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Airbus annonce vouloir supprimer 15000 postes, dont 5000 en France

Le groupe Airbus annonce vouloir supprimer 15 000 postes dans le monde (image d'illustration).
Le groupe Airbus annonce vouloir supprimer 15 000 postes dans le monde (image d'illustration). REUTERS/Stephane Mahe
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Airbus a annoncé ce mardi 30 juin la suppression d'« approximativement 15 000 postes », soit 11% de ses effectifs dans le monde d'ici à l'été 2021, sans exclure des licenciements secs, afin de « redimensionner son activité dans l'aviation commerciale » face à la crise due au coronavirus.

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Au total, environ 5 100 postes seront supprimés en Allemagne, 5 000 en France, 1 700 au Royaume-Uni, 900 en Espagne et 1 300 sur les autres sites du groupe dans le monde, a précisé ce mardi 30 juin au soir Airbus dans un communiqué. Une partie de ces suppressions d'emploi touchent la filiale française d'Airbus Stelia Aerospace et l'allemande Premium Aerotec.

« Bien que des mesures forcées ne puissent être exclues à ce stade, Airbus travaillera avec ses partenaires sociaux pour limiter l'impact de ce plan en s'appuyant sur toutes les mesures sociales disponibles, y compris les départs volontaires, les mesures de retraite anticipée, ainsi que le chômage partiel de longue durée pour les activités qui s'y prêtent », affirme l'avionneur qui entend conclure en 2020 les discussions avec les syndicats.

Le plan social vise la suppression de 14 931 emplois, dont 4 952 en France (3 488 dans la branche avions commerciaux et 1 464 chez Stelia Aerospace), selon le syndicat CFE-CGC pour qui « aucun départ contraint de salariés du groupe ne pourra être envisagé ».

Bercy fait grise mine

Peu de temps après cette annonce, le ministère français de l'Économie a jugé « excessif » mardi le nombre de suppressions d'emplois annoncé par Airbus. « Nous attendons d'Airbus qu'il utilise pleinement les instruments mis en place par le gouvernement pour réduire le nombre de suppressions d'emplois », a précisé Bercy dans une déclaration transmise à l'AFP. « Le secteur de l'aéronautique fait face à un choc massif, brutal et durable. Il est fort probable que la reprise sera progressive. Nous ne l'avons jamais caché. Nous l'avons même anticipé avec la mise en oeuvre d'un plan de 15 milliards d'euros pour soutenir le secteur », poursuit le ministère. « Néanmoins, le chiffre de suppressions d'emplois annoncé par Airbus est excessif », selon la même source.

Les « aides publiques ne sont pas là pour financer des licenciements », a protesté la CFE-CGC dans un communiqué mardi soir. Cette crise est conjoncturelle, il faut réduire le nombre de départs sous peine de faire courir un « risque lourd » pour l'avenir prévient Force ouvrière, le premier syndicat du groupe qui assure qu'il va négocier sans envisager l'appel à la grève, pour l'instant.

« Pas de mesure de licenciement contraint, ça c’est la ligne rouge, a réagi Jean-François Knepper de FO au micro de Radio France. Une piste qu’on va exploiter notamment, c’est la nécessité d’implanter une chaîne d’Airbus A321 à Toulouse. On s’appuiera sur les dispositions législatives et donc le temps partiel de longue durée, y compris pour gérer les fins de carrière, des départs anticipés… Toutes ces mesures devront se faire de façon volontaire. Si ce plan social nous est imposé en six mois, ce serait évidemment très compliqué. S’il nous est imposé en deux ans, alors nous aurons la possibilité de faire partir des salariés âgés. »

La plus grave crise que le secteur ait connue

Airbus, qui a baissé en avril de plus d'un tiers ses cadences de production pour faire face à un marché du transport aérien qui s'est effondré, est « confronté à la crise la plus grave que ce secteur ait jamais connue », a déclaré le président exécutif d'Airbus, Guillaume Faury.

Les suppressions de postes touchent la branche aviation commerciale, la plus importante du groupe et ne concernent pas la division Airbus hélicoptères ni la branche Defense and Space. Confrontée à un marché difficile, cette dernière avait déjà annoncé en février un plan de restructuration prévoyant 2 665 suppressions de postes.

(Avec AFP)

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