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Les surtaxes américaines sur les vins français prélevées dès ce mardi

Bouteilles de vins français du Médoc lors d'une foire aux vins à Paris.
Bouteilles de vins français du Médoc lors d'une foire aux vins à Paris. AP - Michel Euler
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le service américain des douanes a annoncé ce lundi soir 11 janvier dans une note qu'il commencerait à prélever à partir de ce mardi des taxessupplémentaires sur des produits européens, parmi lesquels despièces détachées pour avions et des vins français et allemands. 

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L'annonce intervient alors même que Washington avait indiqué la semaine dernière suspendre jusqu'à nouvel ordre le projet d'augmentation des droits de douane visant certains produits français importés aux États-Unis.

L'imposition de surtaxes supplémentaires, décidée fin décembre par l'administration américaine, est liée à l’interminable contentieux opposant les États-Unis et l’Europe sur le litige entre Boeing et Airbus au sujet des aides d’État.

Ces surtaxes américaines pourraient coûter plus d'un milliard d’euros à la filière des vins et spiritueux. « C’est un véritable coup de massue dans un combat dans lequel nous n’avons rien à voir », avait déclaré fin décembre à  l'agence Reuters César Giron, président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (FEVS).

La France attend désormais un geste du futur président américain Joe Biden. « Il faut la désescalade, a lancé le ministre français du Commerce extérieur sur France 24. Nous n’avons aucun intérêt entre Européens et Américains à être dans une escalade de surtaxe douanière. Nous appelons les Américains à la désescalade. Pour autant nous voulons être respectés parce que nous ne pouvons pas accepter que les Américains taxent nos produits, sans que nous taxions les leurs, à partir du moment où nous sommes autorisés à le faire par l’OMC. C’est pour ça qu’en fin d’année nous avons pris la décision effectivement de réagir à la politique de surtaxe douanière des Américains en appliquant nos propres surtaxes sur Boeing et sur les produits américains. »

Menaces de Trump

Le couperet de l’annonce d’une extension de la surtaxe de 25 %, qui frappe déjà les vins français, au vin en vrac, aux rouges titrant plus de 14,5 degrés et aux eaux-de-vie à leur entrée sur le territoire américain est tombé le 31 décembre dernier. Seuls les champagne et vins mousseux échappent encore aux mesures douanières de Washington.

La première attaque remonte au 18 octobre 2019, après de multiples menaces proférées par Donald Trump. Le président américain s'était vanté dans ses tweets de vouloir punir « la folie de Macron », qui souhaitait imposer une taxe sur les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), les géants technologiques américains: « J'ai toujours dit que le vin américain est meilleur que le vin français », avait-il lancé le 26 juillet 2019.

À cette date, les vins français sans bulles en bouteille ont subi une taxe de 25 % pour obtenir leur visa d’exportation vers les États-Unis. La sanction a été renouvelée le 15 février, puis le 13 août 2020. Une décision très préjudiciable à la filière viticole hexagonale.

Mauvaise nouvelle nouvelle pour le Cognac

Ces nouvelles surtaxes sont une mauvaise nouvelle en particulier pour les producteurs de cognac, pour lequel les États-Unis sont un marché vital. Près d'une bouteille de cognac français sur deux est en effet commercialisée sur le marché américain, où le marketing vise beaucoup les rappeurs et hipsters ainsi que les clientèles afro-américaines et hispaniques.

Même s'il n'était pas visé par la première salve de taxes, le cognac a déjà subi un recul outre-Atlantique en 2020, probablement en raison de la fermeture des bars, restaurants et clubs durant la pandémie, car il est surtout consommé en cocktail. Les ventes y ont reculé de 4 % en volume à 7,2 millions de caisse, et de 17 % en valeur à 1,1 milliard d'euro sur les dix premiers mois de 2020.

Globalement, sur cette période, la France a vu ses exportations de vins non effervescents vers les États-Unis reculer de 8 % en volume et de 25 % en valeur, à respectivement 11,7 millions de caisses, et 740 millions de d'euros, indique la FEVS.

► À lire aussi : Guerre commerciale avec Boeing: Airbus et l’Union européenne entre apaisement et menace

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