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France: une rentrée marquée par des plans sociaux en cascade

Des employés de Bridgestone rassemblés devant l'usine de Béthune, le 17 septembre 2020.
Des employés de Bridgestone rassemblés devant l'usine de Béthune, le 17 septembre 2020. AP Photo/Michel Spingler
Texte par : Altin Lazaj
4 mn

À cause de la crise sanitaire qui perdure, ces dernières semaines, les annonces de plans sociaux ou de restructurations se multiplient en France. Et ce n'est pas prêt de s'arrêter, malgré les mesures gouvernementales.

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Ces dernières semaines, une vague de plans sociaux et de restructurations s'est abattue sur la France : de l'enseigne d'ameublement Alinéa en passant par Nokia, BFMTV/RMC ou encore Auchan, la liste ne cesse de s'allonger.

Au 13 septembre, 394 plans de sauvegarde de l'emploi étaient recensés depuis mars, contre 249 sur la même période l'an passé. Cela représente près de 57 000 emplois supprimés, soit trois fois plus qu'à la même période en 2019.

Dernière annonce en date qui fait beaucoup de bruits : la fermeture de l’usine Bridgestone à Béthune, dans le Pas-de-Calais, où sont fabriqués des pneus. Au total, 863 salariés sont menacés ainsi que des centaines d’employés chez les sous-traitants.

Un gouvernement irrité

Dans le cas de Bridgestone, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a évoqué une décision « révoltante ». Il a dénoncé aussi les plans sociaux d'aubaine, citant notamment l'exemple de l'américain General Electric qui prévoit de restructurer certaines activités en Europe et notamment en France.

Il ne faut pas oublier que le gouvernement a voulu mettre le paquet, dès le déclenchement de la crise, pour soutenir l’économie et éviter les licenciements en cascade et les faillites. Il a permis aux entreprises de bénéficier du dispositif de chômage partiel, du report de charges, du fonds de solidarité ou des prêts garantis par l’État.

Le gouvernement a également débloqué des aides ciblées pour les secteurs les plus touchés comme l’aéronautique, l’automobile, la restauration, ou encore le tourisme. Ces aides d’urgence ont certes permis d’éviter des restructurations ou des licenciements massifs au plus fort de la crise sanitaire, mais les prochains mois seront très compliqués.

Le pire est à venir

L’exécutif était conscient, dès le mois de juillet, que la situation s'aggraverait. Le nombre de chômeurs pourrait croître d’un million d’ici le printemps 2021. La pandémie continue sa progression et les difficultés des entreprises s’accumulent. Or certaines aides d’État arrivent à terme.

On attend donc une avalanche de plans sociaux et de restructurations, surtout à partir de 2021. Et pas seulement dans les grandes entreprises dont les annonces font la Une des médias. Les difficultés s'amoncellent aussi dans les petites et moyennes entreprises.

La pandémie, accélérateur ou déclencheur ?

Certaines entreprises étaient déjà en difficultés avant la crise, comme celles du secteur de l’habillement. Pour ces dernières, la pandémie a accéléré leurs chutes, et donc les restructurations pour leur permettre de survivre deviennent inévitables.

Et puis il y a celles qui ne souffraient pas avant la crise mais qui ont vu leur activité chuter en raison du Covid-19 et qui ont dû prendre des mesures. C'est le cas, notamment, de l'industrie aéronautique. Les avions des compagnies aériennes ne volent presque plus, une situation qui risque de perdurer à cause de la progression du virus.

Enfin, il y a des grands groupes qui profitent de la crise sanitaire pour fermer des sites ou mettre en place des plans sociaux, comme Bridgestone, General Electric dont les plans sont dénoncés par le gouvernement. Il y a donc sans doute quelques effets d'aubaine parmi ces restructurations. Pour la CGT, les trois quarts des restructurations n'ont pas de rapport avec la pandémie.

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