Accéder au contenu principal

Emmanuel Adebayor au Paraguay, un nouvel Eldorado africain?

Le Togolais Emmanuel Adebayor lors de la CAN 2017.
Le Togolais Emmanuel Adebayor lors de la CAN 2017. RYAD KRAMDI / AFP
Texte par : Alejandro Valente
6 mn

Emmanuel Adebayor sera la grande attraction de la présentation, vendredi 14 février, de l’effectif de l’Olimpia Asuncion pour 2020. L’arrivée de l’attaquant togolais, bientôt 36 ans, suscite un engouement exceptionnel dans ce pays peu habitué aux stars internationales. Et d’autres pourraient suivre, à commencer par l’Ivoirien Yaya Touré, en contact avec un autre club d’Asuncion, Libertad.

Publicité

En un peu plus de deux jours, 15 000 nouveaux « socios » se sont engagés pour suivre l’Olimpia dans sa campagne 2020. Et l’objectif de 35.000 devrait être atteint avant la fin du mois, selon le jeune président du club Marco Trovato. Un succès de plus pour cet homme d’affaires aux commandes depuis 2014 du plus grand club du Paraguay.

A l’époque, le « doyen », comme on surnomme ce club fondé en 1902 par un immigré hollandais, traversait une grande crise économique et sportive, avec une dette colossale et des résultats en berne (un seul titre entre 2000 et 2014). Elu en promettant une révolution, Trovato a tout changé.

L’Olimpia a remporté cinq championnats depuis l’arrivée de Trovato, dont une série en cours de quatre d’affilée, et il multiplie les projets, dont un nouveau stade de 40.000 places au milieu d’un complexe sportif ultramoderne, avec dans les esprits la Coupe du monde 2030 que le Paraguay envisage de coorganiser avec l’Argentine et l’Uruguay.

Trovato, « Bernard Tapie » paraguayen aux dents longues

Certains prêtent au président de l’Olimpia des ambitions nationales, mais pour l’heure cet homme d’affaires, qui rappelle le Bernard Tapie des années Olympique de Marseille, rêve surtout de remettre l’Olimpia au sommet du football sud-américain. Trois fois vainqueur de la Copa Libertadores, la Ligue des champions d’Amérique du Sud (1979, 1900 et 2002), dont il reste le seul lauréat paraguayen, l’Olimpia a même dans ses vitrines une Coupe Intercontinentale, ancêtre de la Coupe du monde des clubs, remportée en 1979 face à Malmö, le club suédois qui y avait participé à la place des Anglais de Nottingham Forest, les champions d’Europe ayant décliné de se rendre à Asuncion. Mais tout ça remonte à loin…

Pour parvenir à ses fins, Marco Trovato soigne particulièrement le recrutement. Sous les ordres de l’Argentin Daniel Garnero, en poste depuis deux ans, il a mis sur pied une équipe cosmopolite avec des joueurs de six nationalités, dont de nombreux internationaux. Elément clé dans cette équipe, le capitaine Roque Santa Cruz, âgé de 38 ans, a joué un rôle très important dans la venue d’Emmanuel Adebayor, de trois ans son cadet.

Le rôle de Roque Santa Cruz

Les deux attaquants se sont connus il y a une dizaine d’années à Manchester City. Marco Trovato assure que Santa Cruz a été décisif pour finir de convaincre son ami togolais. « La négociation entre clubs ou avec des agents a son importance, mais lorsque deux joueurs se parlent, plus encore s’ils ont été coéquipiers, ça rend les choses plus faciles », assure Trovato, persuadé que « la venue d’Adebayor pourrait faciliter celle d’autres joueurs de dimension internationale ». Pour y parvenir, le champion paraguayen a dû « casser la tirelire », selon Miguel Brunetto, son directeur financier, qui justifie cet effort par la dimension du joueur togolais et par la concurrence de Boca Juniors, le club argentin, qui le pistait aussi.

Vendredi 14 février, l’ancien Monégasque sera sans doute la grande star de la présentation de l’équipe version 2020, mais pas la seule. Six autres joueurs viennent rejoindre l’Olimpia en ce début d’année, dont Derlis Gonzalez, un des piliers de l’équipe du Paraguay, rapatrié après plusieurs saisons en Europe (Benfica, Bâle et dernièrement Dynamo Kiev), le défenseur uruguayen Diego Polenta (Los Angeles Galaxy) ou encore le milieu argentin Nicolas Domingo (Independiente).

Plus que le championnat national, qu’Olimpia domine largement devant Libertad et Cerro Porteño (deux autres clubs d’Asuncion), le grand objectif du club est bien sûr la Copa Libertadores, dont l’édition 2020 doit démarrer le 4 mars prochain. Finaliste pour la dernière fois en 2013 face à l’Atletico Mineiro (Brésil), l’Olimpia peine depuis à franchir la phase de poules, ce qu’il a réussi l’année dernière pour ensuite chuter en huitièmes de finale face à la Liga de Quito, club équatorien. Ce ne sera pas chose aisée face au Santos, vice-champion brésilien, Defensa y Justicia, club argentin entraîné par l’ancien goleador Hernan Crespo, et Delfin, club équatorien qui sera son premier adversaire et où Adebayor pourrait croiser un autre Africain, l’Equato-guinéen Niko Kata…

Yaya Touré aussi ?

D’ici là, Emmanuel Adebayor pourrait être rejoint par une autre star africaine, Yaya Touré, qui souhaite quitter la Chine et la menace coronavirus. Rodrigo Coras, un agent très actif au Paraguay, affirme être en contact avec le représentant de Yaya Touré qui lui aurait dit être à la recherche d’un club au Brésil ou au Paraguay. A Asuncion, le club intéressé est Libertad, deuxième du dernier tournoi clôture à six points d’Olimpia. Ce club, entraîné par l’ancienne star argentine Ramon Diaz, prépare également la Copa Libertadores dans un groupe où il croisera notamment… Boca Juniors.

Cet intérêt soudain suffira-t-il à faire du Paraguay une nouvelle destination privilégiée pour les stars africaines en fin de carrière ? Difficile de l’imaginer. Il y a 18 ans, le Camerounais Geremi Njitap avait fait figure de pionnier en rejoignant Cerro Porteño, autre grand club paraguayen. Une aventure sans lendemain qui n’avait duré que six mois…

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.