À court d'argent, le Sri Lanka demande un rééchelonnement de sa dette à la Chine

Le Premier ministre sri-lankais Mahinda Rajapaksa (d) et le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors de leur rencontre à Colombo, le dimanche 9 janvier 2022.
Le Premier ministre sri-lankais Mahinda Rajapaksa (d) et le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors de leur rencontre à Colombo, le dimanche 9 janvier 2022. AP - Eranga Jayawardena

La demande a été faite ce dimanche lors d'échanges avec le ministre chinois des Affaires étrangères. Le pays a emprunté lourdement et est pris dans le cercle vicieux d'emprunts croissants pour payer les dettes passées et financer ses déficits. Pour l'heure la Chine n'a pas réagi.

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La Chine est le plus grand prêteur du Sri Lanka, pays dont l'économie dépend massivement du tourisme. Un secteur plombé par la pandémie. Les réserves de change du pays sont tombées à seulement 1,5 milliard de dollars à la fin du mois de novembre.

À cours d'argent pour financer les importations de pétrole pour ses générateurs, l'île, située au sud de l'Inde, a imposé le 7 janvier un rationnement de l'électricité, le principal fournisseur d'électricité du pays ne pouvant plus acheter de fioul pour ses centrales. Dans les supermarchés, les produits essentiels sont rationnés depuis des mois.

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Le Sri Lanka doit environ 10% de sa dette extérieure de 35 milliards de dollars à la Chine, soit plus de 3 milliards de dollars, de source gouvernementale. Mais la somme pourrait être encore plus élevée. 

Des projets plus coûteux que bénéfiques

Depuis des années, le pays emprunte massivement à la Chine pour lancer des projets d'infrastructures ambitieux, devenus pour certains des gouffres financiers. C'est le cas de la construction du port d'Hambantota dans le sud de l'île. Face au refus de Pékin de restructurer ses prêts en 2017, Colombo avait dû céder l'exploitation du port à une société chinoise pour une période de 99 ans, en échange de l'effacement d'un milliard de dollars d'emprunt chinois.

Pour l'heure, l'ambassade de Chine à Colombo n'a fait aucun commentaire concernant la requête du Sri Lanka. 

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