La CAN de Claude Le Roy

Claude Le Roy : après l'élimination...

Le Français Claude Le Roy.
Le Français Claude Le Roy. AFP PHOTO/ISSOUF SANOGO
Texte par : Claude Le Roy
5 mn

Après la compétition, on se retrouve tout seul, tout d’un coup. Même si je ne suis pas vraiment seul puisque je suis avec ma famille. On se met à réfléchir à ce qu’il faut améliorer, à comment évoluer davantage dans l’excellence…

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On réfléchit aussi à ce qu’il faut éviter ; cette culture du travail dans l’urgence notamment. Ça pompe énormément d’énergie. Ça a des répercussions sur l’efficacité d’une équipe. Durant cette Coupe d’Afrique, on a vu des équipes qui étaient parfaitement organisées, qui avaient tout prévu très longtemps à l’avance. Travailler comme ça, c’est un gain de temps, c’est un gain d’énergie, c’est un gain d’efficacité.

J’ai parlé un petit peu aux joueurs avant le départ, pour les remercier. Je leur ai dit qu’on avait manqué de très peu la qualification dans un groupe relevé, que c’était frustrant. Mais je leur ai aussi dit que tout ça, ça nous avait fait grandir, que ces trois matches avaient fait gagner beaucoup de temps au groupe dans la connaissance des hommes, dans la connaissance du jeu, dans la connaissance de la haute compétition.

Le fait de ne pas avoir participé à la Coupe d’Afrique des nations ces dernières années nous a sans doute handicapés. Je ne cherche pas d’excuses, mais le fait que vingt joueurs sur vingt-trois n’aient jamais participé à une compétition de ce niveau a été un petit handicap. Cette expérience, c’est ce qui nous a probablement manqué lors du match nul face au Niger.

J’ai reçu des SMS de mes joueurs. On a fait le point avec certains. Même s’ils ont regagné leurs clubs respectifs, on continue à échanger sur les points à améliorer. On a fait des progrès énormes dans l’organisation, dans la structure médicale… On a fait un bond en avant énorme mais il faut pérenniser ces progrès.

Peu importe le sélectionneur, les acquis doivent être maintenus. Il faut une transition. On est tous de passage à la tête d’une équipe nationale. Il faut toujours préparer l’avenir d’une sélection et la succession à sa tête, qu’on reste ou pas.

Dans le football, le match le plus important, c’est toujours le suivant. Il ne faut pas ressasser ses victoires et ses défaites, comme un ancien combattant. Ce qui est important, c’est la suite.

Je continue à regarder les matches (de la CAN), même si Hervé Renard (son ancien adjoint et champion d’Afrique avec la Zambie en 2012, Ndlr) a été éliminé, comme nous, après trois matches nuls. On ne s’attendait pas à ce que la Zambie quitte déjà la compétition.

J’espère que les entraîneurs français vont continuer à faire du bon boulot : Sabri (Lamouchi), Patrice Carteron, Didier (Six). L’un d’entre eux pourrait être champion d’Afrique, même s’il va falloir faire très attention au Ghana.

Quand je regarde les matches, il y a toujours de la tristesse car je sais qu’on était très près. Le champion sera peut-être une équipe qui n’a pas réussi à nous battre. Le Mali a perdu un match dans ce groupe alors que nous, nous n’en avons perdu aucun. C’est une grosse frustration.

Après le match face au Mali, je pense qu’on n’a pas suffisamment rendu hommage à l’incroyable qualité de l’arbitrage de M. Haimoudi. Je le lui ai dit à la fin du match, mais on n’en a pas assez parlé médiatiquement. On ne parle que des grosses fautes d’arbitrage, des mauvais arbitres. M. Haimoudi a démontré une belle sensibilité vis-à-vis du football.

On n’a également pas assez remercié les gens qui se sont occupés de nous durant un mois. Tous ces bénévoles, ces policiers qui ont été incroyables de gentillesse, d’attention, de diplomatie. Ça a été comme une caravane du Tour de France cycliste qui s’est déplacé de Port Elizabeth à Durban, avec les mêmes gens qui nous ont suivis à Durban, la même organisation, les mêmes escortes… Jusqu’à notre départ de Durban tous ces gens ont été incroyablement présents.

Claude Le Roy est le sélectionneur de la République démocratique du Congo. Il nous fait vivre sa CAN au travers de propos recueillis et retranscrits par RFI. Le technicien français dispute en Afrique du Sud sa 7e compétition continentale après avoir dirigé le Cameroun (en 1986 et 1988), le Sénégal (en 1990 et 1992), le Ghana (en 2008) et la RDC déjà (en 2006). La RDC qui évolue dans le groupe B à Port Elizabeth en compagnie du Ghana, du Mali et du Niger.

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