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La production mondiale de vin en 2020 marquée par les calamités météo et le Covid

Cette année, la production de vin dans le monde est sous la moyenne en raison du changement climatique et de la pandémie du coronavirus, selon l'OIV. 
Cette année, la production de vin dans le monde est sous la moyenne en raison du changement climatique et de la pandémie du coronavirus, selon l'OIV.  AFP / Jean-Pierre Muller
Texte par : Agnieszka Kumor
5 mn

La production mondiale de vin reste stable, mais sous la moyenne. L’année 2020 a été marquée par les baisses de production en Amérique du Sud et les limitations de la production en Europe à cause de la crise du Covid, selon les premières estimations de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). 

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Après avoir analysé les données fournies par trente pays producteurs, l’organisation basée à Paris situe la production mondiale de vin cette année entre 253,9 et 262,2 millions d’hectolitres (par rapport à la moyenne de 258 millions d’hectolitres, ces cinq dernières années). « La production est sous la moyenne, mais ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, a estimé Pau Roca, directeur général de l’OIV lors de la visioconférence, vu le contexte très difficile cette année. » En cause, les tensions géopolitiques, le changement climatique et la pandémie du coronavirus. 

En Amérique du Sud, une sécheresse et des incendies

Frappées par une sécheresse historique, des régions entières de l’Amérique du Sud ont connu des incendies dévastateurs, ravageant forêts et zones humides. Et ce après une année 2019 marquée par de fortes pluies et des inondations. Les principaux pays producteurs de cette région du monde, l’Argentine et le Chili, accusent des baisses de production de vin sans précédent : 10,8 mln hl pour l’Argentine (soit une baisse de 17%) et 10,3 mln hl pour le Chili (soit une baisse de 13%).

Alors que l'Amazonie et le Pantanal à la biodiversité extrêmement riche ont également été ravagés par les flammes, le Brésil a réussi à maintenir sa production de l’année dernière (2,2 mln hl).

Le vin a également le goût d’incendies en Australie. Même si la plupart des producteurs ont réussi à sauver leurs vignes, la production de vin en Australie est en baisse de 11% (10,6 mln hl).

Les incendies continuent en Californie

En revanche, les fameux vignobles de la Napa Valley et de Sonoma ont été victimes des flammes, et il y a eu des morts. Une partie de la production du raisin pourrait s'avérer inutilisable à cause de l'odeur de fumée qui persiste dans les fruits ramassés. En conséquence, il est trop tôt, selon le directeur général de l’OIV, pour dire quel impact auront ces incendies sur la production globale de vin aux États-Unis. Les premières estimations basées sur celles du département américain de l'agriculture (USDA) tablent sur une production de 24,7 mln hl (en hausse de 1%). Mais ce chiffre pourrait être « revu significativement dans les mois à venir » lorsque « les effets réels des feux dans les vallées viticoles de Napa et Sonoma seront évalués ».

Les régulateurs limitent la casse en Europe

Dans l'Union européenne, la récolte est estimée à 159 mln hl avec un recul de 1% pour le premier producteur mondial, l’Italie (47,2 mln hl), devant la France (43,9 mln hl) et l’Espagne (37,5 mln hl). La production de ce trio de tête est en dessous de leur moyenne quinquennale. Ceci résulte notamment de régulation du marché en amont. Certains vignobles ont, en effet, volontairement réduit leurs volumes pour ne pas trop affecter les prix déjà tirés vers le bas par la crise du Covid-19. 

L’Afrique du Sud respire

Une lueur d’espoir vient du côté de l’Afrique du Sud. Après deux années de sécheresse, le principal pays producteur du continent renoue avec la normalité et même avec une légère hausse de 7% de la production. Les prévisions de l’OIV pour cette année situent la production sud-africaine de vin à 10,4 mln hl.

► À écouter et lire aussi : L'Afrique du Sud, l'autre pays du vin

Les échanges commerciaux de vin en baisse à l’heure du Covid

Le Covid a eu raison des exportations européennes de vin vers d’autres parties du monde, surtout vers les États-Unis qui restent le premier marché du vin dans le monde. L’occasion pour l’Argentine d’augmenter ses expéditions de 52%. Une hausse due à ses exportations vers l’Espagne et les États-Unis. 

Aussi, l'OIV anticipe une baisse des ventes de vin de quelque 10% sur la planète cette année, marquée par les circonstances exceptionnelles de la pandémie et du confinement qui ont fermé tous les restaurants du monde quasiment en même temps, et des taxes américaines qui continuent de peser sur plusieurs vins européens. 

► À écouter aussi : Quand le vin suédois prend de la bouteille

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