Crise des sous-marins: le ministère français des Armées prépare sa contre-attaque

La ministre française des Armées, Florence Parly, lors d'une cérémonie marquant la livraison de sous-marins nucléaires Suffren de classe «Barracuda», le 6 novembre 2020 à Toulon.
La ministre française des Armées, Florence Parly, lors d'une cérémonie marquant la livraison de sous-marins nucléaires Suffren de classe «Barracuda», le 6 novembre 2020 à Toulon. AFP - NICOLAS TUCAT

Des discussions ont été engagées entre Naval Group et les autorités australiennes sur de possibles compensations financières après la rupture du contrat de sous-marins par Canberra, a indiqué ce mardi 21 septembre le ministère français des Armées. Ce dernier a de nouveau fustigé la « trahison » australienne, en insistant sur le fait qu'à aucun moment, la décision de mettre un terme au contrat avec Naval Group n'a été abordée avec les autorités françaises.

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Pour illustrer cette « trahison », comme il la nomme, le ministère des Armées met aujourd'hui en exergue un document de travail. Un mémorandum daté du 15 septembre dernier, soit le jour même de l'annonce du revirement australien. Dans cette note technique, des ingénieurs australiens et des cadres de la RAN – la Royal Australian Navy – indiqueraient qu'ils valident la première phase du projet de sous-marin Attack. Le ministère des Armées pourrait prochainement produire ce document qui, à ses yeux, révèle toute la duplicité australienne.

Pour l'Hôtel de Brienne, si l'Australie a tourné casaque, ce n'est donc certainement pas pour des raisons industrielles, soulignant que jamais Canberra n'avait opté jusque-là pour une propulsion nucléaire.

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Doutes sur le projet avec les Américains 

Paris doute aujourd'hui sérieusement de la faisabilité du nouveau projet australo-américain. Tout d'abord sur le plan financier : un sous-marin nucléaire de la classe Virginia coûte trois milliards d'euros pièce. Et le ministère des Armées s'interroge : comment les Australiens pourraient-ils les assembler chez eux, puisqu'ils n'ont aucune maîtrise de la filière nucléaire ?

L'assemblage, subodorent les experts français, ne pourra se faire qu'aux États-Unis et avec retard, pointent-ils, puisque les chantiers américains sont saturés de commandes jusqu'en 2040.

L'aventure américaine de la Royale Australian Navy sera salée, prédit le ministère des Armées, aussi bien pour les finances publiques que pour la souveraineté australienne.

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