CAN 2013 / Maroc

Maroc : Kharja ne rentre plus dans les projets de Taoussi

Le sélectionneur marocain, Rachid Taoussi.
Le sélectionneur marocain, Rachid Taoussi. RFI / David Kalfa
5 mn

Dans un entretien exclusif accordé à RFI, Rachid Taoussi évoque ses choix en vue de la CAN 2013. Le sélectionneur de l’équipe du Maroc explique pourquoi il n’a pas retenu les milieux de terrain Houssine Kharja et Adel Taraabt ainsi que l’attaquant Marouane Chamakh.

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RFI : Rachid Taoussi, vous n’avez pas retenu des joueurs emblématiques pour la CAN 2013 : Marouane Chamakh, Houssine Kharja, Adel Taraabt… Cela a-t-il été un choix difficile ?
Rachid Taoussi : Bien sûr. Quand un sélectionneur fait des choix, il opère aussi des sacrifices. Mais les trois cas sont différents.

Le groupe a été à moitié renouvelé par rapport à la CAN 2012. Ce renouvellement de l’équipe du Maroc est-il un axe central de votre politique ?
Ce n’est pas fait exprès. Je fais en fonction de ma conception du travail et de ma philosophie de jeu. La mienne se base sur les exigences du football moderne qui nécessite un jeu rapide, avec du rythme, que ce soit dans les phases défensives, pour la récupération du ballon, ou que ce soit pour l’animation offensive. Il faut donc rechercher des profils de joueurs qui correspondent à cette conception du jeu, aux différents systèmes que je veux adopter.

Le milieu de terrain Houssine Kharja, l’ex-capitaine, a mal accepté votre choix...

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J’ai beaucoup de respect pour le capitaine Kharja qui a beaucoup donné en équipe nationale au cours des dix dernières années. Mais il y a maintenant une nouvelle philosophie de jeu. Kharja ne rentre pas dans mes prérogatives (sic). Et il joue dans une équipe [Al Arabi, au Qatar, ndlr] qui n’a pas trouvé son rythme cette année, qui a changé d’entraîneurs après les départs de Pierre Lechantre et Hassan Shehata. Shehata a remporté trois CAN avec l’Egypte. Tout ne peut pas être la faute de l’entraîneur. C’est aussi dû au jeu de l’équipe et donc aux joueurs.
Nous, nous allons participer à une compétition de haut niveau avec des joueurs de valeur. On a donc besoin de joueurs qui ont du rythme, des qualités de vitesse. Et moi, je trouve que Kharja n’a pas autant de qualités. C’est un joueur qui donne beaucoup mais – et je peux me tromper – je pense qu’il n’arrivera pas à suivre le rythme nécessaire pour cette Coupe d’Afrique.

Est-ce vrai pour Marouane Chamakh également ?
Il a des difficultés avec son club Arsenal. Parmi mes critères, j’accorde de l’importance à ceux qui jouent. Même s’il y a quelques exceptions pour les joueurs qui connaissent des difficultés mais qui jouent de temps en temps. C’est le cas d’Assaidi par exemple. Il a montré contre le Mozambique [4-0 en match de qualification à la CAN 2013, ndlr] ou avec Liverpool ses qualités de vitesse, en un contre un, sa capacité à mettre en difficulté l’adversaire.

Et concernant Adel Taraabt ?

CAN 2013: le calendrier

Concernant Adel Taraabt, c’est un autre sujet. On connaît ses qualités, on sait ce qu’il peut faire. Mais moi, j’ai besoin d’un jeu d’équipe, d’un jeu de groupe, pas d'un jeu de spectacle. Quand en plus, il y a un problème de discipline, je ne peux pas l’accepter.

Trois mois après votre prise de fonctions, comment jugez-vous le poste de sélectionneur de l’équipe du Maroc ? Est-ce encore plus difficile que ce à quoi vous vous attendiez ?
Ce poste est très difficile. C’est une très grande responsabilité. Tu as tout le peuple marocain qui t’attend et qui te suit. Les supporters veulent que leur équipe nationale retrouve son image. Elle n’a plus franchi le premier tour de la Coupe d’Afrique depuis la CAN 2004. Cette responsabilité me donne le devoir d’être à la hauteur des ambitions de tout le peuple marocain.

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