Coronavirus: dégringolade historique des Bourses

Un homme prend en photo le cours de la Bourse de Francfort qui s'effondre le 12 mars 2020.
Un homme prend en photo le cours de la Bourse de Francfort qui s'effondre le 12 mars 2020. REUTERS/Ralph Orlowski
Texte par : RFI Suivre
5 mn

La crise sanitaire mondiale du coronavirus secoue très durement les places boursières, en particulier en Europe où l'épidémie continue de se répandre, mais aussi à la Bourse de New York, qui a vécu sa pire séance depuis le krach boursier d'octobre 1987 pour le Dow Jones.

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Les Bourses européennes ont complètement plongé et connu pour certaines leurs pires chutes ce jeudi 12 mars face incertitudes économiques causées par l'épidémie du coronavirus.

La Bourse de Paris a connu jeudi la plus forte chute de son histoire, clôturant à -12,28%. L'indice CAC 40 a plongé de 565 points pour finir à 4.044,26 points. À titre de comparaison, il avait perdu 7,3%, en clôture, le jour des attentats du 11 septembre 2001, et 7,7% le 10 octobre 2008, en pleine crise des subprimes.

Chute historique à Milan

Pire chute de son histoire également pour la Bourse de Milan, qui se trouve au cœur du foyer épidémique italien. Elle a clôturé à -16,92% à 14.894 points, battant le précédent record négatif de juin 2016 consécutif au succès du référendum sur le Brexit. L'indice se trouve actuellement au niveau qui était le sien à la mi-2013, selon l'agence AGI.

La Bourse de Madrid a elle aussi connu le pire plongeon de son histoire en perdant 14,06%, dans un marché paniqué par les conséquences économiques de la pandémie de coronavirus qui a déjà contaminé déjà près de 3 000 personnes dans la péninsule ibérique.

La Bourse de Francfort a quant à elle perdu 12,24%, soit sa pire séance depuis 1989. La Bourse de Londres a elle aussi clôturé sa séance sur un plongeon à 9,81%, ce qu'elle n'avait pas connu depuis 1987.

La BCE veut endiguer la panique

Pour éviter une vague de défaillances, les gardiens de l'euro ont offert des liquidités supplémentaires aux banques pour les inciter à maintenir ouvert le crédit destiné aux ménages et aux entreprises. Une enveloppe de 120 milliards d'euros supplémentaires devra être dépensée d'ici la fin de l'année pour acheter de la dette, particulièrement celle du secteur privé. Cet effort viendra renforcer le programme d'achats déjà en cours depuis novembre dernier. 

Toutefois, contrairement à ce qu'ont décidé d'autres banques centrales, l'Institut de Francfort a laissé ses taux inchangés. Notamment, le taux de dépôt, qui s'applique aux liquidités que les banques choisissent de confier à la BCE, faute de les distribuer sous forme de crédits, a été maintenu à moins 0,5%. Idem pour le taux directeur servant au refinancement des banques à court terme, il reste à zéro. 

A Wall Street, le Dow Jones a subi sa plus lourde perte depuis 1987

Toutes les Bourses européennes ont cédé à la panique, tandis que Wall Street, principale place financière mondiale a connu pire séance depuis le krash boursier de 1987 pour le Dow Jones, qui a plongé de 10% ce jeudi 12 mars.

Cette panique sur les marchés financiers touche en premier lieu les secteurs les plus affectés par les conséquences de la crise du coronavirus. Le transport aérien, l'hôtellerie, le tourisme, l'automobile sont en chute libre, Renault a perdu 21% à Paris.

Les valeurs bancaires s'effondrent, car les mesures annoncées par la Banque centrale européenne n'ont pas rassuré les marchés. La BCE annonce pourtant des rachats de dettes publiques et des mesures pour soutenir les entreprises, notamment les PME. C'est précisément là, le fondement de la panique. Les marchés anticipent une baisse des profits des entreprises, voire une série de faillites, en raison du repli sur soi généralisé en Europe.

Mais la présidente de la BCE, Christine Lagarde a montré les limites de son action. On ne peut plus baisser les taux européens déjà à zéro, et elle se tourne vers les gouvernements de la zone euro qu'elle fustige pour leur lenteur à apporter une réponse budgétaire ambitieuse. Une virulence qui traduit bien le sentiment dominant en Europe. La panique est là, les gouvernements doivent agir.

La Bourse de São Paulo en pleine débâcle

La Bourse de São Paulo a connu jeudi une séance de débâcle, clôturant sur une chute de 14,78% après deux suspensions des échanges, afin de permettre au marché de reprendre ses esprits. La Bourse de São Paulo a enregistré la septième pire séance de son histoire, et un total de pertes de 26% depuis lundi.

(Avec AFP)

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