Football/Cameroun

Cameroun : Henri Bedimo s'impose avec le Montpellier HSC

Le latéral gauche camerounais Henri Bedimo.
Le latéral gauche camerounais Henri Bedimo. Getty
5 mn

Henri Bedimo réussit un excellent début de saison avec le Montpellier HSC, premier du championnat de France de football. Le latéral gauche va poursuivre sur sa lancée en Ligue 1, cet hiver, puisque le Cameroun ne s’est pas qualifié pour la CAN 2012 (21 janvier-12 février au Gabon et en Guinée équatoriale). Un couac que le défenseur de 27 ans regrette. Pour RFI, il a accepté de se confier mais n’a pas souhaité aborder la question qui fâche : celle des primes en équipe nationale.

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RFI : Henri Bedimo, Montpellier est premier du championnat de France de football. Comment expliquez-vous ces excellents résultats ?
Henri Bedimo : Par trois saisons de travail au club (à l’issue de la saison 2008-2009). Depuis la remontée en Ligue 1, les dirigeants ont opté pour une politique simple : la stabilité. Ils ont aussi fait confiance aux jeunes du centre de formation. Cette stratégie est aussi due au contexte économique qui pèse sur le football français. D’un autre côté, le staff technique veut que l’équipe produise du jeu. Tous ces éléments permettent aux joueurs de s’exprimer sereinement.

RFI : Montpellier peut-il jouer le titre de champion de France ?
Henri Bedimo : Non, on ne va pas se projeter jusque-là… Dans une saison, ça peut aller très vite dans un sens comme dans l’autre. Et puis en France, malheureusement, dès qu’on affiche des ambitions et qu’on n’atteint pas ses objectifs, on passe pour des prétentieux. Montpellier est un club modeste, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. On a réussi un bon début de saison, la mayonnaise a vite pris. Mais notre seul but pour le moment, c’est d’engranger un maximum de points. Plus tard, on pourra peut-être se projeter vers un autre objectif : une des cinq ou quatre premières places. Ça se jouera aussi en fonction de notre état de fraicheur.

RFI : Après avoir battu Lille, Rennes ou Marseille en Ligue 1, sentez-vous du respect de la part de vos adversaires ?
Henri Bedimo : Oui. Au mois de septembre, Montpellier, c’était encore le ‘tube de l’été’ pour  les médias. Ça nous faisait rire. On a conservé notre ligne de conduite : fraicheur sur le terrain, prendre du plaisir. C’est bien que les spécialistes reconnaissent le travail effectué au MHSC. Maintenant, on sait que les références de ce championnat, ce sont les gros clubs comme le Paris-SG, Marseille ou Lyon.

RFI : Vous êtes le seul joueur du club à avoir disputé tous les matches sans être remplacé. Est-ce le meilleur début de saison de votre carrière ?
Henri Bedimo : Au niveau comptable, sans doute. Je prends aussi beaucoup de plaisir à  Montpellier. (Il réfléchit) J’ai déjà réussi des bons débuts de saison mais c’était différent parce que les résultats de l’équipe n’étaient pas forcément les mêmes. Quand les résultats collectifs sont satisfaisants, on peut davantage se pencher sur ses performances individuelles. Alors que les mauvaises prestations d’équipe empêchent de retirer quelque chose au plan personnel.

RFI : Vous avez connu la non-qualification du Cameroun pour la CAN 2012. Le Cameroun qui manque une CAN, surtout au Gabon et en Guinée équatoriale, ça paraît fou. Comment en est-on arrivé là ?
Henri Bedimo : On était trop optimistes, on s’est dit ‘ça va aller, demain’. Quand on s’est retrouvés dos au mur, le mal était déjà fait et le match à Dakar contre le Sénégal (défaite 0-1) nous a quasiment éliminé. Les joueurs sont fautifs. Je pense aussi que tous les acteurs du football camerounais ont tiré une leçon de cette non-qualification. Le Gabon et la Guinée équatoriale, c’est à deux pas du Cameroun… On va rater une Coupe d’Afrique qui se joue presque à domicile.

RFI : L’équipe du Cameroun semble en crise depuis deux ans. Comment expliquez-vous les résultats laborieux des Lions indomptables ?
Henri Bedimo : Dans le football international, il ne faut pas négliger le moindre détail. Les négligences entraînent des déceptions comme celle-là. Le plus facile dans ces cas-là, c’est de taper sur les joueurs. Les footballeurs ont pourtant besoin d’un certain confort. C’est difficile de s’exprimer pleinement quand il y des manquements.

RFI : Ce n’est pas un problème de talent, les joueurs camerounais en ont. Que faut-il faire pour que les Lions indomptables démarrent les éliminatoires de la CAN 2013 dans les meilleures conditions ?
Henri Bedimo : Notre génération est très talentueuse. La plupart des joueurs évolue dans des bons ou des grands clubs, bien classés. Il n’y a pas de miracle dans le football : tout le monde doit tirer dans le même sens, être professionnel. Le problème ne se situe pas forcément sur le terrain mais tout autour. Les résultats viendront naturellement quand tout sera en place. Au Cameroun, il y a un vivier de joueur extraordinaire. J’espère que les dirigeants du football camerounais comprendront tout cela et qu’ils nous aiderons à exprimer tout notre potentiel. Le Cameroun a besoin d’événements comme la CAN pour redevenir une grande nation d’Afrique.

 

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