Liberia

George Weah nommé chef du Comité pour la paix et la réconciliation au Liberia

George Weah lors du tirage au sort de la phase de groupes de la Ligue des champions en août dernier.
George Weah lors du tirage au sort de la phase de groupes de la Ligue des champions en août dernier. AFP PHOTO / VALERY HACHE

A 46 ans, George Weah, l'ancien attaquant vedette du PSG, du Milan AC ou encore de Chelsea, vient d'accepter le poste de chef du Comité pour la paix et la réconciliation au Liberia. Après avoir fait les belles heures du football européen, depuis quelques années, le joueur s'était engagé en politique en se présentant notamment à l'élection présidentielle dans son pays en 2005.

Publicité

« Weah on n’a pas besoin de toi ». C’est ce que l’on pouvait lire sur une banderole au Parc des Princes lors du dernier match de George Weah avec le PSG en 1995. Si personne n’a oublié les cris de singes (tribune Kop Boulogne) qui avaient émaillé l’ultime rencontre de cette icône du football africain, c’est aussi parce que les supporters insultaient un joueur d'exception, animé de convictions.

« Weah a accepté ce défi comme feuille de route pour une paix durable »

Une nouvelle fois, les anciens détracteurs de George Weah ont eu tort. On a encore besoin de lui. En effet, il vient d’être appelé à la tête d'une commission pour la réconciliation nationale au Liberia en remplacement de Leymah Gbowee, co-lauréate du prix Nobel de la paix 2011. Selon le ministère de l'Information, l'ancien joueur a été nommé par la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf. Leymah Gbowee avait annoncé début octobre sa démission de la mission de réconciliation pour dénoncer l'échec de Mme Johnson Sirleaf dans sa lutte contre la corruption et le népotisme au Liberia.

George Weah, chef du Congrès pour le changement démocratique (CDC) « a répondu à l'appel de la présidente Sirleaf », et il « est maintenant le nouveau chef du Comité pour la paix et la réconciliation », indique le ministère de l'Information du Liberia. « L'ambassadeur Weah a accepté ce défi comme feuille de route pour une paix et une démocratie durables dans le pays », ajoute le ministère.

Un parcours fait de conviction

En 2005, Georges Weah étaitl le rival d'Ellen Johnson Sirleaf à la présidentielle libérienne.
En 2005, Georges Weah étaitl le rival d'Ellen Johnson Sirleaf à la présidentielle libérienne. AFP / I. Sanogo

L'ex-vedette du football et principal opposant libérien, véritable idole dans son pays, s’est lancé dans la politique en 2005. L’homme avait visiblement gardé le goût de la compétition. Sous la bannière du Congrès pour le changement démocratique, il avait atteint le second tour de l’élection présidentielle.

Mais sa candidature avait souffert du fait qu’il n’ait pas vécu dans le pays durant la guerre civile (ndlr, 1989-2003, environ 250 000 morts). Il avait perdu face à l’économiste Ellen Johnson Sirleaf avec 40,4 % des suffrages.  A l’époque, des jeunes et des commerçants regroupés au sein d’une association appelée Redeem Liberia (Sauver le Liberia) avaient écrit : « Les Libériens ont besoin d’un vrai patriote, quelqu’un qui pourrait réconcilier le pays. Pour nous George Weah est le seul Libérien à pouvoir le faire ». Suite à son élection, Ellen Johnson Sirleaf lui propose le poste de ministre des Sports, mais « Mister George » refuse.

Peut-on résumer George Weah uniquement à cette élection perdue ? Visiblement non. L’enfant de Monrovia a aussi été ambassadeur de l’Unicef où il milite depuis longtemps pour des causes humanitaires, surtout en Afrique, ce qui lui vaut l'admiration de beaucoup. Nelson Mandela l'a d’ailleurs surnommé : « la fierté de l'Afrique ». Il a notamment soutenu les programmes de sensibilisation au VIH ainsi que d'autres projets au Ghana et au Liberia. Exemple : en juin 1997, alors qu'il entraînait l'équipe nationale, il faisait la promotion d'écoles professionnelles où les anciens enfants soldats et d'autres jeunes touchés par la guerre pouvaient se remettre à apprendre.

Il a beaucoup donné aux « Lone Stars »

George Weah a débuté sa carrière de footballeur dans son pays natal. Formé au Young Survivors, puis à Bongrange Company, il joue par la suite à Mighty Barolle et pour les Invincible Eleven, les deux plus grands clubs libériens. Même s’il réalisera plus tard une grande carrière internationale, il n’oublie pas les « Lone Stars ».

L'un des meilleurs attaquants que le monde ait connu dans les années 90 et qui a donné au football africain son premier et seul Ballon d'Or (1995) a largement aidé sa sélection nationale. Il s’est beaucoup investi dans l’évolution du football au Liberia comme coach mais aussi en tant que mécène. George Weah a souvent financé les mises au vert, les billets d’avions et les équipements. Grâce à lui, l’équipe nationale du Liberia participe pour la première fois à une phase finale de la CAN en 1996 (Afrique du Sud). Les « Lone Stars » seront également présents au Mali en 2002 pour leur deuxième participation. George Weah avait notamment marqué un but lors du match d'ouverture face au Mali (1-1).

Cette nouvelle tâche -certainement une des plus difficiles- prouve à quel point George Weah est un homme de conviction. L’ancienne gloire du football mondial est viscéralement attachée à son Liberia natal et devrait prendre cette mission à bras le corps. Qui à dit que l’on n’avait pas besoin de George Weah ?

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail