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Pétrole: la marche arrière de la Russie redonne le sourire aux pays de l’Opep

Gisement pétrolier de Yarakta dans la région d'Irkoutsk, en Russie, le 11 mars 2019.
Gisement pétrolier de Yarakta dans la région d'Irkoutsk, en Russie, le 11 mars 2019. REUTERS/Vasily Fedosenko/File Photo
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L’accord de l’Opep et de ses partenaires pour endiguer la chute des cours du brut a été qualifié d’historique en Afrique, et a été salué à la fois par le président américain Donald Trump, par le roi Salmane d’Arabie saoudite et par le président russe Vladimir Poutine. 

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Avec notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot

Une réduction de 2,5 millions de barils par jour: cela représente le quart de la production quotidienne de pétrole en Russie. Et cette réduction paraît d’autant plus importante, qu’il y a un mois la Russie avait refusé catégoriquement une baisse qui aurait alors été deux fois moins importante.

A l’époque, les experts avaient parlé d’un coup de poker de la Russie et de Vladimir Poutine, qui préféraient défier Riyad et Washington plutôt que d’accepter une nouvelle réduction de production. Avec à la tête de cette offensive, le tout-puissant patron de Rosneft, Igor Setchine, numéro un du plus grand groupe pétrolier russe, et proche de Vladimir Poutine.

Un recul et un échec cuisant pour la Russie

Un mois plus tard, les cours du brut et du rouble se sont effondrés, et la Russie est contrainte d’accepter cet accord. Entre-temps l’épidémie de coronavirus est devenue mondiale et la baisse calculée du prix du pétrole s’est transformée en dégringolade incontrôlable.  Cité par le journal russe RBK, le vice-président de Loukoil, numéro deux du secteur en Russie, ose la comparaison avec le Traité de Brest-Litovsk conclu en 1918 entre la Russie bolchévique et l’Allemagne. Un traité « humiliant et difficile » reconnaît Leonid Fedoun, mais qui était inévitable. Selon le numéro deux de Loukoil, faute d’accord avec les Saoudiens, les capacités de stockage auraient été saturées en moins de 40 jours, et c’est alors « 50% de la production » en Russie qu’il aurait fallu fermer. 

► À lire aussi : Virus: l’Opep+ s'accorde sur une baisse «historique» de la production de pétrole


■ Lagos a le sourire

C’est un accord indispensable pour maintenir la stabilité du marché, selon la Chambre africaine de l’énergie. Un accord qui met fin à des mois de chute des cours du pétrole, le prix est en effet descendu en dessous de 20 dollars le baril.

Avec ces cours historiquement bas et le ralentissement économique provoqué par la pandémie du nouveau coronavirus, un pays comme le Nigeria, premier producteur africain d’or noir, a déjà revu à la baisse son budget. L’accord de l’OPEP et de ses alliés ne conduira pas le Nigeria à faire la démarche inverse et augmenter son budget. Il a été salué ce lundi par les entreprises pétrolières cotées à la bourse de Lagos: leurs actions ont enregistré une forte hausse à l’ouverture.

Ce devrait aussi être une lueur d’espoir pour les producteurs africains, qui pèsent moins au niveau mondial. Mais une crainte existe sur le fait que les géants que sont l’Arabie saoudite et la Russie n’appliquent pas le niveau de réduction conclu.

Les producteurs du continent espèrent que l’accord va limiter les dégâts sur le plan économique, mais ce ne sera pas suffisant pour ceux qui ont une forte dépendance à la rente pétrolière, comme l’Algérie, le Congo ou le Gabon. A moins que le prix du pétrole ne remonte jusqu’à au moins 50 dollars le baril.

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