Climat: l'OCDE s'inquiète de la recrudescence du financement des énergies fossiles en 2020

La raffinerie de pétrole de Lavera près de Marseille (image d'illustration).
La raffinerie de pétrole de Lavera près de Marseille (image d'illustration). AFP - CHRISTOPHE SIMON

Malgré leur responsabilité dans le réchauffement climatique, les énergies fossiles continuent à être privilégiées. Leurs subventions sont en effet reparties à la hausse dans de nombreux pays, alerte l’OCDE. Selon l’organisation de coopération et de développement économique, le soutien public aux combustibles fossiles a crû de 5% en 2019. 

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Une cinquantaine de pays dont des membres de l’OCDE et du G20 ont dépensé 178 milliards de dollars en 2019 pour soutenir les combustibles fossiles, en particulier le pétrole.

Un rebond qui semble se confirmer en 2020, s’inquiète l’organisation. L'OCDE note en effet que dans le cadre des plans de relance post-Covid-19, de nombreux gouvernement ont apporté un soutien accru aux producteurs d'énergie fossiles. Une augmentation en moyenne de 30% dans les pays de l'OCDE, avec l'Amérique du Nord en tête. 

Ces subventions prennent plusieurs formes : crédits d'impôts, aides directes ou encore investissements dans des infrastructures. Une autre phénomène inquiétant est pointé par l’OCDE : la taxe sur le carbone rejeté dans l’atmosphère demeure bien inférieure au coût réel des émissions de CO2 dans de nombreux pays. Un paramètre pourrait cependant inverser la tendance dans les années à venir. Aux États-Unis, plus grand producteur de pétrole au monde, le président Joe Biden s’est engagé à supprimer les subventions aux combustibles fossiles. 

L'appétit des banques pour les énergies fossiles

Le problème, c'est que l'appétit des banques pour les énergies fossiles n'a pas faibli, cinq ans après les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat. Les 60 plus grandes banques du monde, américaines, chinoises, anglaises ou françaises ont globalement prêté entre 2016 et 2020, 3 800 milliards de dollars au secteur des énergies fossiles, charbon, pétrole et gaz.

En France, une banque comme la Société générale, très présente en Afrique, a décidé de ne plus financer certains secteurs. « D'ores et déjà, nous ne finançons plus de nouveaux projets charbon, en Afrique. Et les clients qui ont une part de charbon importante, nous travaillons avec eux pour faire en sorte qu'ils entrent aussi dans tous les sujets de transition énergétique », explique Laurent Goutard, le responsable de la région Afrique, Méditerranée et Outre-Mer à la Société générale.

Fini le charbon donc pour la Société générale. En revanche, pour le gaz, la troisième banque française continue de soutenir les projets de ses clients. Comme avec Total par exemple, engagé dans l'énorme projet mozambicain. « Notre vision, c'est de le faire de manière raisonnée et raisonnable, en tenant compte aussi de ce que sont les besoins de l'Afrique. À horizon 2050, 500 millions de jeunes africains vont arriver sur le marché de l'emploi, avec des besoins énergétiques colossaux », poursuit Laurent Goutard. 

Pour les défenseurs de l'environnement, être sélectif dans les projets de financement ne suffira pas à sauver la planète d'une crise climatique. Ils appellent la finance mondiale à en prendre clairement conscience.

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