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    Etats-Unis: «On est devant un système de surveillance devenu totalement fou»

    media Le portrait de l'ex-employé de la NSA, avec cette phrase : «Merci Edward Snowden !». Washington, le 20 décembre 2013 REUTERS / Gary Cameron

    En juin dernier, Edward Snowden, l’ancien consultant, déclenchait un véritable scandale en publiant des documents sur l’espionnage à grande échelle pratiqué par les services de renseignements américains. S’en était suivi le feuilleton de son exil jusqu’en Russie et surtout les réactions internationales en cascade. Ce vendredi, la Maison Blanche répond : Barack Obama doit dévoiler sa réforme des programmes de surveillance des communications dans une allocution attendue à 16 heures, temps universel. Cela va se passer au ministère de la Justice à Washington. Entretien avec François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialisé sur la communication, la cyberstratégie et l’intelligence économique.

    RFI : Sept mois après ces révélations, est-ce que l’on sait ce que préparent les autorités américaines ?

    François-Bernard Huyghe : On peut en avoir une idée parce qu’il y avait eu une sorte de commission qui a rendu un rapport conseillant des mesures très modérées, en particulier, peut-être de confier à un opérateur privé le stock de données et de métadonnées que la NSA [Agence de sécurité nationale] recueille si généreusement, c'est-à-dire par milliards. Peu de gens attendent en fait de grandes réformes du président Obama et, en tout cas, les révélations continuent. On a appris au cours des derniers jours que la NSA pouvait écouter des ordinateurs non connectés à internet, qui recueillaient 200 millions de SMS par jour, etc. Donc, il semble que la machine est bien lancée.

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    On l’a compris, pas de grande remise à plat. Malgré tout, est-ce que cela va permettre de calmer la colère qui s’était exprimée aussi bien à Brasilia, à Paris ou en Allemagne ?

    La colère, elle est bien modérée. En tout cas, elle a été bien modérée à Paris.

    La colère avait été particulièrement vive au Brésil...

    Au Brésil oui, parce que là il y a des affaires de gros espionnage industriel. Nos amis allemands ont mal réagi à l’espionnage du téléphone de Merkel, mais dans la mesure où leurs services secrets sont probablement assez compromis avec ce système, ils ne pouvaient pas réagir très violemment. Très franchement, je n’attends pas de très fortes réactions politiques, en tout cas des alliés européens des Etats-Unis. En revanche, il pourrait y avoir des réactions beaucoup plus fortes soit des internautes eux-mêmes qui pourraient commencer à migrer sur des services plus sûrs, soit des grandes compagnies du net qui vont perdre des milliards de dollars dans cette affaire puisqu’elles perdent la confiance de leurs clients se mouillant ainsi avec la NSA.

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    Et certainement aussi une réaction des défenseurs des droits de l’homme qui sont particulièrement actifs aux Etats-Unis sur ces questions, justement, de la protection de la vie privée.

    Il y a effectivement un fort mouvement de protestation. Il y a eu des manifestations, mais qui n’ont pas réuni des foules immenses. En revanche, les hackers et tous ceux qui militent pour la transparence d’internet, pour une cryptologie libre, etc... sont incroyablement stimulés par ces révélations qui dépassent ce que pouvaient penser les plus paranoïaques. On est vraiment devant un système devenu totalement fou et dont on se demande s’il a la moindre utilité. Il y a un récent rapport d’un think tank américain, plutôt de droite, qui révélait que tous ces milliards de dollars n’avaient probablement servi à rien, en tout cas, s’il s’agit d’empêcher des attentats ou d’arrêter des terroristes, et que tout s’était fait principalement avec du bon vieux renseignement humain.

    Toutes ces écoutes au nom de la protection de la sécurité américaine, est-ce que ce discours tient encore en 2014 ?

    Franchement, est-ce qu’un enfant de 8 ans croirait qu’on dépense tous ces milliards de dollars, qu’on emploie tous ces milliers de gens et tous ces dispositifs techniques pour arrêter quelques terroristes par an ? Il s’agit bien entendu à la fois d’espionnage économique ou géopolitique à très grande échelle. Quand vous écoutez le téléphone portable de Madame Merkel, ce n’est pas parce que vous avez peur qu’elle se convertisse au jihad.

    Est-ce que les autorités américaines ne risquent pas finalement de se retrouver en procès pour ces questions ? Est-ce qu’il n’y a pas particulièrement un problème par rapport à certaines clauses de la Constitution ?

    Evidemment, on tombe sur le fameux quatrième amendement qui dit qu’il ne devrait pas y avoir de collectes d’informations sans «  due warrant », sans un mandat légitime d’un juge. Il y a des actions qui sont reprises par des entreprises et par des particuliers. Tout cela se terminera devant les tribunaux. Tout cela se terminera d’autant plus certainement devant les tribunaux qu’il y a eu deux jugements contradictoires de juges : l’un disant que ce système de collectes était orwellien et contraire à la Constitution ; l’autre disant que non. Donc il va falloir certainement que la Cour suprême tranche définitivement.

    Ce qui veut dire qu’aujourd’hui c’est plus simple pour les Américains d’écouter des personnes qui vivent à Tokyo, à Paris ou à Londres que d’écouter leurs propres ressortissants ?

    Ça, c’est un petit peu un écran de fumée. Il y a une énorme différence en droit américain - ça remonte à une jurisprudence des années 1970 - entre écouter des étrangers ou des gens qui conspirent ou qui sont suspects de « conspirer avec une puissance étrangère » et écouter de bons Américains ou des citoyens américains vis-à-vis de qui il faudra des garanties juridiques, un « due warrant », un mandat du juge, etc. Mais tout cela est, je dirais presque, une foutaise, en tout cas c’est assez théorique dans la mesure où sur internet où tout le monde est en contact avec tout le monde, il est très difficile de distinguer qui est un citoyen américain de qui ne l’est pas, d’autant plus qu’ils le font avec des logiciels sémantiques qui travaillent sur le contenu des messages. Par exemple, si je vous dis : " j’aime beaucoup ce film suédois et j’irai bien manger des spaghettis avec vous ce soir ", ce sont deux indices que je suis un non Américain et cette conversation peut donc être légitimement écoutée. C’est évidemment quelque chose de profondément ridicule.

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