Le monde compte 55 millions de déplacés internes à cause des conflits et du climat

Des enfants sous des abris temporaires mis en place pour les réfugiés rohingyas dans le sud-est du district de Cox's Bazar, le 24 mars 2021.
Des enfants sous des abris temporaires mis en place pour les réfugiés rohingyas dans le sud-est du district de Cox's Bazar, le 24 mars 2021. AFP - MUNIR UZ ZAMAN

L'Internal Displacement Monitoring Centre (IDMC) vient de publier son rapport annuel. Contre toute attente, le nombre de personnes poussées à se déplacer en restant dans le même pays a encore augmenté l'an passé, et ce, malgré la pandémie.

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Chaque seconde, plus d'une personne a été forcée de fuir au sein de son propre pays. Ces déplacés internes sont maintenant deux fois plus nombreux que les 26 millions de réfugiés, qui eux traversent une frontière internationale pour tenter de se mettre à l'abri. Dans l'écrasante majorité des cas en 2020, ce sont les catastrophes environnementales qui sont responsables de ces départs contraints.

Les désastres environnementaux en cause

Cyclones, pluies, moussons et inondations ont en effet frappé l'Asie et le Pacifique. On pense au cyclone Amphan qui a dévasté l'Inde et le Bangladesh. Au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne, ce sont les pluies prolongées qui ont fait des ravages. Une exceptionnelle saison des ouragans dans l'Atlantique a également forcé les gens à se mettre à l'abri.

De plus en plus, les phénomènes climatiques extrêmes touchent des pays en conflit. Conséquence : une personne peut être déplacée plusieurs fois en très peu de temps. « Au Yémen, au Mozambique, des communautés qui vivaient déjà déplacés en raison de conflits, ont dû se déplacer à nouveau à l'issue d'une inondation dans leur camp. Des facteurs environnementaux peuvent venir aggraver des tensions sociales et politiques qui peuvent exister au niveau local et causer des déplacements internes. On l'a vu avec le rétrécissement du lac Tchad qui a été aussi décrit comme l'un des facteurs déclencheurs du mouvement Boko Haram », détaille Alexandra Bilak, directrice de l'IDMC à notre correspondant à Genève Jérémie Lanche.

Des conflits sans fin

Le Sahel est de loin la région qui compte le plus de déplacés à cause des conflits, avec près de 7 millions de personnes déplacées. Les trois pays qui abritent le plus de déplacés eux ne changent pas. Il s'agit de la Syrie, de la République démocratique du Congo où des guerres sans fin poussent les gens à fuir en nombre et souvent pour longtemps.

Le rapport évoque également le rôle aggravant de la pandémie. Elle a non seulement augmenté la précarité des populations déplacées, mais elle a en plus empêché les humanitaires de les atteindre. Tout en laissant les mains libres aux groupes armés, qui pour certains ont augmenté leurs activités, c'est le cas en Colombie, dans un contexte de tension économique.  

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