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Entretien exclusif

Kristalina Georgieva (FMI): Restructuration de la dette: «Il faut une mise en œuvre rapide »

Kristalina Georgieva, directrice Générale du FMI (ici lors du Forum de Paris le 12 novembre 2020) est l'invitée spéciale de RFI pour cette journée spéciale sur  les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19.
Kristalina Georgieva, directrice Générale du FMI (ici lors du Forum de Paris le 12 novembre 2020) est l'invitée spéciale de RFI pour cette journée spéciale sur les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19. REUTERS - POOL

Alors que s’ouvre ce samedi 21 novembre le sommet du G20, réuni virtuellement sous la présidence de l’Arabie saoudite, l’invitée exclusive de RFI est Kristalina Georgieva. La directrice générale du Fonds Monétaire International appelle les États membres à agir ensemble pour surmonter la pire crise qu’ait connue le monde depuis la Grande Dépression. Étranglés par les dettes, certains pays pauvres en attendent l'allègement voire l'annulation.

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La directrice du Fonds monétaire international invite d'abord à ne pas se féliciter trop vite de la perspective des vaccins annoncés par plusieurs pays, dont les États-Unis. Car « s’il y a de bonnes nouvelles sur le front des vaccins, avec la résurgence de la pandémie, dans de nombreuses régions, ce que nous pensions être le début d'une reprise est en fait une stagnation. (…) Le chemin sera difficile, incertain, les revers sont possibles, en particulier pour nos membres les plus pauvres », estime Mme Georgieva.

Accès au vaccin anti-Covid: une nécessaire solidarité

Ce qui est certain, selon la dirigeante, c’est que la perspective d’un vaccin ne suffit pas si tous les pays ne peuvent y avoir accès. Il faut qu’une solidarité s’exerce. La directrice du FMI salue les institutions européennes qui ont intensifié leur « rôle pour mobiliser un cadre de financement commun pour que les vaccins puissent être distribués dans les pays pauvres ». Selon les calculs du FMI, si tout le monde avait accès au vaccin, 9000 milliards de dollars seraient « sauvés » pour l’économie mondiale.

En attendant, les efforts financiers sont énormes pour les États. « Les économies avancées ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour lutter. Elles ont déployé 20% de leur PIB dans des mesures de soutien, dans les économies émergentes, nous sommes à 6 ou 7% du PIB ; et pour les pays à faibles revenus, seulement 2% », décrit la directrice générale du FMI. Dans ces derniers, le risque est de perdre des décennies d'avancées en termes de développement et dans la lutte contre la pauvreté.

Dès le début de la crise, rappelle Kristalina Georgieva, le FMI a étudié tous les instruments disponibles afin de répondre aux besoins de ses membres : « Nous le faisons en prenant en compte nos capacités financières, et comment nous pouvons avoir recours aux droits de tirages spéciaux. Nous avons déjà déployé les DTS existants, ceux des pays développés qui n'en ont pas besoin pour les assigner aux pays les plus pauvres qui en ont désespérément besoin », détaille la directrice générale du FMI dont les capacités d’emprunt atteignent le millier de milliards de dollars.

Un cadre commun pour la restructuration de la dette 

Après avoir décidé en avril la suspension du service de la dette des pays les plus en difficulté, les ministres des Finances du G20 se sont mis d’accord le 13 novembre dernier sur un nouveau cadre commun pour la restructuration de leur dette, y compris vis-à-vis des créanciers privés. Désormais, selon Kristalina Georgieva, il faut agir vite :

« Nous recommandons fortement de procéder par des évaluation au cas par cas pour ramener l’endettement à des niveaux viables. (…) C'est une manière aussi d'impliquer le secteur privé. Lorsque nous aurons un cadre commun, cela pourra devenir une réalité. Nous avons hâte de tester tout cela mais il faut une démonstration par les faits. Il faut une mise en oeuvre rapide parce qu'il y a déjà des pays qui croulent sous un niveau d'endettement non viable », alerte celle qui fut précédemment directrice générale de la Banque mondiale. 

Dans ce nouveau dispositif, le FMI est amené à jouer un rôle central pour la restructuration de la dette des États en difficulté, notamment vis-à-vis des créanciers chinois : « Nous ne pouvons pas forcer un pays à négocier avec ses créanciers privés, explique toutefois Mme Georgieva. Mais nous pouvons fournir, en particulier dans le cadre d'un programme du FMI, les informations objectives qui indiquent si ces dettes peuvent être remboursées. (…)  Avec la Chine, nous avons eu des échanges très productifs. Dans plusieurs pays, où la dette n'était pas soutenable, nous avons fourni les informations nécessaires à ses pays pour qu'ils puissent négocier avec leurs créanciers, y compris avec la Chine. Je suis optimiste que ce nouveau cadre commun va aider la Chine à mieux évaluer sa propre exposition en tant que créancier », soutient la directrice générale du FMI.

Pour en savoir plus :

Covid-19: comment éviter le naufrage économique?

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