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France: la Cour des comptes appelle à maîtriser la dette «dans la durée»

Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, le 30 juin 2020.
Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, le 30 juin 2020. AFP

En France, la Cour des comptes s'est dit inquiète d'une dette non maîtrisée et appelle à un effort « dans la durée ». Pierre Moscovici, le premier président de l'institution a insisté sur le « sérieux [...], la prévisibilité, en aucun cas l'austérité ».

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Lors d'une conférence de presse ce 30 juin, le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, a présenté le dernier rapport  sur la situation et les perspectives des finances publiques en France et notamment sur les conséquences de la crise mondiale majeure qu'a été l'épidémie de Covid-19.

La Cour des comptes alerte le gouvernement sur la nécessité d'un effort « dans la durée » pour maîtriser la dette publique. Elle juge en effet que « sans action de redressement, le déficit risque d'être durablement très élevé  ».

Le gouvernement s'attend cette année à une récession historique de -11%, avant un rebond de l'économie l'an prochain. Mais la Cour des comptes met en garde ce dernier et l'incite à ne pas « tout attendre » de la croissance, car même le scénario le plus optimiste d'une reprise rapide ne permettra pas à la France de retrouver son niveau d'endettement d'avant crise d'ici à 2030. 

L'institution appelle ainsi le gouvernement à définir une trajectoire de désendettement dans la future loi de programmation des finances publiques « au plus tard » au printemps prochain. « Il n'y a pas besoin d'attendre », a estimé Pierre Moscovici.

La « dette Covid-19 » isolée

La France, comme tous les autres pays du monde, s’est endettée très lourdement pour faire face au coronavirus. Le gouvernement compte isoler cette dette, la traiter à part en quelque sorte. C’est ce qu’a annoncé lundi 29 juin le ministre de l’Économie, Bruno le Maire, devant l’Assemblée nationale, à l’occasion de l’examen d’un nouveau budget de crise.

En 2020, le gouvernement table désormais sur une dette publique atteignant 120,9% du PIB. Cent points de « dette initiale », selon le détail donné par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, et un peu plus de 20 points, donc, de « dette Covid », soit environ 150 milliards d’euros. Un surcroît d’endettement créé par les aides massives apportées à l’économie : chômage partiel, prêts garantis et plans de soutien.

Ces 20 points, « cantonnés » à part, selon la terminologie officielle, ne seront pas financés par une augmentation des impôts, promesse faite par le président Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution télévisée, mais par l’activité. Le gouvernement se donne « une vingtaine d’années » pour y parvenir.

Isoler cette dette exceptionnelle est donc une manière de se donner davantage de temps pour l’honorer, et aussi d’y consacrer des moyens spécifiques. Aucune précision n’a encore été donnée, mais le journal Les Echos évoque une possible nouvelle prolongation de la CRDS. Une taxe donc, mais qui concerne essentiellement les revenus d’activité. La CRDS devait disparaître en 2024 ; elle a déjà été prolongée le mois dernier pour neuf années afin de financer la « dette sociale », issue des dépenses de santé, elle aussi évidemment creusée par le coronavirus.

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