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Entretien

El Hadji Diouf: «Un seul but: dégager le coronavirus»

Le Sénégalais El Hadji Diouf, en mai 2019.
Le Sénégalais El Hadji Diouf, en mai 2019. PIUS UTOMI EKPEI / AFP
5 mn

L’ancien international sénégalais s’est engagé dans la lutte contre le Covid-19, une pandémie qui changera tout, y compris dans le milieu du football, espère-t-il. Entretien avec Annie Gasnier.

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RFI : El Hadji Diouf, comment vivez-vous au Sénégal ces journées perturbées par le coronavirus ?

El Hadji Diouf : On a un seul match à jouer, nous tous, un seul sport, et un seul but à marquer : dégager le coronavirus. Aujourd’hui tout est arrêté au Sénégal. Y’a plus de football, plus de championnat, les rassemblements sont interdits. Le confinement n’est pas total, mais la police veille et disperse les gens. Dans les pays africains, c’est dur, car les gens ne savent souvent pas, comme en Europe, combien ils gagneront chaque mois. Ici, on vit au jour le jour, et c’est difficile de confiner des gens qui n’ont rien chez eux. Nous, on aide à travers ma Fondation. Ma femme distribue gants, masques, gel et savon dans des quartiers de Dakar. Nous sommes en État d’urgence sanitaire, je n’avais jamais vécu ça. Même ma mère ! Et je tiens à féliciter les Sénégalais parce qu’ils ont compris, et ils jouent le jeu. Et je salue notre gouvernement, car ils font un travail extraordinaire. Cette maladie est très sérieuse, elle peut toucher tout le monde. Il n’y a eu que deux décès pour l’instant, mais nous avons perdu quelqu’un qui nous était très cher, Pape Diouf.

Vous avez été très peiné, vous aussi, de son décès, qui a frappé nos auditeurs. Pourquoi l’appeliez-vous « Monsieur Parfait » ?

Tout ce qu’il faisait, il le réussissait. Il a été journaliste, puis président de l’Olympique de Marseille, et même dans la politique, je vous le dis, il a aidé des présidents à être élus en France ! Je l’appelais Monsieur Parfait car il avait toujours le mot qu’il fallait. Par exemple, avec moi. Je ne voulais plus aller en équipe nationale, parce qu’à 15 ans on m’avait viré. Mais il était venu me voir à Rennes, pour me convaincre. Et c’est la meilleure chose qui me soit arrivée, de porter le maillot du Sénégal.

L'interview d'El Hadji Diouf en vidéo

Cette épidémie aura-t-elle des conséquences dans le football ?

Partout ! Cette pandémie rassemble les gens, on le voit déjà, on s’aide, on s’entraide, ce sera le monde du partage. Se dire qu’il y a plus important que le business, l’argent, les voyages. Et ensemble, nous vaincrons ce coronavirus.

Et tous ensemble dans le football, qu’est-ce ce serait ?

Peut-être qu’il y aura moins d’égoïsme, peut-être que les hooligans se calmeront, peut-être qu’il n’y aura plus de racisme, de bagarres entre supporteurs... On est tous égaux face au virus, il y a des choses au-delà du football ! Même si le sport nous manque.

Pensez-vous que la prochaine Coupe d’Afrique des nations prévue au Cameroun en janvier 2021 aura lieu ?

Ouf... ça me semble impossible. Comme les championnats. C’est dur de s’arrêter plusieurs semaines et de retrouver la forme physique qu’on avait avant. Il faut l’accepter. Il faut accepter une saison blanche, et préparer un mercato, et préparer une nouvelle saison. Je sais... vous allez me parler de Liverpool ! Ils attendent depuis très longtemps pour être champions d’Angleterre, mais mathématiquement tant que rien n’est fait, personne n’est champion. Donc pour moi, dire que Liverpool est champion... Mais moi, je me focalise sur Lens, qui a loupé quatre fois la remontée (en première division française, Ndlr) ! Comment faire ? C’est dur pour tout le monde. Ce doit être une saison blanche, tout le monde revient à la place où il était.

Si au sortir de cette pandémie, vous aviez 20 ans de moins, dans quel club voudriez-vous aller jouer, ou avec quel entraîneur ?

Je dirais Pep Guardiola, il est l’entraîneur qui me fait rêver. Même si je lui en veux de son attitude avec mes amis Yaya Touré ou Samuel Eto’o. Mais la façon dont il apprend à ses joueurs à se concentrer et à prendre du plaisir, est incroyable. Pour le club, je n’en ai qu’un, le club de mon cœur, Barcelone, depuis que je suis tout petit. J’étais fan de Romario et c’est pourquoi je portais le numéro 11. Et c’est un régal de voir jouer le Barça. Et donc le Barça de Pep Guardiola !

Mon dernier mot... Restez confinés !

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