La production mondiale de vin en hausse mais inégale en 2020

L’Italie, la France et l’Espagne cumulent à eux seuls plus de la moitié de la production mondiale de vins.
L’Italie, la France et l’Espagne cumulent à eux seuls plus de la moitié de la production mondiale de vins. De Agostini via Getty Images - DEA / ALBERT CEOLAN

La production mondiale de vin est en légère hausse, mais inégale d’un pays à l’autre. L’Italie confirme sa première place sur le podium devant la France et l’Espagne. Ailleurs dans le monde, les problèmes climatiques ont eu raison de la récolte aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Australie.

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Selon les estimations de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), 260 millions d’hectolitres de vin ont été produits en 2020, en hausse de 1% par rapport à 2019. Une hausse due principalement aux trois pays producteurs – l’Italie (49,1 mln hl), la France (46,6 mln hl) et l’Espagne (40,7 mln hl) – qui cumulent à eux seuls plus de la moitié de la production mondiale de vins.

Dans ces pays, les volumes et la belle qualité de raisins récoltés ont été au rendez-vous grâce à des conditions climatiques favorables aux moments décisifs du cycle végétatif de la vigne. Des volumes et de la qualité qui caractérisent ce millésime 2020 sont une formidable nouvelle pour les vignerons français, dont les parcelles entières de vignes ont été sévèrement gelées en ce mois d’avril. La prochaine récolte en prendra forcément un coup.

Sécheresses et pluies en abondance

En attendant, les aléas climatiques observés un peu partout sur la planète rendent le travail des viticulteurs de plus en plus complexe. Ailleurs en Europe, les sécheresses ont provoqué des baisses de production au Portugal, en Roumanie, en Autriche, en Hongrie et en Grèce. Les ravages de stress hydrique ont pesé de manière significative sur la production en Russie (-4%), en Ukraine (-33%) et en Moldavie (-37%).

Baisse aussi de la production du vin aux États-Unis où les vents secs ont provoqué des feux de forêts sur la côte ouest, en Californie et dans l'Oregon, laissant derrière eux mort et désolation juste avant les vendanges. De par leur goût teinté de fumée, les raisins ramassés étaient souvent inutilisables. Des feux aussi en Australie qui enregistre une troisième année de baisse consécutive de production. En revanche, son voisin néo-zélandais touche les sommets avec une hausse de 11% de sa production de vins.

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Des conditions climatiques défavorables observées également en Amérique du Sud où l’influence d’El Niño, phénomène climatique correspondant au réchauffement accentué des eaux de surface près des côtes, a provoqué des pluies torrentielles et, par conséquent, des baisses de production en Argentine, au Chili et au Brésil.

En revanche, une lueur d’espoir pour l’Afrique du Sud qui se relève des trois années consécutives de sécheresses dévastatrices (en 2016, 2017 et 2018). Des sécheresses qui ont réduit de 8% le vignoble sud-africain qui a perdu 10 000 hectares de vignes. L’Afrique du Sud a produit 10,4 millions d’hectolitres de vins, soit une hausse de 7% de production en 2020.

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La viticulture chinoise moins compétitive

La production viticole en Chine laisse les experts perplexes. Après de belles années de hausse de production locale, et la montée en qualité des vins chinois souvent produits d’après le modèle bordelais, la production chinoise baisse pour la quatrième année consécutive (-16%, en 2020).

En cause, les contraintes techniques et la baisse de productivité dues notamment aux conditions climatiques très difficiles avec les basses températures et le climat sec durant l'hiver et au début du printemps dans la plupart des régions productrices de vins comme dans le nord de la Chine (Hebei et Shandong) ou le nord-ouest (Ningxia et Xinjiang). Des problèmes persistants qui font que l’industrie viticole chinoise est moins compétitive par rapport aux vins importés.

Le marché bouleversé par le Covid, mais résistant

La consommation de vin dans le monde a baissé de 3% en 2020. Un recul marqué par la baisse significative de consommation en Chine (-17,4%), mais moindre que redouté par les professionnels du secteur au regard de l'ampleur de la crise du Covid-19.

Ainsi, les échanges mondiaux de vin ont subi une baisse de 1,7% en volume et de 6,7% en valeur pour atteindre 29,6 milliards d’euros. Plusieurs facteurs sont responsables de cette baisse, très marquée en début d’année et partiellement rattrapée au second semestre. Les restrictions sanitaires dues au Covid-19 avec des confinements répétitifs ont conduit à la fermeture de différents canaux de distribution comme hôtels, cafés ou restaurants (CHR), et ont perturbé le secteur du tourisme. Les échanges de vins ont été également bouleversés par les taxes Trump qui ont frappé certains vins européens, par le Brexit ou encore par les mesures anti-dumping imposées par la Chine sur les vins australiens.

Ce sont les ventes de champagne qui ont été particulièrement pénalisées par les restrictions sanitaires. À l'inverse, le vin vendu en emballage carton a eu le vent en poupe. Aussi, de nouveaux canaux de distribution ont émergé. Par exemple le commerce de vin en ligne a littéralement explosé. Mais aussi « la hausse des ventes de vin en supermarché a assez bien compensé la fermeture des cafés et des restaurants », a conclu Pau Roca, le directeur général de l’OIV. Dans ce sens, le marché de vins a montré une grande résilience face à la crise.

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