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France: l'État au secours de LVMH pour repousser le rachat de Tiffany

LVMH devait acheter Tiffany pour quelque 16 milliards de dollars, avant d’annoncer, le 9 septembre, qu’il ne pouvait plus boucler l’opération en l'état.
LVMH devait acheter Tiffany pour quelque 16 milliards de dollars, avant d’annoncer, le 9 septembre, qu’il ne pouvait plus boucler l’opération en l'état. REUTERS/Christian Hartmann
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Nouveau rebondissement dans le divorce entre LVMH, le géant français du luxe, et le joaillier américain Tiffany. Le ministre français des Affaires étrangères aurait envoyé une lettre demandant à LVMH de repousser l’achat de Tiffany à la demande de l’Élysée, selon une source proche du chef de l’État.

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LVMH devait acheter Tiffany pour quelque 16 milliards de dollars, avant d’annoncer, le 9 septembre, qu’il ne pouvait plus boucler l’opération « en l’état » à la date prévu, le 26 novembre. Tiffany a aussitôt saisi la justice pour obliger le groupe français à respecter les termes de l’accord. Un procès éclair de 4 jours doit commencer le 5 janvier au tribunal du Delaware, aux États-Unis.

Dans sa lettre à LVMH, Jean-Yves Le Drian justifiait sa demande de report d’achat de Tiffany au-delà du 6 janvier en « réaction à la menace américaine de taxes sur les produits français ». C’est une première raison.

Mais il y a aussi le Covid-19 qui s’est abattu sur le monde après la promesse de mariage entre LVMH et Tiffany. Le secteur du luxe perd de sa superbe, le titre de Tiffany descend en flèche. Dès mars, LVMH aurait tenté de faire baisser le prix d’achat de l’action du joaillier négocié à 135 euros, un prix pré-Covid-19 jugé beaucoup trop cher aujourd’hui.

Bruno Le Maire sollicité

Pour l’y aider, selon une source proche du dossier, Bernard Arnaud aurait d’abord demandé l’intervention de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, sans succès. Il aurait ensuite sollicité le chef du Quai d’Orsay cet été, ce que le patron de LVMH réfute.

Selon un proche de l’Élysée, Jean-Yves Le Drian aurait écrit à LVMH à la demande du chef de l’État pour envoyer « un signal aux Américains » dans la guerre commerciale en cours et pour permettre à Bernard Arnault de repousser l’acquisition de Tiffany à des jours meilleurs ou de renégocier son prix d’achat à la baisse.

Pour LVMH, les conditions de réalisation de l'acquisition ne sont plus réunies

Alors que la date du début du procès a été fixée au 5 janvier 2021, le président du conseil d'administration de Tiffany, Roger Farah, s'est exprimé sur cette décision de justice dans un communiqué : « Nous démontrerons à la Cour que LVMH est en violation flagrante de ses obligations en vertu d'un accord valide et contraignant et que leur argument d'un effet défavorable important est totalement sans fondement. »

Le groupe français a indiqué de son côté avoir « pris acte » de la décision de justice. « LVMH est pleinement confiant dans sa capacité à repousser les accusations de Tiffany et à convaincre la Cour que les conditions de réalisation de cette acquisition ne sont plus réunies », a affirmé le groupe dans un communiqué.

« À cet égard, LVMH démontrera au cours des prochains mois à la justice américaine que la mauvaise gestion de Tiffany durant la crise du Covid-19 constitue un effet défavorable important », a ajouté LVMH.

À lire: LVMH joue la carte du patriotisme économique pour justifier l’abandon de Tiffany

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