des migrants.

    Des travailleurs migrants exploités

    Pour pouvoir faire en sorte que les JO soient livrés en temps et en heure, il a fallu faire appel à de la main-d’œuvre extérieure, environ 16 000 personnes employées par des entreprises chargées des construction en tout genre. Leurs conditions de tarvail, souvent déplorables, et bien loin de respecter le droit du travail russe ont été pointées du doigt par plusieurs ONG. 

    Dans un rapport de Human Rights Watch (HRW), une ONG qui défend les droits humains, 66 travailleurs migrants ont déclaré avoir été soumis à diverses formes d’abus et d’exploitations : comme le paiement partiel des salaires ou encore la confiscation des documents d’identités comme leur passeport ou leur permis de travail . Ils étaient la plupart d’originaires d’Arménie, du Kirghizstan, de Serbie, du Tadjikistan, d’Ukraine ou encore d’Ouzbékistan.

    Des travailleurs migrants souvent pauvres, isolés, parlant mal le russe. Selon Human Rights Watch, la très grande majorité des travailleurs interrogés faisaient des cycles de travail de 12 heures, sept jours par semaine. Tout cela pour environ 1,35 euro de l’heure, et un salaire moyen allant de 340 à 450 euros. Sans compter les problèmes de logement constaté par l'ONG. Pour exemple, jusqu'à 200 personnes entassées dans une maison.

    « Ça fait six-sept mois que j'attends l'argent »

    Dans un récent communiqué Human Rights Watch a dénoncé « l'exploitation de travailleurs immigrés sur les sites olympiques, incluant de sérieux retards de paiement ou des non-paiements de salaires, le refus de fournir des contrats de travail écrits et permis de travail tel que l'exige la loi ».

    Un migrant du chantier de la nouvelle gare ferroviaire en face du parc olympique, s'est confié à l' Agence France Presse: « Pendant six mois j'ai été payé avec du retard, mais maintenant, ça fait six-sept mois que j'attends l'argent. »

    Plutôt que de prendre des « initiatives efficaces pour mettre un terme à l'exploitation abusive des travailleurs immigrés par des sociétés sans scrupules, les autorités semblent davantage préoccupées à interpeller et expulser (de Russie) des ouvriers qui ont essayé de se plaindre du traitement abusif de leurs employeurs », a aussi constaté HRW.

    Il semble même qu’à l’approche de l’ouverture de ces JO, la région de Sotchi veuille se débarrasser de ces migrants. Ceux là-même qui ont construit ces infrastructures ne verront donc pas l'embrasement de la vasque olympique...

    Des travailleurs migrants qu'il faut «nettoyer»

    En septembre 2013, Alexandre Tkatchev, le gouverneur de la région de Krasnodar, dont Sotchi fait partie, avait appelé à la création de «brigades d'intervention » composées de policiers, d'hommes des services de l'immigration et de volontaires pour « nettoyer » les rues de la ville à quelques mois des JO. Des centaines de personnes ont ainsi été interpellées, « pour la plupart des travailleurs immigrés dont beaucoup ont été ciblés en raison de leur apparence non slave », a constaté HRW.

    De 15 à 20 immigrés seraient expulsés en moyenne chaque jour, selon les estimations de Mémorial, une des seules ONG russe à défendre les droits de l'Homme. Amnesty International a lancé une campagne de dénonciation des abus le 6 octobre dernier, au moment de l'arrivée de la torche olympique à Moscou.

    Pourtant, selon le ministre des Sports russe, Vitali Moutko, la Russie ne perçoit pour le moment « aucun signe de boycott ». S'exprimant récemment devant la Douma, la chambre basse du Parlement russe, il a déclaré : « Les inscriptions arrivent. Tous les pays veulent venir à Sotchi. »

    Pour que les anneaux olympiques de Sotchi brillent aux yeux du monde, les travailleurs migrants ont beaucoup oeuvré. Mais des 36 milliards dépensés pour cet évènement, ils semblent qu'il n'ai eu qu'une toute petite part de cet énorme gâteau (NDLR: les Jo les plus chers de l'histoire). Pire, on souhaite qu'ils restent dans l'ombre.

    Chronologie et chiffres clés
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