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France: face à l'offre de rachat de Veolia, Suez veut dorloter ses actionnaires

Des employés de Suez manifestent au siège d'Engie, à La Défense, le 22 septembre 2020.
Des employés de Suez manifestent au siège d'Engie, à La Défense, le 22 septembre 2020. REUTERS/Charles Platiau
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Alors que Veolia tente de mettre la main sur son concurrent Suez, plusieurs centaines de salariés ont manifesté mardi 22 septembre devant la Tour Engie, à La Défense, à l’appel de l’intersyndicale de Suez. Rétive à cette proposition, l’entreprise se lance dans l’opération séduction de ses actionnaires pour mettre toutes les chances de son côté.

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Veolia a avancé ses pions. Fin juillet, Engie, qui est propriétaire de Suez à hauteur de 32% du capital,a annoncé vouloir se recentrer sur l'énergie et, après avoir tergiversé pendant des années, s'est décidé à céder ses parts.

Veolia a alors proposé 2,9 milliards d'euros pour l'achat de 29,9% du capital avec pour objectif de lancer ensuite une opération pour racheter les parts des autres actionnaires et créer « un super champion mondial français de la transformation écologique ». Un montant jugé insuffisant, pour Engie.

De son côté, Suez,spécialiste du traitement de l'eau et du recyclage, est contre ce rachat par son concurrent : l'entreprise ne veut pas perdre son « indépendance ». Elle serait aussi, de fait, scindée. Car Veolia vendrait l'activité « eau » à un fonds français, Meridiam, pour ne pas endreindre les lois anti-trust.

Le président d'honneur d'Engie et Suez, Gérard Mestrallet, ne veut pas entendre parler de cette offre et accuse Veolia d'avoir lancé une opération hostile visant à détruire Suez.

Opération séduction

Suez vient de lancer une opération séduction auprès de ses actionnaires. L'entreprise s'est engagée mardi 22 septembre à doubler la valeur de son titre pour les actionnaires d'ici à 2022 et entend accélérer la mise en œuvre de son plan stratégique. Au menu, une cession de 4 milliards d'euros d'actifs dès le début de 2021, avec plus de deux ans d'avance sur ce qui était prévu.

Suez promet aussi de réaliser 1,2 milliards d'euros d'économie par an à l'horizon 2023, contre un milliard auparavant. En attendant, Suez fait miroiter le versement d'un dividende exceptionnel d'au moins un milliard d'euros « dès que possible » – au plus tard au premier semestre 2021.

Car pour l'instant, Suez n'a pas vraiment d'alternative pour échapper à Veolia. Sommé par Engie de trouver une solution, Suez s'est lancé à la recherche d'investisseurs. Quelques-uns ont manifesté leur intérêt, dont le fonds français Antin. « Beaucoup d'investisseurs, notamment des fonds, peuvent être intéressés par ce secteur, estime Xavier Regnard, analyste chez Bryan Garnier répondant à l'AFP. Globalement, ces activités offrent une bonne visibilité, et historiquement, ces sociétés distribuent de bonnes dividendes ».

Calendrier serré

Mais décrocher une offre solide prend du temps. Les investisseurs doivent regarder dans le détail les données financières, évaluer le prix qu'ils sont prêts à mettre, entre autres.

Or, du temps, Suez en a peu. L'offre de Veolia court jusqu'au 30 septembre et vendredi 25 septembre, le conseil d'administration d'Engie se réunira pour examiner les propositions sur la table. Si Veolia vient d'ouvrir la porte à une nouvelle discussion du prix, sa directrice générale adjointe Estelle Brachlianoff ne souhaite pas transiger sur le tempo.

Tous les acteurs ne veulent pourtant pas suivre ce rythme. Le gouvernement, par exemple, essaie désormais de temporiser. Dans un premier temps, le Premier ministre Jean Castex jugeait que la proposition de Veolia faisait sens sur le plan industriel. Mais la semaine dernière, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire assurait que l'État, actionnaire de référence d'Engie, refuserait toute précipitation. Cela « parce que quand il y a des dizaines de milliers d'emplois qui sont en jeu, on ne se précipite pas », a-t-il argumenté.

Les différents acteurs auront l'occasion de donner un éclairage sur leur stratégie mercredi 23 septembre : les patrons de Suez, Veolia et Meridiam seront alors entendus par les députés des commissions des Finances et des Affaires économiques.

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