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Coronavirus: lourdes pertes économiques pour l’Italie

Rue déserte à Milan, en Italie, le 15 mars 2020.
Rue déserte à Milan, en Italie, le 15 mars 2020. REUTERS/Daniele Mascolo
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L’Italie, le pays européen le plus touché par le coronavirus, devrait connaître les pires difficultés économiques depuis la Seconde Guerre mondiale. Par ailleurs, le bilan des décès à cause du Covid-19 ne cesse d'augmenter.

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Pour l’agence de notation Cerved, la propagation du coronavirus constituerait le pire choc pour l’économie italienne depuis la Seconde Guerre mondiale. Le chiffre d’affaires des entreprises italiennes pourrait tomber en moyenne de 17%. Le tourisme et l’automobile sont les secteurs les plus touchés.

Situation catastrophique pour les PME

D’un autre côté, les entreprises de commerce en ligne, de livraisons de nourriture à domicile ainsi que le commerce de gros de produits pharmaceutiques augmentent, eux, considérablement leurs ventes. Mais pour la grosse majorité de quelque 750 000 petites et moyennes entreprises (PME) italiennes, la situation est catastrophique. Si la crise sanitaire se prolongeait jusqu'à la fin de l'année, elles pourraient perdre jusqu'à 650 milliards d’euros.

Une quatrième récession ?

Même si le gouvernement italien arrive à enrayer cette crise avant le mois de mai, les pertes pourraient tout de même s'élever à 220 milliards d’euros cette année, et 55 milliards supplémentaires en 2021. Pour soutenir les ménages et les entreprises, le gouvernement italien a mis sur la table 25 milliards d’euros d'aides. Une somme qui semble insuffisante. Et l’Italie risque de vivre sa quatrième récession en douze ans.

La Lombardie débordée

Dans le Journal de Brescia, ce sont les mauvaises nouvelles qui dominent, tout comme dans L'Écho de Bergame où les avis de décès occupent désormais une dizaine de pages du journal, au lieu d’une à deux en temps normal. Le pic de l’épidémie dans la région n’est pas encore atteint même si sa progression ralentit. Mardi, le maire de Brescia, Emilio del Bono, disait l’espérer dans le courant de la semaine, et se désolait de ne plus savoir où mettre les cercueils.

La semaine dernière, déjà les journaux locaux titraient sur le manque de place dans les morgues, les délais qui se rallongent pour procéder aux enterrements ou aux crémations malgré des infrastructures qui fonctionnent pour certaines 24 heures sur 24. Une situation traumatisante pour les familles, témoigne l’aumônier de l’hôpital de Brescia dans le journal. « La quarantaine ajoute une douleur à la douleur » : les malades meurent seuls et les familles ne peuvent même pas revoir leurs proches hospitalisés. Mais le nombre de guérisons augmente lui aussi. Un troisième hôtel a été réquisitionné à Bergame. À la place des touristes, il accueille les patients qui sortent de l’hôpital mais doivent rester à l’isolement pendant leur convalescence.


Des milliardaires au chevet du pays

L'ex-Premier ministre et milliardaire italien Silvio Berlusconi annonce vouloir donner dix millions d'euros à la région de Lombardie, la plus touchée du pays par le coronavirus, pour créer des places dans les services de soins intensifs. « Silvio Berlusconi a décidé de mettre à disposition de la région Lombardie, à travers une donation, la somme de dix millions d'euros, nécessaire pour la réalisation d'un service de 400 lits en soins intensifs », peut-on lire dans un communiqué de Forza Italia (droite), publié sur Twitter.

La famille Agnelli, qui contrôle entre autres le groupe Fiat Chrysler et la Juventus Turin, a, à son tour annoncé des donations équivalentes. Le groupe s'est ainsi engagé à donner dix millions d'euros en faveur de la Protection civile et de la fondation La Stampa - Specchio dei tempi, engagée dans des actions sociales et sanitaires à Turin et dans le Piémont. Exor, la holding familiale, veut acheter à l'étranger 150 respirateurs artificiels à destination des hôpitaux italiens, a précisé la Juventus dans un communiqué. Le club de football a lancé il y a quelques jours une récolte de fonds en faveur des infrastructures sanitaires du Piémont, qui avait permis de lever mardi 17 mars plus de 400 000 euros.

À lire aussi: Coronavirus: le nombre de cas grimpe en Italie, malgré le confinement sévère

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