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Football / Algérie / Cameroun

Le père du défunt footballeur Albert Ebossé accuse la JS Kabylie

Le cercueil d'Albert Ebossé, ancien footballeur camerounais.
Le cercueil d'Albert Ebossé, ancien footballeur camerounais. AFP PHOTO / PACOME PABANDJI
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La JS Kabylie ment au sujet de la mort du footballeur Albert Ebossé, survenue le 23 août lors d’un match de championnat, selon André Bojongo. Le président du club algérien « protège les assassins de mon fils », assure-t-il. Les autorités algériennes, elles, maintiennent la thèse selon laquelle le Camerounais a été tué par un projectile.

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« Tout ce que le club vomit par rapport au meurtre, et même à l’assassinat, de mon fils, est faux, faux et faux et faux et faux ! » Au téléphone, André Bojongo, le père d’Albert Ebossé, fulmine.

Le footballeur camerounais est mort le 23 août en marge d’un match du championnat algérien entre la JS Kabylie et l’USM Alger. Officiellement à cause d’un morceau d’ardoise lancé depuis les tribunes. Celui-ci aurait heurté la tête du joueur juste devant le tunnel menant aux vestiaires du stade de Tizi-Ouzou. Une version défendue par le président de la JSK, Chérif Hannachi, le 17 novembre sur RFI.

Une contre-autopsie, menée à Douala, conclut pourtant à un décès « des suites d'une agression brutale avec polytraumatisme crânien ». Albert Ebossé aurait été passé à tabac à proximité ou dans les vestiaires, selon le médecin camerounais André Emouné.

« Les dirigeants de la JSK n’ont rien fait pour qu’on découvre la vérité, assure aujourd’hui André Bojongo. Un jour arrivera où la vérité éclatera ». Il accuse : « M. Hannachi protège normalement les assassins de mon fils. » Il ajoute : « Quand mon fils est mort, il m’a appelé. C’est le seul coup de fil d’Hannachi dont j’ai connaissance. Lorsqu’ils ont envoyé une délégation pour nous aider pour l’enterrement, j’ai cru qu’Hannachi serait présent. Mais il n’est jamais venu ici. Et il dit que mon fils l’appelait "papa" ! »

« La thèse de l'acte prémédité est à écarter »

Les autorités algériennes, elles, sont enfin sorties de leur silence concernant le dossier Albert Ebossé. La thèse de l’assassinat n’est pas du tout crédible, selon Mohamed Tahmi, le ministre des Sports algérien. « Nous avons reçu une enquête administrative qui évoque, si on peut le dire, un homicide involontaire, a-t-il affirmé sur une radio algérienne. Les joueurs présents dans le stade étaient tous visés par des projectiles. La thèse de l'acte prémédité est donc à écarter ». Il ajoute : « L'affaire est à présent entre les mains de la justice qui va déterminer les responsabilités qui seront par la suite assumées par les parties concernées. »

La famille d’Albert Ebossé, de son côté, a porté l’affaire auprès de la Fédération internationale de football.

Propos d'André Bojongo recueillis par Olivier Rogez


■ Ecoutez la suite du témoignage du père d'Albert Ebossé

Mohan Cherif Hannachi, le président de la JS Kabylie, ne s'est pas déplacé au Cameroun pour les funérailles d'Albert Ebossé déplore le père de celui-ci. En revanche, il y a envoyé une délégation qui a déposé une enveloppe de 15 000 euros à la famille.

André Bojongo accuse le club de son fils de ne pas tenir ses promesses

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