Pétrole: l'AIE anticipe un fort rebond de la demande

La demande de pétrole devrait bientôt rebondir selon l'AIE (image d'illustration).
La demande de pétrole devrait bientôt rebondir selon l'AIE (image d'illustration). AFP - PAUL RATJE

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a dit ce mardi 14 septembre s'attendre à un fort rebond de la demande pétrolière mondiale, après trois mois de contraction cet été, causés par la résurgence de cas de Covid-19 en Asie.

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Dans son rapport mensuel sur le pétrole, l'agence basée à Paris estime que la demande en or noir s'est contractée « pendant trois mois consécutifs », de juillet à septembre. « La demande pétrolière mondiale reste sous pression du virulent variant Delta du Covid-19 dans des régions consommatrices clefs, particulièrement en Asie », écrivent les experts de l'AIE.

Après un fort rebond en juin, ils estiment ainsi que la demande se sera contractée de 310 000 barils par jour chaque mois en moyenne sur les trois mois jusqu'à septembre inclus. Mais « des signes émergent déjà sur une baisse des cas de Covid et la demande devrait rebondir fortement de 1,6 millions de barils par jour en octobre et continuer à croître jusqu'à la fin de l'année », ajoute cependant l'AIE.

Lundi, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avait estimé que la demande mondiale de brut devrait dépasser son niveau d'avant la pandémie l'an prochain, tirée par la vaccination et la reprise économique. Le cartel et ses alliés au sein de l'Opep+, après avoir restreint leur production durant la crise afin de soutenir les cours, pompent graduellement un peu plus de brut pour alimenter un marché qui se reprend.

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L'AIE, qui conseille des pays développés sur leur politique énergétique, note que l'ouragan Ida a fortement limité la production américaine dans le Golfe du Mexique, incitant à puiser dans les stocks de pétrole.

« Le marché devrait se rapprocher de l'équilibre à partir d'octobre si l'Opep+ continue d'abandonner ses restrictions de production, note l'AIE. Mais même dans ce cas, ce n'est qu'au début de 2022 que l'offre sera suffisante pour permettre aux stocks d'être reconstitués. »

Les prévisions extrêmement optimistes, avancées notamment par l’Agence internationale de l’énergie, ont laissé croire aux gens que l’après pétrole était imminent. Ce n’est pas le cas. Il faut donc, d’un côté, investir davantage dans les sources alternatives propres, mais de l’autre, il faut continuer de rechercher et de développer des réserves de pétrole. Parce que sans cela, nous manquerons de pétrole et on paiera tous le prix de l’excès d’optimisme.

Pierre Terzian, directeur de la revue « Pétrostratégie »

 

(Avec AFP)

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