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Football/Coupe du monde

Raymond Domenech, six années de règne contesté

Raymond Domenech.
Raymond Domenech. (Photo : Reuters)
6 mn

Raymond Domenech a achevé son mandat à la tête de l’équipe de France par une élimination au 1er tour de la Coupe du monde 2010. Depuis sa nomination en 2004, le désormais ex-sélectionneur des Bleus a toujours suscité la polémique. Retour sur six années de gestion houleuse.

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Le 9 juillet 2006, Raymond Domenech était vice-champion du monde de football. Ce 22 juin 2010, Raymond Domenech n’est plus que le sélectionneur à avoir exercé le plus long mandat à la tête de l’équipe de France avec 79 matches dirigés. Et sur la fin, ça s’est senti.

Entre la finale de la Coupe du monde 2006 perdue face à l’Italie et cette élimination au premier tour du Mondial 2010, il y a eu des crises, des tensions. Raymond Domenech, loin de les avoir apaisées, les a attisées par une gestion tactique et humaine douteuse, une communication catastrophique qui ont durablement brouillées l’image des Bleus. Des problèmes perceptibles dès 2004.

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2004 : la nomination contestée

Le 12 juillet 2004, Raymond Domenech reprend en main l’équipe de France après un Euro manqué (élimination en quart de finale). La Fédération française (FFF) le préfère à Jean Tigana et Laurent Blanc. Le personnage, parfois chambreur, ne fait pas l’unanimité chez les cadres tricolores qui ont évolué sous ses ordres en Espoirs. Zinedine Zidane et plusieurs autres joueurs prennent leur retraite internationale, mécontents.

2005 : le désaveu

La campagne de qualification pour le Mondial 2006 est laborieuse. Les Français ne sont pas sûrs de voir l’Allemagne. Raymond Domenech a voulu bâtir un groupe autour de Thierry Henry et solder les échecs de la génération championne du monde. C’est un flop. En coulisses, FFF et sponsors inquiets orchestrent les retours de Zinedine Zidane, Claude Makelele et Lilian Thuram, en août 2005. La France se qualifie de justesse. Mais le sélectionneur a perdu du crédit et du poids dans l’affaire.

2006 : l’accalmie

En Allemagne, les débuts sont chaotiques avec deux nuls face à la Suisse, la Corée du Sud et une petite victoire face au Togo. Les Tricolores franchissent péniblement le premier tour. Une fronde s’organise chez les joueurs qui réclament à Raymond Domenech des ajustements tactiques avec un recentrage de Patrick Vieira au milieu de terrain. Leur parole est entendue. Le changement s’opère. L’Espagne, le Brésil puis le Portugal sont vaincus en 8es, quarts et demi-finales. Les Bleus ne s’inclineront qu’en finale après l’épisode du coup de tête de Zidane sur Materazzi.

2007 : la suspension

Remonté après cette défaite, Raymond Domenech exhume quelques mois plus tard le souvenir d’un match de qualification entre Espoirs italiens et français perdus par les Bleuets en 1999. Le technicien lyonnais parle de corruption avant un match de qualification entre les deux pays. L’UEFA n’apprécie pas et le suspend quatre jours. Ses déclarations suscitent un tollé. Et pas qu’en Italie.

Le sélectionneur de l'équipe de France, Raymond Domenech.
Le sélectionneur de l'équipe de France, Raymond Domenech. AFP

2008 : le premier couac

Une fois encore, la qualification est pénible mais la France valide son billet pour l’Euro 2008. L’expérience austro-suisse va néanmoins tourner court. Après un match nul face à la Roumanie (0-0), les tensions explosent au sein du groupe. Les conflits de générations se font jour, la blessure de Patrick Vieira, le capitaine, pourrit un peu plus l’ambiance. Les Bleus sont corrigés par les Pays-Bas (4-1) puis cèdent face au meilleur ennemi italien (0-2). L’élimination dès le 1er tour ne souffre aucune contestation. A la fin du dernier match, en guise de mea culpa, le sélectionneur demande sa compagne en mariage, en direct, à la télévision.

2009 : la guerre des nerfs

Malgré un climat de défiance généralisé, la FFF a maintenu Raymond Domenech à son poste, assurant que l’entraîneur va être placé sous tutelle. Le sélectionneur, loin de rentrer dans le rang, multiplie les provocations. Après une défaite face à l’Autriche en éliminatoires du Mondial 2010, Domenech se présente à une conférence de presse où il compare les médias à des prédateurs attirés par l’odeur du sang. Cet énième débordement renforce l’impopularité du personnage, désormais sifflé dans tous les stades où évolue l’équipe de France. La triste qualification face à l’Irlande grâce à une main de Thierry Henry et la vive accolade échangée avec Jean-Pierre Escalettes, le président de la FFF, terminent de brouiller l'aura du personnage.

2010 : l’humiliation

La France débarque en Afrique du Sud avec l’image d’une équipe de tricheurs. Raymond Domenech, conscient du gouffre qui se creuse avec le public, change de schéma tactique, tentant d’instaurer un 4-3-3 aussi généreux que bancal. Dès le début du tournoi, les Bleus retrouvent le 4-5-1. Sans grand succès face à l’Uruguay (0-0). Les tensions explosent alors au grand jour. Nicolas Anelka insulte son entraîneur à la mi-temps de France-Mexique (0-2). L’affaire sort dans la presse entraînant le renvoi du joueur et le grand déballage sur l’ambiance calamiteuse chez les Bleus. Ces derniers, pour protester contre l’exclusion d’Anelka, zappent un entraînement. Suprême humiliation, c’est Raymond Domenech qui vient lire le communiqué des mutins. Deux jours plus tard, l’équipe de France est éliminée et l’ère Domenech s’achève dans la décadence la plus totale.

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