Le laboratoire Aspen contraint de réduire le prix de ses anticancéreux dans l’UE

Commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager salue après avoir contraint le laboratoire Aspen de réduire le prix de ses traitement anticancéreux dans l'Union européenne, lors d'une conférence de presse à Bruxelles le 10 février 2021
Commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager salue après avoir contraint le laboratoire Aspen de réduire le prix de ses traitement anticancéreux dans l'Union européenne, lors d'une conférence de presse à Bruxelles le 10 février 2021 REUTERS - Johanna Geron

La Commission européenne a annoncé mercredi 10 février avoir contraint le laboratoire sud-africain Aspen à réduire drastiquement ses prix pour six médicaments anticancéreux en Europe, après avoir constaté un abus de position dominante. Alors que ces médicaments n’étaient plus protégés par des brevets depuis 50 ans, les prix d’Aspen « dépassaient ses coûts de près de 300% », selon la Commission.

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Face à la pression de la Commission européenne, le laboratoire sud-africain Aspen, s'est engagé à réduire en moyenne de 73% le prix de ses traitements anticancéreux après un bras de fer. Une victoire pour la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager, qui souligne que cette sanction va permettre aux « systèmes de santé européens d'économiser plusieurs dizaines de millions d'euros ».

Dans le collimateur de Bruxelles depuis 2017, Aspen faisait l'objet d'une enquête sur ses pratiques tarifaires. La commission avait alors pointé des hausses démesurées du prix de ces médicaments à partir de 2012, et ce dans tous les pays européens où le laboratoire vendait ces traitements utilisés notamment dans les cancers du sang. Des milliers de patients en Europe en dépendent.

Bruxelles soupçonnait le laboratoire d'avoir profité de sa position dominante pour facturer « à des prix excessifs » ces anticancéreux : ces derniers n'étaient plus protégés par des brevets depuis 50 ans, mais il n'en existait aucun générique.

Selon les conclusions de l'enquête, « les prix pratiqués par Aspen dépassaient ses coûts [de production] de près de 300 % », réalisant ainsi d'énormes bénéfices, très supérieurs à ceux de ses concurrents. « Aucune raison légitime » ne justifiait « le niveau extrêmement élevé des bénéfices d'Aspen », a estimé la Commission.

Une situation à laquelle la commission vient de mettre terme, en contraignant Aspen à revenir à ses prix pratiqués avant 2012, date du début des augmentations abusives. Outre la réduction des tarifs, le laboratoire s'est engagé à ne pas dépasser les nouveaux prix réduits au cours des dix prochaines années et à garantir l'approvisionnement des médicaments concernés pendant la même période.

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