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La demande mondiale de pétrole pourrait avoir atteint un pic, selon le géant pétrolier BP

La consommation de pétrole va décliner dans les pays développés, selon British Petroleum.
La consommation de pétrole va décliner dans les pays développés, selon British Petroleum. Getty Images/Photo 24/Brand X Pictures
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La demande de pétrole n’augmentera plus car le pic de consommation serait atteint, prédit British Petroleum (BP), l’une des plus grandes majors pétrolières mondiales. Selon son rapport annuel, la consommation de pétrole devrait rester « stable », autour de 100 millions de barils par jour pour les vingt prochaines années, avant de descendre à 95 millions de barils en 2050.

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Le géant britannique des hydrocarbures British Petroleum (BP) a indiqué lundi 14 septembre que la demande de pétrole dans le monde pourrait avoir déjà atteint son pic et ne plus cesser de décliner en raison des conséquences de la pandémie et de la transition énergétique.

« La demande pour les carburants liquides continuera à progresser en Inde, dans d'autres pays d'Asie et en Afrique », mais elle sera « compensée par le déclin de la consommation dans les économies développées ». L’année dernière, BP prévoyait encore une augmentation de la demande dans les années à venir, mais le coronavirus est passé par là.

Le comportement des consommateurs change

Que penser de ces perspectives de déclin annoncé de la consommation de pétrole, qui plus est de la part d’un géant du secteur ? « La demande va atteindre un pic. Est-ce que c’est 2020, 2025 ou 2030 ? La question est ouverte. On a vu avec 2009, la crise financière, une forte de baisse de la demande et puis après, c’est reparti. La différence, c’est qu’aujourd’hui, on est dans un monde où on a de plus en plus d’énergies alternatives. On a aussi une volonté de trouver une solution au climat », analyse Thierry Bros, analyste dans le secteur de l’énergie et professeur à Science-Po Paris.

Le professeur à Science-Po Paris constate : « Maintenant, vous avez des comportements de consommateurs qui changent, et ses comportements peuvent changer pour une croissance ou une décroissance de la demande. J’en citerai deux. L’aviation sera très fortement impactée. On ne risque plus de prendre l’avion aussi souvent qu’on le prenait avant. Par contre, dans un monde de pandémie, il y a peut-être des chances que l’on prenne sa voiture plus souvent par rapport à des transports en commun. »

Des intérêts de l’industrie

British Petroleum, qui est l’une des premières majors pétrolières mondiales, peut-elle avoir un intérêt stratégique à faire passer ce genre de message ? « Je ne vois pas bien l’agenda caché qu’il pourrait y avoir ici. Je crois qu’il y a effectivement une volonté des grandes sociétés de s’adapter à la transition énergétique et pour s’y adapter, il faut la prédire. Et c’est une prédiction », estime Thierry Bros.

De son côté, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a abaissé mardi 15 septembre ses prévisions d'évolution de la demande pétrolière pour cette année en raison de la crise sanitaire, évoquant des perspectives encore plus « fragiles » pour le marché.

Elle s'attend ainsi désormais à une chute annuelle de 8,4 millions de barils par jour (mb/j) de la demande mondiale cette année, contre 8,1 mb/j attendus dans le précédent rapport. L'an prochain, la demande devrait rebondir et au final s'établir à 97,1 mb/j l'an prochain, à un niveau toujours inférieur à celui de 2017.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) s'était déjà montrée plus pessimiste pour la demande mondiale de pétrole cette année et en 2021, citant la faiblesse persistante dans certains pays asiatiques à la suite de la pandémie de Covid-19.

►À lire aussi : Coronavirus: pertes colossales pour les compagnies pétrolières

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