Reportage

En Irak, le travail des enfants augmente encore avec la crise du Covid-19

Plus d’un million d’enfants travaillaient déjà en Irak avant la crise du coronavirus.
Plus d’un million d’enfants travaillaient déjà en Irak avant la crise du coronavirus. AP - Andrew Medichini

Ce samedi 12 juin marque la Journée mondiale contre le travail des enfants. Selon les dernières estimations, près de 160 millions d'enfants travailleraient aujourd'hui dans le monde, soit une augmentation de 8,4 millions au cours des quatre dernières années. En Irak, le nombre d'enfants qui travaillent ne cessent d'augmenter, en raison des conflits, des déplacements forcés, des défis économiques et plus récemment, de la pandémie. 

Publicité

Avec notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann

En périphérie de Bagdad, des dizaines de gamins sont à la manœuvre : vente de mouchoirs, lavage de pare-brise, distribution d'essence... Qu'ils aient 6 ou 13 ans, ils s'activent sous un soleil de plomb. 

Henrick, un fonctionnaire irakien de 48 ans, passe la majorité de son temps libre ici pour aider financièrement les parents. Et éviter qu'ils n'envoient leurs enfants à la rue. Ici, on l'appelle « Papa Noël ». 

« Comment tu vas, mon chéri ? », demande Henrick à un jeune garçon. « Ça va », répond celui-ci. « Quel âge tu as toi ? - Euh... 10 ans ! - 10 ans et tu ne vas pas à l'école ? - Non, je ramasse des canettes dans la rue. »

Une activité répandue chez les enfants, qui revendent ensuite le métal. La mère du petit garçon, à ses côtés, explique n'avoir guère le choix : « Je sais qu'ils veulent retourner à l'école. Mais je n'ai même pas d'argent pour leur acheter des habits, des pantalons, des livres... Tout le monde ici vit la même situation. » 

► À lire également : Travail des enfants: «Ils portent des sacs lourds dix heures par jour»

« Ils traitent avec des gangsters »

Henrick ne la blâme pas, mais s'inquiète : les petits boulots peuvent vite devenir dangereux en Irak. « Il y a les enfants qui travaillent pour ramener de l'argent à leurs parents, mais il y a aussi ceux qui travaillent pour des mafias, des réseaux, qui incluent des gens très importants. Ces enfants-là, ils prennent de gros risques, parce qu'ils traitent avec des gangsters, des alcooliques, des drogués. »

Plus d’un million d’enfants travaillaient déjà en Irak avant la crise du coronavirus. Un chiffre qui pourrait bien augmenter après une hausse de la pauvreté dans le pays.

► À lire aussi : Le travail des enfants progresse pour la première fois en Afrique depuis 20 ans

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail