Football / Fifa

Omari: «Platini est à même d’apprécier l’apport du foot africain»

Le président de la Fédération congolaise de football (Fecofa), Constant Omari (au centre).
Le président de la Fédération congolaise de football (Fecofa), Constant Omari (au centre). AFP PHOTO / FETHI BELAID
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Michel Platini a annoncé mercredi son intention de briguer la présidence de la Fédération internationale de football (Fifa). Pour le président de la Fédération congolaise, Constant Omari, le Français ultra favori devra composer avec un continent africain déterminé à prendre sa juste part dans la désignation du successeur de Joseph Blatter. Entretien.

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RFI : On peut supposer que vous n’êtes pas surpris par la candidature de Michel Platini.

Constant Omari : En effet, ce n’est pas une surprise parce que je reviens de Saint-Pétersbourg, où a eu lieu le tirage au sort des éliminatoires de la Coupe du monde 2018, et je crois que la possibilité de la candidature de Michel était déjà dans l’air.

Pensez-vous que cette candidature est une bonne chose ?

La Fifa traverse une période difficile, c’est d’ailleurs reconnu par tout le monde à commencer par l’actuel président Blatter. Je pense que toute candidature qui permettrait de ramener l’unité et le calme au sein de la Fifa ne peut être que bien reçue. Maintenant, moi je suis Africain. Une réunion est prévue le 6 août au Caire pour définir la position officielle de la Confédération africaine de football (CAF) et en tant que membre du comité exécutif de la CAF, j’attends cette réunion pour me prononcer.

Vous pensez que la CAF doit se positionner et apporter son soutien à un candidat ?

A l’instar des autres confédérations, la CAF contribue à œuvrer pour le développement du football africain dans un premier temps, mais aussi à l’essor du football mondial. Donc à partir de là, avec 54 voix, il est tout à fait normal qu’elle prenne part à la résolution de la crise de la Fifa à travers ces élections. Il est normal que la CAF puisse faire prévaloir ses intérêts et son point de vue, et à ce titre, je crois qu’elle aura un rôle important à jouer vis-à-vis des candidats.

Michel Platini est-il le meilleur candidat pour promouvoir le football africain ?

Au moment où nous parlons, Michel Platini gère le football européen. Donc il devra à un certain moment développer ses idées en ce qui concerne sa vision mondiale du football et bien entendu du football africain. Nous attendons qu’il puisse nous expliquer officiellement la vision qui sera la sienne vis-à-vis du football africain. Nous aurons ensuite à juger si c’est le candidat qui aura présenté le meilleur projet pour notre continent. Mais d’entrée de jeu, il m’est difficile de dire si c’est le meilleur candidat, je me l’interdis.

On sait que Joseph Blatter a beaucoup œuvré pour l’Afrique, considérez-vous qu’un président de la Fifa doit prendre en compte cette donnée-là ?

L’Afrique est un continent qui économiquement et socialement connaît toujours des situations difficiles, mais sur le plan footballistique, elle a beaucoup apporté. L'Afrique a énormément contribué au développement du football principalement en Europe. Personne ne peut aujourd’hui méconnaître l’apport des joueurs africains aux championnats européens. Donc tout candidat devra intégrer qu’il y a une donnée qu’on appelle l’Afrique. Tout comme il y a l’Amérique centrale, l’Amérique du Nord… Michel Platini est bien placé pour apprécier l’apport du football africain dans le développement du football européen, car c’est l’Europe qui utilise la plupart des joueurs africains.

Est-ce que, sur le papier, Michel Platini est un bon candidat ?

Personne ne peut sous-estimer l’importance de l’UEFA dans le concert des confédérations à travers le monde. Le fait qu’il dirige une organisation comme l’UEFA signifie qu’il est bon. Maintenant, il faut qu’il soit bon sur le plan mondial.

Pensez-vous que le fait qu’il ne se soit pas présenté lors du précédent scrutin soit un atout ?

Il est le mieux placé pour répondre à cette question, mais en effet, je ne pense pas que le fait qu’il ne se soit pas présenté contre Joseph Blatter puisse handicaper sa candidature.

Si l’élection devait avoir lieu maintenant, voteriez-vous pour lui ?

En Afrique, nous avons une hiérarchisation des décisions. Je veux savoir quelle sera la position de la CAF avant de me prononcer. Nous avons une démarche rationnelle qui intègre les intérêts globaux du continent africain. Nous ne voulons pas nous singulariser pour pouvoir chacun de notre côté vendre notre soutien. Au sortir de la réunion du 6 août, il y aura beaucoup plus d’éléments déterminants qui permettront aux fédérations africaines de se positionner.

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