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Coronavirus: l’État français à la rescousse des grandes entreprises publiques

Pour sauver le soldat Air France, le gouvernement lance une contre-offensive.
Pour sauver le soldat Air France, le gouvernement lance une contre-offensive. JOEL SAGET / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 min

L’État français vole au secours de deux de ses fleurons dont il détient environ 15% du capital : Renault et Air France. Dans le cas du constructeur automobile, il s'agirait d'environ 5 milliards d'euros sous forme de prêt garanti par l'Etat. Un système similaire a été annoncé en faveur de la compagnie aérienne pour quelque 7 milliards d’euros.

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Pour sauver le soldat Air France, le gouvernement lance une contre-offensive ; et le nerf de la guerre, ce n’est pas une nationalisation comme certains l’évoquaient mais de l’argent. Beaucoup d’argent.

Le ministre de l’Economie annonce que la compagnie va recevoir 7 milliards d'euros de prêts au total : 4 milliards de prêts bancaires garantis à 90% par l'Etat et 3 milliards prêtés directement par Bercy.

Bruno Lemaire parle d’un « plan historique » qui vise à sauver les 350 000 emplois directs et indirects qui vont avec et une compagnie qui menace de sombrer alors que seulement environ 10 % de ses avions volent - comme par exemple ceux qui iront au Maroc la semaine prochaine pour rapatrier des français bloqués.

Pas « un chèque en blanc »

Attention, prévient le gouvernement, ce soutien « n'est pas un chèque en blanc ». Il y a des conditions : un plan de réductions des émissions de CO2, de transformation de la flotte pour être moins polluante, c'est-à-dire émettre moins de bruit et être plus respectueuse de l'environnement.

Des conditions qui laissent les organisations de défense de l'environnement sceptiques. « Tout cela est extrêmement vague. Nous, nous appelons à préciser ces exigences car si ce sont seulement des déclarations d’intention ce ne sera pas au niveau », explique Théo Rougier, le porte-parole de l’association Notre choix qui regroupe sept organisations de défense de l’environnement dont Greenpeace. « Ce qui serait pertinent, c’est un plan d’engagement clair de transition pour Air France et pour le secteur de manière plus large, avec dedans la question des lignes intérieures, la question des règles fiscales appliquées au secteur et sur le kérosène et la question des projets d’extensions d’aéroports qui induit une croissance du trafic ».

Comme Air France est indissociable de KLM, des discussions se poursuivent avec l'État néerlandais, lui aussi actionnaire, en vue d'une aide complémentaire (il est question de 2 à 4 milliards supplémentaires).

Toute la question est de savoir ce que l’on va en faire de ces cinq milliards d’euros. Est-ce qu’il s’agit de renouveler l’opération de la crise financière de 2009 où finalement Renault a utilisé plus de 3,2 milliards de prêts consentis par l’Etat à l’époque mais qui n’ont pas servi au développement de l’industrie française pour plutôt financer délocalisation et externalisation.

Fabien Gache, délégué central CGT chez Renault

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