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Entretien

Stade Barthélemy Boganda de Bangui: «Le complexe n’est plus aux normes»

Le Stade Barthélemy Boganda de Bangui en 2015, lors de la visite du Pape François.
Le Stade Barthélemy Boganda de Bangui en 2015, lors de la visite du Pape François. AFP PHOTO / OSSERVATORE ROMANO/HO
5 mn

Le stade de la capitale centrafricaine a été suspendu pour les matches internationaux. Il n’est plus aux normes. Les responsables se mobilisent, et le président de la Fédération de football, Célestin Yanindji, veut être optimiste. Entretien.

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Les « Fauves du Bas-Oubangui » privés de leur terrain de jeu préféré, et de leur fervent public ! Le stade omnisports Barthélemy Boganda est suspendu pour toute rencontre internationale, après le passage d’experts envoyés par la Fédération internationale (FIFA) et la Confédération africaine (CAF), en février dernier. Les reproches sont nombreux, le rapport est très épais.

Construit par les Chinois et inauguré en 2006, la plus grande enceinte sportive de la République centrafricaine qui faisait la fierté d’une nation, est aujourd’hui surtout fréquentée par la jeunesse, pour ses bars et sa boîte de nuit qui animent son pourtour. Le président de la Fédération de football (FCF), Célestin Yanindji, veut cependant croire que tout sera résolu pour la prochaine rencontre de l’équipe nationale.

« C’est une mauvaise nouvelle pour mon pays et ma fédération, reconnaît le président de la FCF. L’état de la pelouse est pour moi le plus simple à résoudre, ce qui m’inquiète ce sont les vestiaires, et tous les espaces pour recevoir les arbitres, les commissaires de match et la presse, inadaptés. Les normes d’il y a quinze ans, lors de la construction, ne sont plus les mêmes. Le complexe n’est plus aux normes. Le rapport a été transmis au ministre des Sports et il devrait agir dans les prochains mois pour corriger les problèmes ».

RFI : Célestin Yanindji, jouer en terrain neutre serait-il un handicap pour les « Fauves du Bas Oubangui » ?

Nous n’avons pas été battus à domicile depuis dix ans, notre public porte ses joueurs. Ici, c’est un chaudron ! En 2013 (ndlr: lors des violences politiques dues à la rébellion Seleka) nous avons dû jouer deux matches ailleurs, à Brazzaville et Yaoundé, et nous avions perdu les deux, contre la Guinée-Bissau et contre l’Afrique du Sud. Prochainement, nous aurons une double confrontation avec le Maroc, comptant pour les éliminatoires de la CAN 2021. Aller à l’extérieur. Le retour se fera à Bangui, je vous le garantis ! Nous devons préserver nos chances, après une victoire contre le Burundi et une défaite en Mauritanie dans le groupe E.

Il semble que vous ayez de vraies ambitions pour votre équipe, avec son nouveau sélectionneur ?

Les premiers résultats obtenus par l’Ivoirien François Zahoui, arrivé en septembre 2019, sont probants. Il est resté à Bangui, où nous ne sommes pas confinés, même si les matches sont arrêtés par mesure de prévention contre le coronavirus. Et les internationaux ont tous reçu un programme de mise en forme. Les éliminatoires peuvent vite reprendre et nous avons l’ambition de participer, au moins, à une première phase finale de la CAN.

Né et formé en France, Geoffrey Kondogbia a rejoint les rangs des « Fauves » en septembre 2018. Symbolise-t-il vos ambitions nouvelles ?

Kondogbia est notre ambassadeur, notre porte-flambeau, le porte-drapeau de la Centrafrique. Sa présence donne envie aux jeunes de lui ressembler, d’arriver à son niveau. Son professionnalisme et sa carrière sont un exemple, il apporte beaucoup à l’équipe nationale. Nous avons plusieurs binationaux à convaincre. Junior Sambia, de Montpellier, est l’un d’eux. Il est encore jeune, mais nous espérons qu’un jour, il comprendra que porter le maillot de son pays d’origine est important, et nous l’accueillerons dans la tanière des « Fauves ».

En quoi consiste l’accord passé à Paris le 12 mars dernier avec la Fédération française (FFF), dans le cadre du projet Forward de la FIFA ?

Cet accord est pour nous l’acte de naissance du football centrafricain, nous ne pouvons avoir meilleur support que celui de la FFF, vu ses compétences dans la formation des joueurs. Les jeunes issus de la formation française inondent les pelouses européennes, un exemple à suivre. Et nous espérons obtenir les mêmes résultats, en commençant un travail à la base.

Le deuxième titre de champion du monde de la France a-t-il motivé ce rapprochement ?

Les « Bleus » ont énormément de supporters ici, moi le premier ! Au-delà des titres du football français, nous devons suivre cet exemple, pour arriver à un résultat sur l’échiquier africain, pourquoi pas mondial mais il faut être patient et travailler. Et le football centrafricain montrera d’ici quatre ou cinq ans, que le travail paye.

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