La Banque centrale européenne lance le chantier de l'euro numérique

Siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, en Allemagne.
Siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, en Allemagne. AFP/Archivos

Face à la multiplication des cryptomonnaies, l’euro numérique pourrait voir le jour d’ici 2025. La Banque centrale européenne (BCE) donne ce mercredi 14 juillet son feu vert à ce projet, le plus important depuis l’introduction de l’euro. 

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Neuf mois après la publication d'un rapport préliminaire et une vaste consultation publique, la Banque centrale européenne a décidé de « passer à la vitesse supérieure et de lancer le projet de l'euro numérique », a annoncé sa présidente Christine Lagarde. L'institut va lancer la « phase d'investigation » de ce projet d'euro numérique qui a pour objectif d'offrir la « forme de monnaie la plus sûre », celle de la « monnaie de banque centrale », indique un communiqué publié à l'issue d'une réunion du conseil des gouverneurs à Francfort. La décision ferme sur le lancement d'un euro numérique interviendra seulement après cette phase exploratoire de 24 mois.

Avec l'euro numérique, les consommateurs pourraient régler des achats à la caisse d'un supermarché, en ligne via une application sur smartphone, également hors ligne à l'aide de cartes de paiement similaires à la carte de débit. Mais comme il ne faudra pas non plus aggraver la fracture numérique au sein des sociétés, l'euro numérique ne remplacera pas l'argent liquide.

Faciliter les virements

L'objectif de la BCE est d'accompagner le développement des paiements dématérialisés, qui s’est accéléré avec la pandémie. « Un euro numérique serait l’équivalent des billets en euros, mais sous forme dématérialisée. Cette forme de monnaie électronique serait émise par l’Eurosystème (la BCE et les banques centrales nationales) et accessible à tous, ménages comme entreprises. Un euro numérique existerait parallèlement aux espèces, sans les remplacer », précise la Banque centrale européenne

L’Institut de Francfort pointe, également, la menace des cryptomonnaies privées comme le bitcoin, ou étrangère comme le yuan numérique, déjà disponible dans les grandes villes chinoises.  L'enjeu pour la BCE, est de persuader les consommateurs européens, de passer à un nouveau moyen de paiement, sécurisé, rapide et stable. Ce qui n’est pas le cas, aujourd’hui, avec le bitcoin, dont le cours est soumis à de fortes variations.

Cet euro numérique permettra, également, de faciliter les virements ou les paiements entre Européens, en limitant les frais bancaires. La BCE a d’ores et déjà mené plusieurs expérimentations, sur les transactions de marchés. Reste un risque majeur, c’est que cet euro numérique, fragilise le secteur bancaire traditionnel. C’est pourquoi de nombreux experts, comme le président de la Banque de France, préconise, qu’un montant maximum de détention soit fixé.

Les ministères français et allemand des Finances ont salué mercredi 14 juillet la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de lancer un projet pilote « important ». Ce programme, aux implications « considérables » pour les citoyens européens, « sera conditionné à une décision politique à prendre par les États membres », énonce ainsi un communiqué conjoint. Par conséquent, une « implication étroite des États  » tant au niveau « politique que technique » est nécessaire pour définir les attributs de cette future monnaie.

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