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    Europe

    Le cinéma arménien à l’honneur au Festival «Nuits noires» de Tallinn

    media Jivan Avetisyan, réalisateur et producteur arménien, au Festival du film «Nuits noires» de Tallinn (PÖFF), le 28 novembre 2013. Kèoprasith Souvannavong / RFI

    Coup de projecteur, au 17e Festival du film Nuits noires de Tallinn (PÖFF), en Estonie, sur le cinéma arménien. Un cinéma de la mémoire, relativement marqué par le génocide de 1915 et dont la spécificité est d’être à la fois un cinéma national et un cinéma de la diaspora, comme l'explique Jivan Avetisyan, producteur et réalisateur basé à Erevan.

    On dit souvent, peut-être à tort, que le cinéma arménien est né avec le génocide de 1915.

    En effet, le 7e Art arménien existait bien avant le génocide de 1915. Mais c’est dans les années 1920 qu’il a vraiment été fondé, et ce par Amo Bek-Nazarov, alias Bek-Nazaryan, dans le Caucase, en Arménie soviétique. Bek-Nazaryan, acteur et réalisateur de Patricide (1923) et Chor et Chorchor (1926), a créé les studios Haïfilm dans un premier temps, puis Armenfilm par la suite.

    Il y a donc deux grandes périodes pour le cinéma arménien : celle de l’époque soviétique, puis celle qui vient après la chute de l’URSS. Qu’en est-il de la période actuelle, et quels sont les thèmes abordés par les cinéastes arméniens d’aujourd’hui ?

    Le cinéma d’aujourd’hui est plus diversifié, plus audacieux que sous l’ère soviétique durant laquelle il fallait faire des films empreints de « sauce socialiste », se conformer à la censure, ce qui limitait un peu l’imaginaire des créateurs.

    Chez les cinéastes du présent, l’éventail des thèmes abordés est assez large, mais ces thèmes restent tout de même liés à l’histoire récente comme la guerre d’indépendance du Karabakh (relatée par exemple dans le documentaire de Vardan Hovhannisyan, A Story Of A People In War And Peace, « Une histoire d’un peuple en temps de guerre et de paix », projeté ici au PÖFF de Tallinn, NDRL) et la situation sociale après cette guerre (qui a eu lieu de 1988 à 1994 dans l’enclave ethnique du Haut-Karabakh, en Azerbaïdjan du sud-ouest, entre les Arméniens de l’enclave, alliés à la République d’Arménie, et la République d’Azerbaïdjan, NDLR).

    Il y a également des récits plus intimistes, des histoires d’amour, de couples... Il n’y a aucune limitation ni de thèmes qui prédomineraient chez les jeunes cinéastes. La tendance actuelle consiste même à décliner les thématiques de façon universelle. Et surtout il y a aussi beaucoup de recherche stylistique, certains jeunes tendent vers le cinéma expérimental, d’autres se tournent de plus en plus vers les nouvelles technologies pour leurs films. Mais le cinéma arménien ne rencontre de nos jours qu’un seul problème : le financement. L’autofinancement ne suffit pas. Il faut toujours aller chercher des co-productions avec l’étranger.

    Qui sont les réalisateurs de la nouvelle génération les plus représentatifs du cinéma arménien et qui se tournent en l’occurrence vers l’étranger pour la coproduction ?

    Il y a notamment Maria Sahakyan (I Am Going To Change My Name, « Je vais changer mon nom », 2013, également projeté ici au PÖFF de Tallinn, NDRL) et Hovhannes Galstyan (Bonded Parallels, 2006), qui rayonnent non seulement en Arménie, mais aussi au niveau international, grâce à des coproductions justement : elle avec la Russie, lui avec la Norvège. Ces cinéastes vont chercher leurs inspirations et leurs financements ailleurs, et les jeunes réalisateurs arméniens suivent de plus en plus cette voie.

    Beaucoup de cinéastes arméniens se forment aussi à l’étranger...

    Maria Sahakyan est diplômée du VGIK de Moscou, une des grandes écoles de cinéma ex et post-soviétique. Hovhannes Galstyan a fait ses études à Erevan, à l’Institut des beaux arts, du cinéma et du théâtre. Mais beaucoup font effectivement des études à l’étranger, par exemple en France, à la Fémis [l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son, NDLR]. C’est normal, parce qu’il n’y a pas vraiment d’école de cinéma proprement dite, même s’il y a l’institut que je viens d’évoquer. Cet institut donne des bases, certes, mais il n’y a pas matière pour aller suffisamment loin dans les hautes études cinématographiques.

    Combien de fictions sont produites en Arménie chaque année ?

    Quatre par an, et c’est le maximum. J’entends par là des vrais longs métrages, produits ou coproduits sur place de façon sérieuse. En revanche, il y a beaucoup de courts métrages, parce que la vidéo et le numérique permettent de tourner des films à moindre coût. Un grand nombre de films de télévision et de séries se font ainsi grâce au numérique.

    Ces longs métrages sont-ils destinés au marché intérieur ou à un public international ?

    Nous essayons d’avoir une approche universelle afin que nos films aillent dans des festivals du monde entier. Mais les thèmes de nos films sont souvent liés à ce qui se passe en Arménie même. Nous visons donc à la fois le public arménien et international, et c'est la difficulté de l’exercice.

    La spécificité du cinéma arménien est d’être à la fois un cinéma national et un cinéma de la diaspora...

    Absolument. Et s’agissant de la thématique, en Arménie on parle globalement de la difficulté d’être, comment l’être humain s’inscrit dans l’histoire et le contexte dans lequel il vit. C’est ce qu’abordent en général les cinéastes en Arménie. Ceux de la diaspora traitent de thèmes plus divers. Le lien n’est pas si direct, pas si évident entre les deux.

    Quand on évoque ceux de la diaspora, on pense, entre autres, à Atom Egoyan (Ararat, 2002) au Canada, Robert Gudiguian (Le Voyage en Arménie, 2006) et Serge Avedikian (Paradjanov, 2013) en France, qui ont abordé des thématiques arméniennes. Il y a des passerelles sur ces thématiques historiques arméniennes, mais la particularité du cinéma de la diaspora n’a rien à avoir avec celle des réalisateurs dans le pays même. Cette dispersion contribue aussi à la richesse de la culture arménienne.

    Le génocide de 1915 est apparemment plus présent dans le cinéma de la diaspora arménienne. Comment l’expliquez-vous ?

    La raison en est simple : l’identité de la diaspora est liée au génocide. Les gens qui se sont retrouvés dans les années 1920-1930 en France, en Europe, aux Etats-Unis ou ailleurs, c’est à cause du génocide. Alors que les Arméniens qui vivent dans le Caucase, dans l’Arménie ex-soviétique, étaient déjà sur place et ont traversé les empires persan et russe. Donc leur problématique est moins liée au génocide.

    Comment voyez-vous l’avenir du cinéma arménien ?

    Je suis assez optimiste. Je trouve que tous les jeunes producteurs indépendants actuels sont très actifs, très volontaristes. Ils apprennent vite. Il y a de plus en plus de projets qui naissent en Arménie et qui s’ouvrent vers l'extérieur. En dépit des difficultés, et malgré l’enclave dans lequel nous sommes un petit peu, j'ai l'impression que la production sera très riche et très diversifiée.

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    17e Festival du film « Nuits noires » de Tallinn (PÖFF), en Estonie, du 15 novembre au 1er décembre 2013.

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