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    Europe

    Vitali Klitchko: ancien boxeur, futur président?

    media Le boxeur Vitali Klitchko, leader du parti UDAR, auprès des manifestants à l'extérieur du Parlement à Kiev, le 3 décembre 2013. REUTERS/Stoyan Nenov

    Un nouveau leader de l’opposition ukrainienne est en train de surgir grâce aux manifestations pro-européennes à Kiev. Il s’agit de Vitali Klitchko. Lundi matin sur RFI, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé que la France l'avait invité « pour discuter de la situation ».

    Colosse de deux mètres et de plus de 110 kilos, Vitali Klitchko suscite le respect déjà par son aspect physique et ses succès sportifs. Boxeur professionnel, à plusieurs reprises champion du monde et d’Europe poids lourds, il est admiré en Ukraine et considéré comme l’un des meilleurs ambassadeurs du pays dans le monde.

    Cette admiration dépasse d'ailleurs les frontières ukrainiennes. Le groupe de rock metal allemand Rammstein lui a ainsi consacré la première mouture de sa chanson « Sonne », devenue la musique d’entrée de Vitali Klitchko sur le ring.

    Cependant, c’est plutôt son entrée en politique qui attire l’attention du public depuis plusieurs années. Klitchko ne correspond pas du tout aux clichés populaires d’un boxeur poids lourds. Il est l’un des rares sportifs de haut niveau à avoir mené à terme une thèse de doctorat. D’où son surnom de « Docteur poing de fer ».

    Grâce à ses nombreux déplacements sportifs, il dispose d’un solide réseau de contacts à l’international et il est capable de communiquer en plusieurs langues, ce qui n’est pas fréquent parmi les hommes politiques ukrainiens. Outre le russe et l'ukrainien, il parle couramment l’allemand et l’anglais, et se débrouille pas mal en polonais. Il n’est donc pas surprenant de le voir ambitionner une carrière bien au-delà de la seule boxe.

    → À (RE) LIRE : Ukraine: Vitali Klitschko, un manifestant pas comme les autres

    Vitali Klitschko est entré en politique il y a huit ans. Les débuts ont été durs. Il a échoué à deux reprises, en 2006 et 2008, dans ses tentatives pour devenir maire de Kiev. Mais les progrès qu’il a faits depuis sont presque aussi fulgurants que sa carrière sportive.

    Il a vite surmonté un certain dédain, avec lequel le traitait la classe politique quand il fondait, en 2010, son parti libéral, l’Alliance démocratique ukrainienne pour les réformes (UDAR). Le boxeur est actuellement à la tête de la troisième force politique au Parlement ukrainien, avec 42 députés. Son programme politique met l’accent sur la lutte contre la corruption, un fléau qui ronge le pays et qui rend sa modernisation difficile.

    L’acronyme de la formation, UDAR, veut aussi dire « le coup ». Et Klitchko ne cache pas qu’il compte distribuer des coups durs, cette fois en politique. Il vise notamment l’équipe du président Ianoukovitch, qu’il qualifie de « dictateur » et qu’il juge incapable de réformer l’Ukraine.

    Déjà en 2004, à l'époque de la « révolution orange », Klitchko s’était positionné en adversaire de Ianoukovitch. En tant que sportif célèbre, il avait ouvertement soutenu les leaders du mouvement révolutionnaire, Viktor Iouchtchenko et Ioulia Timochenko, personnages qui dominaient la scène politique ukrainienne, mais ne laissaient toutefois pas beaucoup de place à l’apparition de nouvelles vedettes.

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    Au fil des ans, les conflits incessants entre Iouchtchenko et Timochenko, ainsi que les divisions profondes au sein du camp « orange » et, en conséquence, la défaite électorale de ce dernier face à Viktor Ianoukovitch et son Parti des régions, ont créé un vide du côté de l’actuelle opposition. Après l’emprisonnement d’Ioulia Timochenko, aucun nouveau leader ne s’est dégagé nettement dans son parti Batkivschtchina.

    Alors, la vague des manifestations contre la décision du gouvernement de suspendre la signature de l’accord d’association avec l’Union européenne a ouvert un boulevard devant Vitali Klitchko, le seul qui s’est montré capable de jouer le rôle de leader unificateur et modérateur.

    Ce qui l’aide beaucoup dans sa carrière politique, c’est que sa situation personnelle est très différente de celle de la grande majorité des hommes politiques en Ukraine. Klitchko est totalement indépendant sur le plan financier, grâce à une petite fortune qu’il a amassée en tant que boxeur professionnel de niveau mondial. Il n’a donc point besoin de dissimuler les sources de ses revenus pour être ensuite obligé de s’en expliquer devant le fisc.

    Il n’a besoin non plus d’arrangements avec tel ou tel clan d’oligarques, qui lui dicteraient comment faire valoir leurs intérêts une fois élu à la tête de l’Etat. Et c’est pourquoi l’opinion publique le perçoit comme une personnalité réellement capable de rester honnête et de résister à toute pression, économique ou politique, et donc capable de tenir ses promesses électorales.

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    Très populaire et très présent parmi les protestataires à Kiev, Klitchko critique farouchement le gouvernement, mais appelle à manifester pacifiquement. Il déclare vouloir se présenter à l’élection présidentielle de 2015 contre Viktor Ianoukovitch. Sa carrière de boxeur professionnel lui a rapporté deux défaites et 45 victoires, dont 41 par KO. Il espère que l’actuel président sera son 42e KO.

    L’ennui, c’est que Ianoukovitch cherche à éviter le combat direct. Il tente d’éliminer Klitchko avant même d’entrer sur le ring. En effet, le Parti des régions veut amender la loi fiscale de façon à retirer le droit de se présenter à la présidentielle à toute personne n’habitant pas en Ukraine depuis au moins 10 ans, et n'y payant pas ses impôts. Or, sur le plan purement administratif, Vitali Klitchko réside en Allemagne et il est redevable au fisc allemand…

    Toutefois, le fait même que l’équipe au pouvoir ait décidé de préparer une loi, qui le vise de toute évidence personnellement, témoigne de la panique qui a dû surgir dans ses rangs à l’idée que Klitchko puisse se présenter contre Ianoukovitch en 2015. Mais ceci dit, certains spécialistes, tout en lui accordant charisme et popularité, soulignent que Klitchko manque cruellement d’une expérience politique qui lui permettrait de conduire les affaires de l’Etat.

    Pour le professeur Kuzniar, conseilleur du président polonais aux Affaires internationales, l’ancien boxeur ne remplit pas encore toutes les conditions requises pour devenir un bon et efficace chef du gouvernement ou de l’Etat. Pour Vitali Klitchko, c’est donc un combat autrement plus difficile qu’un match de boxe qui s’annonce pour les semaines, les mois et les années à venir.

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