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Madagascar: le coronavirus jette le doute sur le secteur de la vanille

Fin de campagne de vanille préparée (vanille vrac) à Madagascar. Ultime étape de préparation des derniers lots restants de vanille par les producteurs et les exportateurs : le séchage des gousses sur claies.
Fin de campagne de vanille préparée (vanille vrac) à Madagascar. Ultime étape de préparation des derniers lots restants de vanille par les producteurs et les exportateurs : le séchage des gousses sur claies. RFI/Sarah Tetaud
4 mn

Cette année, les acheteurs de vanille malgache auront jusqu’au 31 mai 2020 pour se fournir en précieuses gousses noires. Depuis l’arrêté ministériel paru fin février, fixant à 350 dollars minimum le prix de vente du kilo de vanille vrac, plus de 500 tonnes ont été exportées. La stratégie de fixation des prix pour stabiliser une filière régulièrement en crise semble avoir payé. Mais les regards se tournent désormais sur l’impact économique que devrait avoir la pandémie de coronavirus.

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De notre correspondante à Antananarivo,

Dans les champs de vanille du nord de l’île de Madagascar, on attend patiemment la maturité des gousses. Le nouveau coronavirus, ici, reste un concept très abstrait. Pour ce petit planteur de la Sava, seules quelques habitudes de travail ont changé.

« Avant, dans mon champ, on était une quinzaine de travailleurs, pour entretenir les vanilles, les gousses. Maintenant, on n’est plus que quatre, pour respecter les règles de distance. On a dû mettre les gens au chômage jusqu’à nouvel ordre. »

► À lire aussi : Madagascar: le prix de la vanille tend à baisser

« Il est sûr qu’il y aura un impact »

Malgré l’absence de cas de contamination dans la région, le virus fait craindre aux planteurs une chute des prix « pire que celle de l’an dernier » disent-ils. Côté exportateurs, les effets de la pandémie ne se font pas encore ressentir : le décalage entre la date des achats de gousses de vanille et leur distribution, ainsi que l’existence de stocks chez les clients, retardent l’incidence. Mais un climat d’incertitude règne, explique Georges Geeraerts, le président du groupement des exportateurs de vanille de Madagascar :

« Personne n’est réellement serein dans cette situation et il est sûr qu’il y aura un impact. Maintenant, quel sera le degré de conséquences ? Une partie des produits vanille est destinée à ce qu’on appelle l’HoReCa (hôtels, restaurants, cafés), qui sont tous fermés et qui risquent de l’être encore longtemps. Donc, on imagine qu’il risque d’y avoir une récession et donc une difficulté à vendre les produits. Mais c’est malheureusement trop tôt pour le dire. L’impact se ressentira plus tard, à l’aube de la prochaine campagne de vanille verte, donc au mois de juillet. Si aucune commande ne se fait, là, on commencera à se poser des questions. »

La pandémie a déjà influé sur les prix au printemps

La consommation de la vanille est très différente d’un pays à l’autre. L’Europe est un marché de gousses, quand les États-Unis l’utilisent pour l’extraction. Les exportateurs espèrent que les pertes engendrées sur un marché pourront être compensées sur un autre. Par ailleurs, une hausse des ventes des produits vanille et de gousses a été enregistrée dans la grande distribution en Occident (Pays-Bas, États-Unis), depuis le début de la pandémie.

Les acteurs de la filière croisent les doigts pour que ce microphénomène, qu’ils attribuent potentiellement au fait que les gens cuisinent plus depuis qu’ils sont enfermés chez eux, ne s’estompe pas une fois le déconfinement mondial arrivé.

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