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L'Afrique du Sud à l'heure du Mondial

«La Coupe du Monde des pauvres»

L'équipe du township de Lavender Hill représente la Suisse.
L'équipe du township de Lavender Hill représente la Suisse. C.Petit-Perrot/RFI
Texte par : Clémence Petit-Perrot
4 mn

Dans l’ombre du Mondial, au cœur des Cape Flats, ces ghettos qui s’étendent à perte de vue en périphérie du Cap, la « Coupe du Monde des pauvres » bat son plein. Ce « contre-tournoi » qui regroupe 36 équipes issues de 40 communautés défavorisées permet de mettre en lumière la réalité de l’Afrique du Sud, une fois les projecteurs éteints sur les stades du Mondial.

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 « - Je suis Patrick Vieira, l’arrière droit.
   - Et moi je suis Thierry Henry.
 - Je représente Florent Malouda »

Que tous ceux qui pensent que les Français ont été sortis au premier tout revoient leurs fiches. Ils ont un moral d’acier et encore de grandes chances de gagner la Coupe du Monde. Ou du moins, la Coupe du Monde des pauvres, dans laquelle le club du township de Delft qui représente la France, est parmi les équipes favorites, comme l’explique Rasdin, le capitaine : «  Je veux marquer des buts, je veux montrer à la France comment on fait ! Nous allons gagner ce tournoi. Pour la France, les gars : 1, 2, 3 France !!!!! »
 
Sur les terrains fatigués du centre sportif de Delft, 36 équipes de jeunes, représentant chacune un des pays en compétition dans la Coupe du Monde, s’affrontent avec ferveur. Pour Mnledisi Twalo de l’association Campagne contre les Expulsions qui organise cette « contre-compétition ». Elle est destinée à ceux laissés de côté par ce qu’il appelle « La Coupe du Monde des Riches ».

«Nous voulons nous assurer que cette Coupe du Monde des pauvres profite à ces communautés, qu’ils en retirent quelque chose, car il est impossible pour eux d’aller voir ne serait-ce qu’un match. Chaque match organisé par la FIFA représente pour nous deux mois de salaire. »
 

Des fans de l'équipe de Slovaquie sur le bord du terrain de foot de Delft.
Des fans de l'équipe de Slovaquie sur le bord du terrain de foot de Delft. C.Petit-Perrot/RFI

Sur les gradins branlants, les drapeaux et les bannières s’agitent, même si l’orthographe du nom des équipes est parfois fantaisiste. Sur le terrain, système D et bon esprit domine. Zadic Ibrahims est l’entraineur de l’équipe d’Hanover Park alias Portugal : « Vous voyez, ce joueur n’a pas les moyens de s’acheter des vraies chaussettes de foot alors il superpose deux paires normales et les fait tenir avec du scotch. Cet événement rapproche les communautés, mais nous ne voulons rien avoir à faire avec FIFA car ils nous ignorent complètement. Ils ne prêtent pas attention à nos communautés où nous n’avons aucunes ressources. Ils ne viennent jamais ici, ils ne s’occupent que des riches. »

Sur le terrain numéro 2, la Suisse et l’Espagne se livrent une lutte acharnée. Alors que sur le banc de touche le Cameroun d’Athlone attend les Japonais de Kluis River. « Ce tournoi c’est super, ça sort les jeunes de la rue, ça les empêche de faire des bêtises. Mais là on est énervés car les Japonais ne sont pas arrivés pour leur match contre nous. Ils ont peur des Camerounais ! », ironise un des joueurs.
 

Un forfait qui permettrait aux «Lions indomptables d’Athlone » de se rapprocher un peu plus d’une place très convoitée en finale de cette « Coupe du Monde des pauvres » qui se déroulera le 13 juillet.

 

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