Coronavirus: les Etats-Unis et l’Europe multiplient les mesures économiques

Le Congrès américain a approuvé un plan de soutien économique de 2—200 milliards de dollars.
Le Congrès américain a approuvé un plan de soutien économique de 2—200 milliards de dollars. NICHOLAS KAMM / AFP

A cause du confinement lié au coronavirus, les Etats-Unis et l’Europe sont confrontés depuis mi-mars à un effondrement sans précédent de leurs activités économiques. Pour sauver l’économie et surtout éviter la faillite des entreprises, les Etats ont pris des mesures ambitieuses en s'endettant massivement.

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Aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, les gouvernements ont activé plus au moins les mêmes leviers financiers pour sauver les entreprises, mais à des degrés divers d’un pays à l’autre. Prêts aux entreprises, garantie des crédits bancaires, recapitalisations de certains groupes, prises en charge du chômage partiel… Ces mesures se chiffrent à des centaines de milliards d'euros.

En Europe, l’Allemagne a pris des mesures inédites depuis la Seconde Guerre mondiale. Berlin a adopté un plan d’urgence de 1 100 milliards d’euros, incluant des garanties publiques sur des prêts et des aides directes aux entreprises, notamment pour les PME. En France, le gouvernement a adopté un plan d'urgence économique de 110 milliards d’euros auxquels s'ajoutent 300 milliards de garanties de l’Etat pour les prêts des entreprises.

Recours massif au chômage partiel

Le chômage partiel est l’arme utilisée par la majorité des pays touchés par le coronavirus en Europe pour éviter les licenciements. Le Royaume-Uni en a fait la clé de ses mesures économiques. Le gouvernement britannique prend en charge 80 % des salaires dans les entreprises en difficulté jusqu’au mois de juin. En Espagne, outre les mesures en faveur du chômage partiel, le gouvernement a interdit les licenciements. L'Italie va plus loin, en versant des aides financières également aux employés non déclarés. Ils seront considérés comme des travailleurs précaires. Cela va coûter à l’Etat près de 3 milliards d’euros.

Les mesures de soutien de Bruxelles à l’emploi, aux travailleurs, aux entreprises et aux Etats membres s’élèvent à 540 milliard d’euros. La Banque européenne d’investissement va également créer un fonds de garantie paneuropéen à destination des entreprises, en priorité aux PME. Il doit permettre de mobiliser jusqu'à 200 milliards d'euros. L'argent ne sera pas automatiquement dépensé, mais disponible pour les Etats qui en feront la demande.

Des mesures fortes prises aussi aux Etats-Unis

Le Congrès américain a déjà approuvé un plan de soutien économique de 2 200 milliards de dollars. 350 milliards seront consacrés aux PME qui ont vu leur activité stoppée ou drastiquement réduite avec l'arrivée dans le pays de la pandémie du coronavirus. Une rallonge de 250 milliards de dollars est en négociation, et fait l'objet d'un bras de fer entre Donald Trump et l'opposition.

Mais à la différence de l’Europe, le chômage partiel n’existe pas aux Etats-Unis. Les entreprises n’ont donc pas d’autres choix que de licencier. En un mois, 22 millions de personnes ont perdu leur emploi, soit l’équivalent des emplois créés depuis dix ans. La double peine pour ces salariés qui perdent par la même occasion leur protection sociale.

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