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France: les plans sociaux se mutiplient, les syndicats font leur rentrée

La manifestation contre les suppressions d'emplois et pour les augmentations de salaire ce jeudi 17 septembre à Paris.
La manifestation contre les suppressions d'emplois et pour les augmentations de salaire ce jeudi 17 septembre à Paris. REUTERS/Gonzalo Fuentes
Texte par : RFI Suivre
8 mn

En France, la rentrée syndicale s'est ouverte avec plusieurs cortèges qui ont défilé ce jeudi à Paris, Marseille, Nantes, Rennes ou Bordeaux à l'appel de la CGT, de Solidaires et de la FSU. Les syndicats dénoncent entre autres des suppressions d'emplois qui se sont multipliées ces dernières semaines. Depuis mars, le nombre d'emplois supprimés a triplé par rapport à la même période de 2019.

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Depuis le début de la crise du Covid-19, le marché du travail est dans le rouge. Aucun secteur n'est épargné : de l'enseigne d'ameublement Alinéa en passant par Nokia, BFM TV/RMC ou encore Auchan, les entreprises licencient à tour de bras. Dernier en date, le fabricant japonais de pneus Bridgestone qui doit fermer en 2021 son site dans le nord de la France.

À écouter et lire aussi : La fermeture de Bridgestone, un nouveau signal du déclin de l’industrie française

Depuis mars, 394 plans de sauvegarde de l'emploi ont été recensés, contre 249 sur la même période l'an dernier. Et ce malgré les plans d'aide décidés par le gouvernement.

Au total, cela pourrait représenter 715 000 emplois détruits à l'issue du premier semestre marqué par deux mois de confinement strict.

Pour Olivier Augustin, ouvrier monteur chez Renault, le problème est avant tout la course au profit...

Ecoutez le reportage dans la manifestation parisienne.

Cette vague de licenciements provoque l'incompréhension des salariés et des élus locaux. Le gouvernement, lui, hausse le ton. Le Premier ministre, Jean Castex, invite les entreprises à conclure d'ici au 1er novembre des accords d'activité partielle de longue durée. L'objectif étant d'empêcher une explosion du chômage, qui devrait atteindre 9,5% de la population active à la fin de l'année.

À écouter aussi : Fermeture de Bridgestone: «Pour chaque emploi perdu vous créez trois gilets jaunes»

Baisse des exportations françaises de 100 milliards d'euros en 2020

À cause de la crise sanitaire les exportations françaises de biens vont se contracter de 100 milliards d'euros cette année par rapport à l'an dernier. C'est ce qu'estime dans une étude Euler Hermès. Selon la société française d’assurance-crédit, les exportateurs français vont surtout souffrir de la récession économique dans l'Union européenne.

Tout d'abord, c'est le secteur de la chimie qui va subir de plein fouet ce recul de la demande. Et qui dit chimie, c'est bien sûr l'appareil industriel, l'appareil productif qui fait que la demande adressée à la France est moindre.

Selin Ozyurt, économiste en charge de la France chez Euler Hermes


♦ Bridgestone : match à distance entre Le Pen et Bertrand

Bridgestone promet de « tout faire » pour minimiser les conséquences sociales de la fermeture de son site de Bethune, dans le nord de la france. Une fermeture « révoltante », selon le ministère de l'Économie Bruno Lemaire. Depuis l'annonce de cette décision, qui concerne 869 emplois, l'ensemble de la classe politique française s'indigne. Certaines personnalités d'opposition se sont même déplacées, dont Xavier Bertrand et Marine Le Pen. Pas anodin à l'approche des régionales.

La rencontre a eu lieu à la mairie de Bruay-La-Buissière, petite ville du bassin minier tombée aux mains du Rassemblement national en juin dernier. D'un côté, Marine Le Pen, de l'autre, des représentants des 869 salariés de l'usine de Bethune située à quelques kilometres à peine.

Pas de déclaration à la presse pour la présidente du RN qui joue la discrètion mais dénonce dans un communiqué un gouvernement incapable de contrer la désindustrialisation et occupe, mine de rien, le terrain social dans une région que le parti aimerait remporter en mars prochain.

24h plus tôt, c'est justement le président sortant des Hauts-de-France candidat à sa réélection qui se rendait, sous l'oeil des caméras cette fois, sur le site. Un Xavier Bertrand en colère contre la direction de Bridgestone : « menteuse », « cynique », mais pour l'instant aux côtés du gouvernement pour tenter de faire reculer la société japonaise.

« Pas sûr que les déclarations politiques suffisent, il va falloir des actes », persiffle un bon connaisseur d'une vie politique française marquées par les tentatives de sauvetages de sites industriels largement médiatisées – Florange, Goodyear –, des tentatives qui n'ont pas empeché leur fermeture.

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